Notre compte-rendu du EAT ! Brussels, DRINK ! Bordeaux

EDanhier

Pendant quatre jours, entourés des drapeaux tricolores qui planent au-dessus du Palais Royal et de ses environs, l’alliance tacite qui unit Bordeaux à Brussels, celle du goût pour le vin, a été célébré. Et comme la plupart des amateurs sont également de fines bouches, le mariage de « Bordeaux Fête le Vin » et de « eat ! BRUSSELS » réussit plutôt bien.

« drink ! BORDEAUX »

Première injonction.

D’un pavillon à un autre il y avait de quoi s’exécuter. Des appellations connues et reconnues telles que Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac, Graves, Médoc ; au récent regroupement des Côtes de Bordeaux (Cadillac, Castillon, Francs, Blaye), en passant par les Bordeaux Supérieurs et l’appellation générique, mais sans oublier les Blancs secs, doux, ainsi que les Crémants, les Rosés et les Clairets nous permettaient de se faire aisément une idée de la diversité des terroirs girondins et des vins qui en sont issus.

Pour les présenter, des commerciaux étaient présents, mais c’est dire si le consommateur belge (3ème importateur des vins de Bordeaux) attire, puisque des vignerons ont aussi fait honneur de leur présence, alors que les raisins des futurs blancs secs sont déjà rentrés au chai et que la date de vendange des rouges promet d’être avancée d’une semaine. Les Belges savent accueillir, on le savait déjà, mais le bruit qu’ils consomment une trentaine de litre de vins en moyenne par an semble être arrivé aux oreilles des Bordelais. D’ailleurs, si la partie « drink ! BORDEAUX », organisée par « Bordeaux Fête le Vin », a lieu un an sur deux à Vancouver et Hong-Kong, c’est dorénavant chaque année qu’ils viendront à Brussels. Les Belges savent boire de la bière, mais pas que…

Pas de listes de coups de coeur à vous faire partager

Malgré quelques belles découvertes, on aurait aimé être plus surpris par les vins dégustés…Toutefois, le simple fait que l’on ne puisse pas acheter de bouteilles sur le site nous montre bien que l’intention n’est pas tout à fait là, mais plutôt dans une découverte pédagogique des vins de Bordeaux. En proposant un panel de dégustation assez large sur chaque pavillon, les visiteurs ont eu la possibilité de se rendre compte de l’homogénéité d’une appellation, ou au contraire de sa disparité. Dans ce cas c’est l’influence du terroir, ou bien de la vinification qu’ils ont dégusté. Quand après un tour des différentes appellations ils ont pu se rendre compte de l’effet millésime sur la Gironde en général. 2012, qui n’avait rien pour être facile offre une explosion de fruit très plaisante, mais à déguster sans trop attendre. Quant à 2011 qui reste malgré tout un bon millésime, il ne peut être placé qu’en-deçà de 2010 et de 2009, exceptionnels. Il en est de même pour 2013, qui a essuyé une météo difficile dans le Bordelais, obligeant les grands crus à baisser leur prix de vente. Le millésime 2014, certes pas à la hauteur des trois grandes années que Bordeaux a connues ces dernières temps est déjà plus prometteur que son prédécesseur.

Les Côtes de Bordeaux : l’union fait la force ?

Cette jeune AOC aura retenue notre attention. Datant de 2009, elle regroupe tout de même aujourd’hui près de 1000 producteurs et a réussi à s’imposer sur le marché, puisqu’une bouteille de Bordeaux vendue sur 10 en provient.

Leur union semble avoir fait leur force de dynamisme et de communication, bien que chaque terroir reste tout de même fier d’afficher ses propres spécificités et d’offrir des vins à la typicité assumée. Alors que les Francs, nés d’un sol calcaire donnent des vins sur le fruit frais, avec des finales aux tanins presque mentholés, les vins de Blaye sont plus puissants et tanniques, ayant profité d’un fort ensoleillement. Quant à Cadillac et à son terroir alliant à des graves un sol argilo-calcaire, les vins qui en proviennent sont plus minéraux, alors que ceux de Castillon, plus intenses, dévoilent des notes d’épices.

« learn ! BORDEAUX »

L’École du Vin de Bordeaux a dispensé des ateliers de dégustation thématiques consacrés aux vins blancs de Bordeaux, aux accords mets et vins, ou encore à la distinction de la Rive droite et gauche. À la portée de tous mais néanmoins très intéressants, ces ateliers, gratuits, attestent encore de cette volonté à vouloir sensibiliser et éduquer plutôt que de vendre à tout prix. Cette École du Vin est en outre représentée toute l’année en Belgique par ses 13 formateurs accrédités, sur les 200 répartis dans 19 pays. De quoi prouver une fois de plus que la Belgique est bonne élève quant il s’agit de boire du Bordeaux…

« eat ! BRUSSELS »

Deuxième injonction. Là encore, difficile de pas obéir quand, ici et là, à toute heure de la journée des effluves libérées des cuisines vous chatouillent le nez…

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« eat ! » : Des partenaires internationaux

Incarnés par de fameux établissements représentant les provinces avec lesquelles la région de Bruxelles-Capitale est liée de partenariats, dont  l’Île de France, toute proche, mais aussi la Voïvodie de Mazovie, Budapest, Sofia, ou Ljubljana. La région de Rabat, La Havane, Québec, venus avec des pancakes et du sirop d’érable, mais aussi des cidres de glace et des bières issues de micro-brasserie, pour faire concurrence à leur hôte. Enfin l’Asie était aussi à l’honneur. Alors que le Beijing Hotel proposait des Dim Sum et des nouilles au sésame et au vinaigre local, à mi-chemin entre le vinaigre balsamique et la sauce soja ; le restaurant Chengdu, de la province du Sichuan, a mis en avant ce poivre du même nom, citronné et boisé, qui a déjà acquis sa notoriété.

« eat ! » : Des enseignes bruxelloises

Mais de nombreux restaurants basés à Brussels étaient également mis à l’honneur. « eat ! BRUSSELS » , c’était  la possibilité, et La Pige vous l’avez conseillé, d’aller goûter un menu confectionné par Giovanni Bruno, chef étoilé du Senzanome (Sablon), qui a aussi régalé les passagers du Tram Expérience. Au cas où vous l’auriez oublié, il s’agissait de perles de bufflonne accompagnées d’un caviar de tomates, d’huile d’olive au basilique et de son pain sarde ; d’un œuf 63°C dans une crème de Grana Padano, orné d’un crumble de pancetta, de croutons toastés et de truffe, ou bien, pour ceux qui étaient allergiques à cette dernière, une roulade de volaille fermière farcie à la mortadelle aux pistaches, cuite à basse température et accompagnée d’un confit de tomates. Et tout cela pour 10 jetons, soit la modique somme de 10 euros… Une bouchée de pain quant à la qualité servie, qui donne envie de déguster d’autres de ses plats, et pourquoi pas assis dans un tram, même si, pour le coup, l’expérience est plus onéreuse… Côté sucré, La Pige aura retenu la mousse au chocolat et ses tuiles poivrées du Big Boss Restaurant (Rue Francois Vekemans 120 – 1120 Bruxelles), et les Pasteis de Nata du Tiagos (Rue Archimède 7 – 1000 Bruxelles).

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Et puis « eat ! BRUSSELS » c’est aussi l’occasion de revoir des adresses bien connues et plus accessibles. Le Toukoul (cuisine éthiopienne – 34 rue de Laeken & 1 rue du Marronnier – 1000 Bruxelles ), dont les assiettes veggies ne déçoivent jamais ; au Râle-Bol ( Rue du Page 6 – 1050 Ixelles) pour leurs gyozas et makis, ou encore à Éclairs & Gourmandises, dont les ateliers et points de vente sont partagés entre Uccle, Woluwe-St-Pierre et la rue du Marché aux Herbes.

« eat ! de la truffe »

« eat ! BRUSSELS » c’était encore l’occasion de noter que la truffe « d’été » ou « de saison », en lamelles, en émulsion ou en crème deviendrait au goût de tous et semblerait même se démocratiser, en venant s’encanailler dans des Pistolets américains, des Burgers ou des croquettes de fromages… Et autant dire qu’il ne valait mieux pas y être allergique, puisqu’une enseigne bruxelloise sur deux en proposait.

« eat ! »….. des grillons!
Pour ceux-là, il était encore possible d’aller déguster des grillons, et des grillons Saint-Gillois s’il vous plaît. « Little food », dont le slogan est « tomorrow is good » a représenté entre autres la Belgique à l’Exposition Universelle de Milano 2015, qui avait un thème aussi crucial que préoccupant :  nourrir la planète. Little Food, sur le modèle d’un « social business », se veut « producteur, préparateur et promoteur du grillon en tant qu’aliment ». En misant sur l’agriculture urbaine, l’élevage d’insecte, les circuits courts, l’utilisation de co-produits (invendus et déchets de l’agro-alimentaire bio) pour nourrir les grillons, en s’inspirant du biomimétisme, et en nous incitant à y croire avec eux via un financement participatif (info sur leur site), ils n’ont certes pas l’intention de nourrir la planète mais peuvent tout de même se targuer de quelques chiffres…En produisant la même quantité de protéines, un grillon exige 25 fois moins de nourriture que le bœuf, 300 fois moins d’eau, 60 fois moins de gaz à effet de serre et évidemment moins d’espace. Des chiffres qui font tout de même réfléchir, y compris les mordus de viande, mais pour qui, il sera sans doute très difficile de troquer une côte de bœuf contre un plat de grillons.

Pour les plus impatients vous pouvez prendre rendez-vous, visiter l’élevage et acheter la gamme de produits, et pour les autres, des tubes de grillons séchés sont déjà disponibles dans des magasins bio et le seront bientôt chez Carrrefour.

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Un projet : HIDDEN DISTRICT

« eat ! BRUSSELS, drink ! BORDEAUX », enfin c’était l’occasion de découvrir un projet. Acheter une bouteille de vin en ligne, se la faire livrer à vélo en échange de l’appartenance à une communauté d’épicuriens qui se retrouvent sur des événements « underground » que Brussels garderait précieusement cachés… L’idée, qui a déjà bien investi le monde de la bière semble conquérir celui du vin. Et puisque ça nous plaît, on vous en parle bientôt…

Et avant de vous dire à l’année prochaine pour une cinquième édition, on vous rappelle qu’en manque de Bordeaux, il est toujours possible de venir en déguster le 23 Septembre, à l’after-work Bordeaux Experience, au Café Roskam, 9 rue de Flandre, dès 18h30. Plus d’infos ici.

Clotilde Chastanet

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