The infinite man : Infiniment génial

The-Infinite-Man

Voilà un film qui va faire parler très au-delà des frontières du BIFFF. D’abord intriguant, puis fascinant, ultra-émouvant pour finir, tout est là : le scénario, les acteurs, la lumière, le dénouement… et avec une économie de moyens assez dingue.

The infinite man, c’est l’histoire simplisme de Dean et Lana, venus revivre leur meilleure date au fin fond du désert australien. Eux aussi, ils avaient eu droit à tout : le groupe de musique hollandais bizarre, la plage grandiose et inoccupée, la bouffe succulente, etc. Mais là, plus rien. Le motel est vide, il n’y a rien d’autre que des murs décrépis et de la poussière.  En plus, l’ex de Lana se pointe et la ramène avec lui — dur. Heureusement, le cadeau de Dean à Lana valait son pesant de cacahuètes : un appareil à voyager dans leurs souvenirs…

The infinite man plante le décor en un temps record : trois personnages, le motel, la machine. Et c’est tout. A partir de là, à intervalles de dix minutes, les premières scènes se répètent inlassablement. Car pour « corriger » l’arrivée impromptue de l’ex-petit ami de Lana, Dean va utiliser la machine. Il s’agit de faire en sorte que le souvenir soit conforme à ce que Lana et lui ont vécu par le passé. Ou à ce qu’elle et lui auraient pu vivre si l’ex ne s’était pas pointé. Ou à ce qu’ils auraient dû vivre si tout avait été conforme à la volonté de Dean… C’est tout le thème du film : peut-on vivre avec le souvenir d’un amour perdu ? Modifier ce souvenir ? S’en jouer ? The infinite man dit tout ça à la fois, et bien plus encore. En jouant sur le principe pourtant éculé de la répétition, le film nous perd et nous rattrape dans succession de doubles venus du passé, du présent et du futur. Ça tourne en boucle, ça s’arrête, et à chaque fois, ça retombe sur ses pieds. Car Dean l’apprendra à ses dépends, dans son voyage vers l’oubli de sa relation avec Lana : son lui du futur est beaucoup plus malin que son lui du passé. Spectateur des souvenirs qu’il a lui même modifié pour qu’ils correspondent à ses vœux les plus profonds, la plongée intérieure n’en est que plus cruelle, l’obligeant sans cesse à devoir se tromper lui-même… ce qui s’avère, il s’en rendra compte, impossible.

De vertigineux, le film s’élève donc peu à peu pour devenir profond et universel. Par légères touches, l’humour est là, porté par des dialogues et des personnages juste assez ahuris pour qu’on y croit. Et puis il y a cette  scène finale, juste d’un bout à l’autre, qui nous laisse, comme Dean, bouleversés et heureux en même temps. Comme guéris.


Clément Boileau

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