Stonehearst Asylum

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Imaginez un train fantôme. Vu de dehors, avec sa charmante fausse façade en bois vermoulu, ses cris préenregistrés et ses promesses de frisson, on trouve l’idée séduisante et on saute dans le wagonnet pour avoir peur. Puis au final, on se rend compte qu’on a payé trop rapidement et que l’attraction consiste surtout à se faire tripoter par des forains. Effrayant ? Un peu. Mais ça ne valait pas trop le coup. Le film dont on va parler procure la même sensation.

Côté façade donc, on retrouve une idée séduisante. Adapté d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe (Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume), on s’attendait à ce que cette histoire d’asile de fous tienne la route. D’accord, difficile de passer de quelques pages à un long-format de 113 minutes. Mais quand le scénario tient en deux lignes (sept pour les flamands) et se révèle dans le trailer et l’affiche… Un jeune docteur arrive dans un asile isolé et se rend compte que les fous ont pris le pouvoir. Voilà, comme ça vous savez aussi. Quelques petits rebondissements arriveront, sans trop convaincre (un peu comme le faux vampire qui bondit de son cercueil pour « sucer votre sang mouha*kr*ha*kr* »).

Côté animation, on retrouve derrière la caméra Brad Anderson (Le Machiniste et d’autres films pas si mauvais). Devant la caméra s’animent Kate Beckinsale (Underworld, Van Helsing, bref des films de vampires), le légendaire Ben Kingsley, Michael Caine, Brendan Gleeson et Jim Sturgess qui s’occupe du rôle principal (mais qui apparaît dans la liste des acteurs à cette place précise, c’est dire son importance). Ils sur-jouent souvent, et finalement c’est bien Beckinsale qui s’en sort le mieux dans son rôle de femme hystérique qui fuit un mari sadique.

Finalement, côté rails, on sursaute peu. En fait, on ne sursaute pas du tout. Les décors sont magnifiques et on sent le budget pour recréer une ambiance victorienne et un asile magnifiquement glauque. Mais la sauce ne prend pas, puisque tout le film est tourné comme une enquête sur un mystère que l’on connaît déjà.

Le tout nous attriste puisque nous sommes fans d’histoires d’horreur à l’ancienne et que nous avons trouvé le propos du film très intéressant. A savoir : quand la médecine provoque la souffrance, ne faut-il pas laisser la maladie ou la folie se propager si elles apaisent les patients ? A l’image de ce noble italien qui se prend pour un étalon. Vaut-il mieux le soigner et avoir un homme malheureux, ou garder un cheval heureux ? On ne le saura pas, le film nous gratifiant d’une happy-end mielleuse. Alors, la prochaine fois que vous verrez ce genre de maison hantée, dites-vous bien : jamais plus.

Date de sortie dans nos salles : ce 29 octobre 2014.

 

Cédric Dautinger

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