Let’s Play Together : « Jouer, c’est prendre le temps »

2013-06-04 14.56.59

Let’s Play Together est une ASBL bruxelloise, dont le but est de promouvoir et de créer du lien par l’entremise du jeu. La Pige a rencontré son fondateur, Thibaut Quintens.

Comment est né le projet de Let’s Play Together ?

Le projet est né suite à un autre projet, un voyage que j’ai fait. Je suis en effet parti autour du monde, dans le but d’expérimenter, de voir si le jeu de société me permettrais de créer des liens entre les différentes cultures. Mon voyage, qui était sensé duré six mois, s’est prolongé et a fini par durer deux ans et demi. Car ça a marché au delà de toutes mes espérances. Le jeu est bel et bien un moteur, un moyen de communication universel. J’ai reçu beaucoup de soutien dans mon voyage, notamment de France Inter, la Première, divers magazines et même une radio au Canada.

Quand on n’a rien en commun avec l’autre, pas même un mot, on se rend compte que le jeu permet quand même une communication. Le jeu fait vivre de manière très accélérée une émotion, un sourire, qui sont communicatifs. Le jeu c’est un espace-temps dans lequel on oublie ce qu’il y a autour, pour se consacrer uniquement à l’autre, à la relation. Et ce sentiment durera plus longtemps que la partie. Un auteur a dit qu’il y a deux moyens de communication absolument universels : la musique et le jeu. Mais si je ne sais pas jouer de la guitare, je vais avoir du mal à faire passer mes émotions. Par contre, tout le monde sait jouer.

Et de retour à Bruxelles, vous fondez Let’s Play Together.

Oui. Mais je dois d’emblée préciser que Let’s Play n’est plus mon projet, ou plutôt n’est plus que mon projet. C’est une structure qui permet à nos différents collaborateurs bénévoles de mettre en place leurs propres projets autour du jeu de société. Aujourd’hui j’essaye même d’en sortir doucement, même si je reste fort impliqué. Le but est d’aussi passer la main. Nous avons entre 15 et 20 collaborateurs qui mènent leur propres projets autour du jeu et du lien social. Par exemple il y a un projet qui est de faire jouer les gens dans la file d’attente à Walibi. Une file d’attente est par définition un lieu où on ne fait rien, on attend avec plein de gens autour de nous. C’est un endroit idéal pour une rencontre, un jeu. Il faut amener le jeu là où on ne l’attend pas.

Mais nous sommes actif partout où il faut du jeu : dans les entreprises pour faire du team-building, dans les hôpitaux, les écoles, en psychiatrie, dans des cuisines, hé oui ! En gros, là où les gens jouent déjà, Let’s Play Together n’a plus rien à y faire.

Le jeu permet donc de créer du lien social ?

Évidemment. Absolument. C’est là son plus grand intérêt. D’ailleurs nous considérons que le jeu n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen pour recréer du lien. Fondamentalement, le jeu c’est du temps. Que l’on consacre à l’autre, mais également à soi-même, on se fait du bien. On vit l’instant présent à fond, mais avec tous les débordements qui pourraient surgir dans cet espace-temps évidemment. Le jeu nous renvoie à nous même. Et dans notre société, une des choses qui nous caractérise, c’est le manque de temps. Quand on offre un jeu en cadeau, le vrai cadeau ce n’est pas l’objet, c’est le temps qu’on offre à la personne pour être avec elle. Le jeu, c’est aussi du plaisir. C’est également de l’apprentissage. Les enfants, par exemple, jouent tout le temps. C’est une manière d’apprendre. C’est apprendre à se structurer par rapport à une règle commune, qui abolit toutes les divisions de races, de classes, de sexe, etc. La règle est la même pour tout le monde, et c’est ce qui crée de l’égalité. Certains adultes trouvent que le jeu est quelque chose d’enfantin. Pourtant, quand ils ont l’occasion, à nos soirées jeu par exemple, ils se mettent volontiers à jouer. Il y a un jeu pour chacun, même ceux qui disent ne pas aimer jouer.

 Vous organisez des soirées Apéro-jeu?

Oui, c’est une de nos activités les plus connues et les plus accessibles. Tous les mardi soir, dans 4 bars bruxellois, le Potemkine, le Flamingo, le Belga et le Bar du Matin. Et c’est gratuit!   Encore une fois, ça nous renvoi au temps. Un apéro, ça peut être quelque chose de très court, mais ça peut également se prolonger très longtemps si vous passez du bon temps. C’est toute l’idée.
Concrètement, vous pouvez venir, seul ou à plusieurs, et nos deux animateurs présents se chargeront de trouver un jeu qui vous plaît et des gens pour jouer avec vous, ou bien jouer eux-mêmes avec vous. Ils vous expliquent les règles et restent avec vous le temps que tout soit clair. On est sur des petits jeux, très courts, très dynamiques, qui ne durent pas longtemps et avec lesquels on rigole beaucoup. Il faut casser cette idée de jeu que beaucoup de gens ont, que les jeux de sociétés sont plein de règles et sont compliqués. Il y a des jeux très simples également et très funs. Il y a des habitués maintenant qui reviennent exprès chaque mardi. Il y a des groupes d’amis qui se sont fait comme ça, et même quelques couples. Mais nous ne sommes pas une agence matrimoniale (rire).

Nicolas Pochet

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