Loin des hommes

OIN-DES-HOMMES

La Guerre d’Algérie reste méconnue et peu exploitée au cinéma, tout comme la colonisation française en général. Alors, quand David Oelhoffen adapte deux romans d’Albert Camus (L’hôte se mélange aux Chroniques algériennes), avec Viggo Mortensen dans le rôle principal et Nick Cave (aidé de Warren Ellis) pour la bande-son: on s’impatiente de découvrir le film.

Daru, professeur mais également ermite, enseigne aux enfants de sa région. Considéré comme un pied-noir, donc un Français vivant dans la colonie, il ne recevra pas forcément d’aide de ses « compatriotes » puisqu’il n’enseigne qu’à des petits arabes et qu’il est d’origine espagnole. Ce qui le pousse à rester sur place? L’amour d’un pays, légué par ses parents, et sa mélancolie qui s’accorde parfaitement à son mode de vie austère et contemplatif. Mais les tensions des grandes villes, où des « terroristes » s’attaquent à l’occupation française, arrivent jusqu’à sa petite école. Un gendarme lui remet un mystérieux prisonnier, ainsi qu’une mission: l’amener dans la ville voisine pour le remettre aux autorités. Sauf que Daru ne veut pas quitter ses élèves, ni asservir Mohamed et l’emmener vers son exécution. Pourtant, ce-dernier ne demande que ça… Débute alors un voyage plus long que prévu, dans l’Atlas algérien, où les deux hommes vont faire de nombreuses rencontres mouvementées mais aussi apprendre à se connaître. Le « chemin de croix » de Mohamed le devient également pour Daru, qui assiste impuissant à la transformation sanglante de son quotidien.

L’histoire nous plonge dans le chaos d’une guerre d’indépendance, où les anciens amis se massacrent et où les idéaux se mêlent. Sans concession, le cinéaste nous expose pourtant le sujet via une histoire parallèle. Si notre duo rencontre des militants et des soldats français, aucun camp n’est choisi et seul leurs objectifs personnels importent. L’occasion de découvrir le contexte de l’époque, tout en profitant des magnifiques paysages locaux. Une occasion renforcée par le travail impeccable de Mortensen, qui parle Espagnol (il agrandi en Argentine), Français (avec un léger accent, mais pas québécois) ainsi qu’Arabe, et son comparse Reda Kateb.

Le film sort des sentiers battus, comme les deux protagonistes, et offrent une histoire originale qui fait voyager les spectateurs dans le temps et dans l’Atlas. Voilà qui nous change un peu!

Sortie dans nos salles ce 04 février 2015.

Cédric Dautinger

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