Therapy for a vampire : les dents du bonheur

therapyforavampire-3

Oui, le titre de cet article est paresseux. Mais en même temps, il sied à la fois à la réussite de ce vaudeville vampirique bourré d’humour et au faciès de l’un de ses acteurs, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à… Mac De Marco.

Comme dans tout vaudeville, il est donc question de chassé-croisé amoureux : à ma droite, le comte Von Kösznöm, mort-vivant dépressif, et sa femme Elsa — dépressive aussi. Lui est nostalgique d’un amour perdu voilà des siècles. Elle voudrait pouvoir se regarder dans une glace de temps à autre afin de s’assurer qu’elle est toujours désirable. Il boit en cachette (du sang) ; elle soigne sa frustration en trucidant des postiers. Bref, des problèmes de couple normaux.

A ma gauche, Viktor (Mac De Marco), jeune peintre talentueux, et sa petite amie Lucy, copie conforme de l’amour perdu de Von Köznöm. Comment les deux couples vont-ils se croiser ? Très simple : par l’entremise de rien moins que Sigmund Freud, que Viktor et le comte consultent régulièrement chacun de leur côté.

Et oui, Sigmund Freud. Car on est à Vienne, en 1911. Et c’est classe. Il y a du pavé, de la pleine lune et un petit fond sonore de jazz des années folles. Les femmes sont sublimes et un brin perverses, les hommes sont fragiles et un peu bêtes. La réussite du film tient à la fois à la réalisation quasi-parfaite, mais aussi à l’interprétation des acteurs, chacun dans un genre différent. C’est le danger du vaudeville : sombrer dans la caricature et ressembler à une pièce de boulevard qu’on pourrait tout aussi bien intituler « Le canard à l’orange ». Évidemment, le trait est grossi ici aussi. Mais juste assez : Von Kösznöm le dépressif est touchant, certes, mais il se comporte surtout comme un gosse de dix ans ; le peintre torturé n’est au fond qu’un petit branleur alcoolique et sa copine, jeune et jolie, n’aspire qu’à vivre plus fort et plus intensément — pourquoi pas devenir une vampire dans ce cas ? L’interprète d’Elsa, la femme de Von Kösznöm, est tout simplement géniale en bourgeoise vieillissante. Quant à Sigmund, c’est bien sûr un homosexuel refoulé — et un peu largué question vampires. Pas de quoi fouetter une chauve-souris, mais ça tombe juste et le plus souvent, c’est très drôle.

Le film n’oublie pas en chemin qu’il est écrit « Vampire » dans son titre. Il assure donc son quota d’hémoglobine, et surtout, il vous en apprendra un peu plus long sur ces créatures aux canines acérées. Entre autre, leur obsessionnelle compulsion pour le calcul et les conséquences d’une morsure de vampire « immature ». Bref, du putain de cinéma.

Clément Boileau

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>