Walesa : Man of hope

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Un film polonais de plus de deux heures sur la vie de Lech Walesa ? A première vue, ça n’a pas l’air engageant. Et pourtant, quand c’est Andrzej Wajda, le réalisateur polonais le plus connus à l’étranger, on se dit que ça peut valoir le coup d’oeil.

Et effectivement, le film vaut le coup. Nul besoin d’être féru d’histoire polonaise pour comprendre et apprécier le film. Il suffit juste de savoir ce que tout le monde sait : que Lech Walesa a dirigé Solidarnosc, le syndicat qui a initié les grandes grèves dans les chantiers navals et qui a finit par faire plier le régime communiste. Tranquille le mec.

Le film s’articule autour d’une interview que Lech Walesa a donné à une journaliste italienne. Elle l’interroge sur sa vie, et celui-ci se raconte. Et nous emmène petit à petit dans son histoire.

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Derrière le héros, sa femme

Une vie fort tumultueuse et bien remplie. Electricien de formation, Lech travaille sur les chantiers navals de Gdansk. Il a une grande gueule, comme il le dit lui-même, et n’accepte pas ce que la direction de l’usine, et au delà le pouvoir soviétique, veut imposer aux travailleurs. Il finit par se faire virer, bien sûr. Pour joindre les deux bouts, il est contraint de prendre des petits boulots. A chaque fois, il se retrouve à la porte, à force de ne pas se laisser faire. Il est très souvent arrêté, questionné sur ses idées « subversives ». Alors qu’il ne travaille plus sur les chantiers, ses anciens camarades lui demandent de venir mener la grève qui s’annonce. Il est respecté, et il sait parler aux ouvriers. Le reste, on connaît.

Mais le film ne dépeint pas un Lech Walesa tout rose. Bien au contraire. Dans sa vie privée, avec sa femme Danuta, leurs six enfants, Lech est difficile à vivre. Il fait passer ses combats avant eux, les ignore parfois, ne rapporte rien à mettre dans la marmite. Même s’il les aime, cela apparaît clairement, mais trop rarement. Sans sa femme, Danuta, Lech Walesa n’aurait pas été le héros que l’on connaît aujourd’hui. Il n’aurait pas eu le force, pas eu le courage. Son anti-violence même n’aurait peut-être pas existé, puisque c’est pour sa famille qu’il refusait la violence, pour pouvoir revenir. Une vision de l’histoire, du héros qu’on a occulté jusqu’ici.

C’est encore sa femme qu’il a envoyé chercher son prix Noble de la Paix. Car il savait que si lui partait, il ne serait pas autorisé à rentrer au pays. Il aurait au moins pu demander son avis à Danuta avant de l’envoyer contre son gré dans un pays étranger. Et subir au retour une fouille soviétique pour le moins musclée.

Le film, à la très belle lumière, est intelligemment tourné et cadré. Il mêle habillement les images d’archives et les images tournées avec les moyens et les caméras de l’époque. Plusieurs passages sont ainsi en noir et blanc, sans qu’on parvienne toujours à distinguer les vraies archives des fausses. Un procédé sans doute discutable, mais qui a le mérite de plonger le spectateur dans l’Histoire.

Sortie ce 19 novembre.

Nicolas Pochet

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