Quand le festival conteste

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C’est l’un de nos rendez-vous militants préférés. Le Festival des Libertés lance ses hostilités contre les atteintes aux Droits de l’Homme ce jeudi 22 octobre à grands coups de concerts, de pièces de théâtre, de débats et de documentaires. Le thème de cette année ?  La confrontation. Celle des idées, des libertés, des mondes. « Nous vivons dans un monde divisé par des inégalités croissantes, déchiré par des conflits larvés.», expliquent les organisateurs. « L’avènement de l’individu et la diversification des sociétés ont engendré la prolifération des revendications et la démultiplication des droits. Comment se confrontent-ils dans un système qui tend à éviter ou neutraliser les conflits. Même la démocratie ne ressemble plus vraiment à un lieu de débat sur l’orientation de la société et l’intérêt général. Plus largement, la société actuelle tend à éviter les confrontations. On ne discute souvent qu’avec d’autres qui partagent nos visions du monde. Chacun se cloître et se rassure dans ses croyances. Or le refus de la confrontation, c’est l’antipode du libre examen, c’est la route toute tracée vers le simplisme, le dogmatisme et au final la dictature. Quand des débats ont lieu, ils se limitent souvent à des polémiques stériles ou des dialogues de sourds.»

Pour remédier à cela, l’événement se propose de réhabiliter cette fameuse confrontation pendant plus d’une semaine au Théâtre National et au KVS. La programmation, comme chaque année très riche, mêle différentes formes artistiques avec comme nouveauté cette année l’arrivée de la conférence gesticulée.

Les cinq choses à ne pas rater:

Vendredi 23 octobre 

A Quiet Inquisition

Le Nicaragua figure parmi les cinq pays au monde où l’avortement est interdit en toutes circonstances. A l’hôpital public, l’obstétricienne Carla Ceratto et ses collègues sont quotidiennement confrontés à un choix difficile : respecter une loi inspirée par l’Eglise catholique ou sauver la vie de femmes, souvent adolescentes, porteuses d’un fœtus non viable mais encore vivant aux yeux de la justice.

Samedi 24 octobre

Un pauvre c’est comme un compte en banque, ça se gère

Conférence gesticulée.

Un Bruxellois sur trois est pauvre. Le problème avec le pauvre, c’est qu’il coûte de l’argent à l’Etat. C’est pour ça qu’il faut l’activer. Parce que du travail, il y en a, il suffit de le trouver, enfin c’est ce qu’on dit ! Cette conférence gesticulée aborde l’un des concepts-clés de l’imaginaire néolibéral pour encadrer la précarité et la reproduire : la méritocratie !

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Lundi 26 octobre

Julian Assange en débat

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks actuellement réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres, débattra en vidéo-conférence lors du débat « Transparence politique et vie privée». Un joli coup pour le festival qui avait déjà attiré Edward Snowden dans ses filets l’année passée.

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 Jeudi 29 octobre

Le bonheur au travail

Hiérarchie, pression et contrôle sont-ils nécessaires à l’efficacité du travail d’un employé ? Comment le travailleur peut-il être… heureux de travailler ? Des entreprises aux méthodes de gestion alternatives existent et nous révèlent leurs recettes… du bonheur. A moins que ce nouveau management ne dissimule sous son vernis participatif et autogestionnaire une stratégie plus subtile d’accroissement de la compétitivité ?

Vendredi 30 octobre

The Internet’s Own Boy

Aaron Swartz est un génie de l’informatique né en 1986 à Chicago. Développeur, hacker, militant politique, il se distingue en mettant son intelligence au profit du domaine public, de l’Internet, du citoyen. Mais le nouveau monde 2.0 qu’il incarne se fait rattraper par l’ancien, avec ses incompréhensions et ses lois liberticides. Pour avoir manigancé un partage gratuit d’ouvrages publics à l’accès normalement payant, il est dans le collimateur de la justice et subit des pressions insupportables. Ils voulaient en faire un exemple, ils en ont fait une icône.

Un dernier bon point: le festival fera la part belle au collectif Krasnyi et à ses photos engagés.

A noter : les concerts de Ghinzu et la pièce de théâtre Discours à la Nation sont déjà sold out. 

Le site du Festival des Libertés

Camille Wernaers

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