Big eyes

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Tim Burton occupe une place de choix dans notre cœur de cinéphile. Pourtant, ces derniers films n’ont pas retenus notre attention… en étant trop peu ambitieux (Alice au pays des merveilles), recyclant trop des éléments de sa carrière (Dark Shadows) ou en servant le strict minimum (Frankenweenie). Heureusement, Big eyes marque un retour en maître du réalisateur, dans un style qu’il avait pourtant délaissé: le drame biographique.

Margaret Ulbrich quitte son mari, emmenant sa jeune fille avec elle à San Francisco. Mais en 1958, une mère célibataire doit lutter contre les préjugés et contre la misère pour s’en sortir. Heureusement, elle possède un talent inné: peindre des portraits d’enfants originaux, remplis d’émotions et aux yeux étrangement grands. Ils (et elle) tapent dans l’œil d’un certain Walter Keane, qui ne tarde pas à la séduire. Grâce à lui, elle réussira à vendre ses premières toiles mais seulement contre un sacrifice: laisser croire qu’il en est l’auteur. Ce petit mensonge, destiné à rendre la transaction plus facile, va s’alourdir quand le succès deviendra international, et que son mari révélera sa personnalité dévorante.

Basé sur une histoire vraie, le film aborde plusieurs problématiques comme la relation toxique dans un couple, la manipulation et la nécessité de mentir dans un monde largement misogyne mais également la critique de l’art et de la société de consommation. On retrouve Scott Alexander et Larry Karaszewski aux commandes du scénario, après leur travail sur Ed Wood (l’autre biographie réalisé par Burton), et Amy Adams qui incarne parfaitement une femme fragilisée et furieuse intérieurement à cause de l’exubérance et des mensonges de son mari incarné par Christoph Waltz.

On devine l’attachement du réalisateur à l’artiste, dont il possède plusieurs peintures et dont l’influence se ressent dans les personnages créés par Tim Burton. On notera également l’absence des acteurs fétiches du réalisateur ainsi qu’un thème plus sérieux, cassant enfin avec ses dernières films que l’on trouvait redondant. En attendant l’effrayant Beetlejuice 2

Cédric Dautinger

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