A BSF, BSF et demi

11920577_10206368630508481_109303099_n

Le festival a fermé ses scènes ce dimanche. Si cette 14 ème édition se voulait celle du renouveau, elle laisse une légère impression d’inachevée…

La faute peut-être à une affiche légèrement en-deçà de celle des autres années. Retenons néanmoins quelques chouettes noms, tels les Girls in Hawaii, Soldout ou encore les Anglais d’Archive, qui sont triomphalement passés les derniers sur la scène principale ce dimanche. Mais la déception fût grande devant le concert bâclé des Ting Tings (pourquoi la chanteuse se sent-elle obligée de jeter par terre chaque instrument qui passe dans ses mains BON SANG?) ou pendant le concert d’Aaron dont on a toujours pas digéré le tournant electrocommercialequipue du troisième album.

« Avec le temps, va, tout s’en va« , dit avec raison la fameuse chanson.

11900098_10206927021232184_6331574524224991400_o

Le public ne s’y est pas trompé : c’est peu de dire que ce n’était pas la foule des grands jours au début du festival, même si l’ambiance a fini par monter crescendo lors du dernier week-end: je vous le donne en mille, celui des grosses têtes d’affiche.

Les mouvements de foule, parlons-en. Au BSF, ils sont parfois assez impressionnants, tant il n’est pas simple de gérer les déplacements entre les scènes parfois fort éloignées; le plus mémorable de cette édition étant celui qui survint après le concert des Girls in Hawaii. Visiblement, toute la Place des Palais avait eu la même idée en même temps : fuir. Et vite. Il faut dire que c’est Etienne Daho qu’on attendait sur scène… Pour ajouter au calvaire, quelqu’un se met à chanter Les Sardines. Soudain, un pied butte contre quelque chose. – « Oh, on marche sur quelqu’un?« , demande une voix – « Ce n’est pas grave, c’est juste un fan d’Etienne« , répond une festivalière. Qu’ils sont taquins.

Difficile exercice que d’organiser un festival en plein milieu d’une capitale, et si on me permet une parenthèse : nos muscles fessiers se rappelleront encore longtemps des multiples montées puis descentes puis re-remontées entre la Place des Palais et la salle de La Madeleine. « Il va y avoir du sport« , dit avec autant de raison une autre chanson. Fin de la parenthèse.

Tiens, justement, et La Madeleine? Certains soirs, la salle réaménagée pour l’occasion atteint sa capacité limite de 800 personnes et les vigiles (qui tirent toujours autant la tronche) en bloquent l’accès. Dans la (longue) file à l’entrée, les réactions alternent entre humour noir et colère. «Ah, le concert est Soldout?» s’esclaffe quelqu’un en référence au groupe du même nom qui se produit à ce moment-là dans la petite salle. «J’ai acheté mon ticket uniquement pour les voir» déplore une festivalière restée sur le carreau. D’accord, mais que fait Proust? A l’intérieur par contre, c’est réussi. Une ambiance des plus intimes s’installe entre l’artiste et le public. On ne touche pas encore au sublime d’un AB mais quand Nicola Testa lance un grand “Ça va Bruxelles?” à la volée, on a presque envie de donner une réponse honnête (« Un peu fatiguée, et puis j’ai plusieurs soucis en tête, à commencer par ce garçon qui… etc.« ) au lieu de la formule toute faite (« Ça va« ).

Question sublime, on a été quand même été servi, d’abord avec le concert des Intergalactic Lovers qui ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. On serait bien monté sur scène pour danser avec Lara Chedraoui, la chanteuse magnétique du groupe qui s’est permis quelques folies comme de faire chanter tout le public du Mont des Arts sur Islands.

11882831_10206912929039888_9061899920545217284_o

Les trois compères de The Subs n’ont pas démérité avec un concert qui nous a donné bien chaud. Music is the New Religion, The Face of The Planet, My Punk, Mitsubishi, autant de plats servis par un chef peut-être pas étoilé mais avec la tête bien dans les étoiles, car le voilà qui escalade l’échafaudage sur lequel repose les baffles, puis qui retire son t-shirt avant de se balader torse nu au milieu du premier rang sur une plateforme lumineuse portée par plusieurs complices. Et pourquoi pas?

11863317_10206927024152257_5954209568863905439_n

11933378_10206927024392263_4966429579076238230_n

10333557_10206927025032279_618076743268027887_o

C’est vrai que le festival souffre de la réputation bo-beauf qui lui colle aux baskets mais on l’aime tendrement lorsqu’il permet certains moments sympas comme cette projection gratuite en plein air de Grease sur la Place du Musée, en version originale s’il-vous-plait bien, avec applaudissements nourris et rires entendus à chaque fin de chanson.

Est-ce que le festival réussira sa mue à l’image de celle de Sandy Olsson, aka Olivia Newton-John, qui laisse tomber la longue robe de nuit pour le blouson en cuir? Seul l’avenir nous le dira.

A lire sur Frontstage :

Un dimanche soir pas si traditionnel au BSF

Notre bilan du BSF à mi-parcours

Camille Wernaers

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>