Festival du Cinéma Méditerranéen : qué calor!

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Le Festival du Cinéma Méditerranéen a fermé ses portes ce vendredi, après une semaine intense au Botanique. La Pige s’est frayé un chemin à travers la foule pour vous rapporter son top 3 des films projetés.

 

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1. Little Land

Un documentaire impressionnant sur la soif de certains jeunes Grecs de changer le monde, et de se changer eux-mêmes, dans le contexte de crise économique que traverse le pays. Le documentaire suit le parcours d’un jeune couple qui décide de partir s’installer sur l’île d’Ikaria, où parait-il, la vie serait bien plus rose quand dans les grandes villes. Les habitants d’Ikaria vivent en effet centenaires et se disent… heureux. Le couple y découvre une économie locale, une petite société qui fait preuve d’une exceptionnelle culture de l’autonomie et de la coopération. L’intérêt du film est de ne pas sombrer dans le manichéisme et de nous montrer les difficultés d’adaptation que rencontrent les jeunes urbains face à ce modèle d’autogestion.

 

2. Zero Motivation

Un film drôle à souhait sur la militarisation de la société israélienne. En suivant le destin de plusieurs femmes soldates qui ne sont pas envoyées au front, et s’ennuient donc ferme, le film nous  propose une réflexion sur ce service militaire imposé, sur le rôle de l’administration et sur ces étranges amitiés qui se forment, sans laisser de côté les sujets qui fâchent comme le viol ou le suicide. La bonne idée était de servir le tout au spectateur emballé dans une sacrée couche d’humour avec, comme cerise sur le gâteau, des actrices au meilleur de leur forme. Loin de l’image d’une armée idéalisée, le film révèle l’envers du décor : le dénuement affectif et les tâches répétitives. On avoue n’avoir absolument pas été surpris lorsque l’une des protagonistes a cité du Kafka dans le texte.

 

3. Patience, Patience. T’iras au paradis

Cette phrase, mille fois répétées aux femmes immigrées, est censée les faire « tenir » face à leur sort. Sous-entendu : ce sera mieux après. « Mais moi je veux un peu de liberté dans ma vie… aujourd’hui.« , répond à ce diction l’une des protagonistes du documentaire d’Hadja Lahbib, journaliste belge partie à la recherche de l’histoire de ces femmes qui n’ont jamais eu le choix, puisqu’elles ont suivi leurs maris venus en Belgique pour travailler dans les mines. « Moi, je ne connais que Molenbeek« , explique encore une autre lors du cours d’alphabétisation et tout à coup, les voilà en train de préparer un voyage qui les emmènera jusqu’à New York. Un documentaire qui apporte un autre éclairage que celui que rabâche à l’envi le discours médiatique habituel sur l’immigration et qui rend hommage à celles dont on ne parle jamais.

 

Le palmarès officiel du festival.

 

Camille Wernaers

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