Horns

HORNS

Comment faire pour sortir d’un rôle qui marque toute une carrière? De nombreux acteurs se posent la question et certains parviennent à y répondre. Daniel Radcliffe, après les fameux Harry Potter, a d’abord tenté de sortir des grands écrans pour y revenir, dans un registre toujours fantastique mais bien plus adulte (déjà dans La dame en noir, dont le tournage commença après Horns). Pari réussi en passant sous la caméra du réalisateur français Alexandre Aja, qui n’est pas un débutant dans le domaine (Maniac, Piranha 3D, le remake de La colline a des yeux ou l’excellent Mirrors). Pourtant, cette adaptation d’un roman de Joe Hill (le fils de Stephen King) nous a laissé perplexe.

L’histoire reste simple: le jeune marginal Ig se réveille en ayant oublié sa soirée mouvementée. D’étranges cornes commencent à pousser sur sa tête, alors que tout le village l’accuse d’avoir assassiné sa petite-amie (interprétée par Juno Temple). Ces cornes vont lui donner le pouvoir de faire avouer les plus sombres secrets aux habitants ou à leur donner des ordres maléfiques. Si l’idée et la première moitié du film nous livrent une comédie noir assez drôle et bien-pensée, un déséquilibre se crée dans la seconde moitié où tout devient plus sordide, dont certaines scènes que l’on a trouvé extrêmement dures (et pourtant, on a l’habitude). Peut-être à cause de l’humour du début qui nous met en confiance, peut-être à cause du manque de balance, ou par la gratuité de ces scènes.

D’autres détails nous laissent perplexes comme l’importance de la musique dans la famille d’Ig et dans le film, tombant parfois dans une exagération involontaire. Les Pixies restent associés à la finale de Fight Club, et Fever Ray à l’introduction de Vikings, inutile de vouloir se les accaparer. Même réflexion sur l’importance de la religion et sur les allégories qu’on a trouvé vides de sens. Mais nous ne pouvons comparer avec le bouquin, qui livre sûrement plus d’informations sur le sujet.

Malgré cette critique qui semble négative, le film reste très bien filmé, avec une ambiance parfaite et de bons jeux d’acteurs. Par curiosité, on vous recommande donc d’aller le voir pour vous faire votre avis. En attendant le prochain projet nanaresque du réalisateur: The pyramid.

Sortie dans nos salles ce 12 novembre 2014.

Cédric Dautinger

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>