Banks en parfaite équilibriste au Bota

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Le Botanique avait revêtu ses plus beaux habits streetwear chic ce lundi soir : baskets de sport et vestes pailletées pour les filles, grosses barbes et cheveux coupés ras sur les côtés pour les garçons, le tout saupoudré d’un zeste de langue de Vondel. Il faut dire que la dame qu’on accueillait passe en boucle sur les chaines de musique et les radios du nord du pays. La salle bruxelloise déroulait en effet le tapis rouge pour Jillian Banks (aka Banks tout court).

Avouons-le, ça avait plutôt mal commencé, avec une entrée en scène quelque peu ratée. Voilà donc les lumières qui s’éteignent, la musique d’ambiance qui fait de même et puis et puis… et puis rien. Le noir total, absolu, durant une bonne minute. Dans le public d’un coup trop silencieux, un rire nerveux monte doucement. Les lumières se rallument. Quelques instants plus tard nous revoilà plongés dans le noir, mais cette fois, les musiciens interrompent la naissance de nouveaux éclats de rire en déboulant à toute vitesse.

Au tour de Banks d’entrer sur scène, sous les hourras de la foule. Impossible pourtant de savoir sur quel morceau elle ouvre son concert : je suis en train de me faire engueuler par l’un des gars de la sécu parce que je tente de prendre des photos. “Pas de photos” me postillonne-t-il au visage. Moi qui avait toujours cru que l’interdiction de photos était comme celle du crowdsurfing ( à savoir: c’est marqué partout mais personne ne veille jamais à ce que ce soit respecté), cette fois, je suis servie. Et devant ma mine ébahie, le fameux garde me la joue “Ou tu sors ou je te sors”. Mais mais. Pourquoi est-il si méchant ?

Je suis vite rassurée de voir que je ne suis pas la seule cible de cette drôle de règle : dès qu’un spectateur brandi un smartphone, l’un des garde placé en hauteur le pointe avec une lampe de poche allumée, en mode : “Ah mon salaud, tu comptais aller à un concert et prendre une photo. Tiens, prends-toi donc un rayon lumineux en plein dans la tronche. C’est tout ce que tu mérites”. Un autre surveille le public depuis le bas, en fonçant droit dans le tas dès qu’une potentielle victime ose allumer son téléphone. Chaque photo prise ce soir est un petit miracle, j’espère qu’on s’en rend suffisamment compte. Du coup, l’ambiance en pâtit légèrement. Tout le monde surveille tout le monde, et surtout son voisin, afin de ne pas être pris au milieu du rayon de la mort avec la même expression qu’un lapin devant les phares d’une voiture.

Sinon, niveau musique (on était quand même là pour ça après tout), le maître-mot est efficacité. La chanteuse américaine venait présenter son album Goddess, sorti en octobre dernier. En parfaite équilibriste, Banks passe du r&b à l’électro, puis de l’indie pop au rap. “Je pense que chaque femme est une p….. de déesse (Goddess en anglais, ndlr)”, crie-t-elle à l’attention du public féminin, qui le lui rend bien. Quand on dit “efficace”, c’est pour qualifier ces morceaux qui te font gentiment dodeliner de la tête et agiter les épaules mais qui, quand tu y réfléchis, te font bailler aussi sûrement que mon voisin de droite (et ce à plusieurs reprises). Begging For Thread, Change, Waiting Game s’enchainent. Et là encore, la chanteuse nous refait son numéro d’équilibriste et parvient à accrocher tout le public d’un coup avec Drowning. Alors même qu’on n’y croyait plus.

Heureusement pour mon voisin de droite, l’heure du rappel a sonné. L’ Américaine qu’on n’imaginait pas si obsédée par son image avait encore réservé dans ses cartons une cover (The Motion, un morceau de Drake) et Stick.

Dehors, un ami m’attend à quelques mètres de la porte. Il se fait violemment rabrouer par les gardes qui lui demandent de reculer. C’est vrai quoi. Un beat gratuit risquait de s’aventurer jusqu’à ses oreilles.

Camille Wernaers

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