Interstellar

INTERSTELLAR

Cette fin d’année compte de magnifiques sorties au cinéma et la dernière production de Christopher Nolan met la cerise sur le gâteau. Doucement, avec délicatesse, comme un alunissage. Mais avec une puissance comme dans le goût d’un fruit confis. Même si les critiques à la sortie de la projection furent mitigées, et qu’elles le sont également sur Internet, nous avons tout simplement adoré. Il y a peut-être même un fossé générationnel qui expliquerait la différence d’appréciation. Tentons de comprendre le tout, à froid, la tête encore un peu perdue dans les étoiles.

Côté scénario, Christopher et son frère Jonathan reprennent le projet de Steven Spielberg. Le fameux duo nous a déjà donné Memento, Le prestige ou les deux derniers Dark Knight. Du lourd donc, avec côté musique un Hans Zimmer qui retrouve enfin son inspiration avec des thèmes un peu répétitifs mais qui magnifient ce qui se passe sur l’écran. Un écran où l’on peut apprécier les performances de Matthew McConaughey (toujours aussi brillant en héros involontaire), Anne Hathaway, Michael Caine, John Lithgow, Jessica Chastain, Casey Affleck ou encore Matt Damon. On n’insiste pas sur une personne en particulier puisque tous livrent un jeu d’acteurs parfait, y compris les deux robots qu’on vous laisse découvrir.

Pour en revenir à la métaphore du gâteau, le film se compose de plusieurs couches. Dans un futur proche, le sol de la terre devient pratiquement infertile et provoque une famine mondiale. Les humains s’adaptent pour survivre et abandonnent des dépenses inutiles comme l’armée ou la science… Sauf que le salut tout entier de l’humanité se trouve peut-être dans l’espace. Cooper, ancien ingénieur et pilote de la NASA, travaille dur sa terre et élève ses deux enfants comme il peut. En les éduquant et en leur apprenant à rejeter l’éducation, tombée bien bas dans la vulgarisation. Sans en dévoiler plus, pour vous laisser les surprises (ne regardez même pas les trailers), sachez que la suite mélange voyage dans l’espace, science (Carl Sagan a inspiré Nolan), physique quantique (les théories de Kip Thorne), humanisme, exploration planétaire et drames. Un cocktail savoureux pour les yeux, qui nous a vraiment captivé pendant les presque trois heures que dure le film. Oubliez Gravity, oubliez même 2001 l’odyssée de l’espace, qui trotte encore trop dans la tête des plus vieux.

Car si les critiques semblent émaner des plus anciennes générations, c’est peut-être parce que le film aborde des thèmes chers à la notre. L’espoir d’un avenir meilleur malgré les grosses difficultés actuelles, l’exploration des étoiles rendue populaire dans des médias grand-public, nos relations devenues plus brutes… Pour livrer de la science-fiction qui nous touche, autant que Star Wars avait marqué son époque (d’ailleurs, les maquettes et les constructions réalistes remplacent beaucoup les images de synthèse). On regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir assister à une projection en IMAX 70mm, comme le réalisateur le voulait pour son film.

Côté reproche, on pointera uniquement la fin du film qui traîne peut-être en longueur et qui aurait gagné à laisser les spectateurs face à une fin ouverte… Peut-être.

Sortie dans nos salles ce mercredi 5 novembre 2014.

Cédric Dautinger

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