Le Président du Conseil d’Administration de l’ULB plagie un discours (mise à jour)

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Le discours n’a pas été prononcé hier mais les logiciels de l’ULB, utilisés pour repérer toutes formes de copies dans les travaux des étudiants, ne sont pas utilisés pour les textes du personnel. Dommage vu qu’Alain Delchambre, président actuel du CA, a prononcé ce 19 septembre 2014, un discours largement plagié sur celui de Jacques Chirac en 2003. La comparaison est plutôt éloquente:

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Les étudiants étant souvent mis en garde contre le plagiat, souvent cité par le corps académique comme une maladie pire que la peste bubonique, on s’attendait donc à une mesure exceptionnelle contre monsieur Delchambre. Il n’en sera évidemment rien. Si un bannissement de l’ULB plane au-dessus des étudiants dans une situation similaire, il n’y aura aucune réelle sanction dans le cas présent. Comprenez bien, « Alain Delchambre n’a pas écrit l’intégralité de son discours« , déclare officiellement Nicolas Dassonville, porte-parole à l’ULB. D’accord, donc il paye un nègre pour écrire ses propres discours car il n’a sans doute pas le temps de le faire lui-même. Et donc, on sanctionnera le sous-fifre anonyme (pas vraiment, un passage sur Facebook nous apprend qu’il s’agit d’Arnaud Tinlot) pour tasser l’affaire. Ce conseiller du président de CA est donc renvoyé… mais uniquement de ce poste plutôt symbolique. Aux dernières nouvelles, il touchera toujours son salaire de l’ULB, donc.

Ce qui pose surtout problème dans cette affaire de plagiat, c’est la différence de traitement entre le président du CA et n’importe quel(le) étudiant(e). Essayez à votre prochaine défense de mémoire de justifier un plagiat par un « oui mais c’est ma soeur qui a copié ce passage, je lui ai retiré un cookie de sa jarre à cookies« . Si ça ne passe pas, invoquez Alain Delchambre.

Mise à jour: il ne s’agit pas du premier plagiat comme le prouvent de nouvelles comparaisons. Plus ironique encore, l’un des plagiat concerne un mémoire académique… Un bel exemple encore en ligne (toujours Chirac).

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Ce lundi 6 octobre 2014, Alain Delchambre remet sa démission en tant que Président du Conseil d’Administration de l’ULB:

Chers membres de la Communauté universitaire,
Chers étudiants,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Comme j’ai eu l’occasion de vous en informer, j’ai appris avec stupéfaction que des parties de plusieurs de mes discours avaient été inspirées de textes accessibles publiquement, sans que les précautions d’usage en matière de citations n’aient été prises.

Après avoir pris connaissance de ces faits, j’en ai informé le Conseil d’administration auquel j’ai présenté des excuses personnelles et officielles en indiquant que j’avais pris les mesures internes nécessaires pour que cette situation ne se reproduise plus. Si je n’étais en rien au courant de ces manquements, j’en assume la pleine et entière responsabilité.

Dans cet esprit, conscient de l’image négative qui ternit aujourd’hui notre Université en interne aussi bien qu’en externe, et en pleine cohérence avec mes valeurs personnelles de rigueur et d’éthique, j’ai pris la décision, dans l’intérêt de l’institution, de démissionner de la présidence du Conseil d’administration de l’Université.

Comme je l’ai fait à vos côtés pendant quatre ans, j’ai pris le temps de réfléchir à la meilleure solution pour notre institution afin d’assurer la continuité de sa gouvernance et de l’ensemble des projets en cours.

Tout au long de ces années à la présidence de l’ULB, j’ai eu le plaisir de porter de nombreux projets, fruits d’un travail collectif mené au quotidien avec vous toutes et tous. Si je suis fier d’avoir contribué au renouvellement de la gouvernance de l’Université, j’espère que les prochains mois verront se finaliser d’autres projets fondamentaux que j’ai initiés.

Parmi ceux-ci, je veux citer le développement des partenariats et la réforme profonde des structures de gestion de l’hôpital Erasme; la refonte de notre politique des ressources humaines et le redéploiement de nos administrations; la mise en place de l’audit interne de nos procédures ou encore la conception et la mise en oeuvre d’une politique ambitieuse en matière de logements étudiants.

Je remercie tous les membres de la Communauté universitaire, étudiants, personnels administratifs, de gestion et spécialisés, personnels scientifiques et académiques, de leur implication dans les projets que nous avons développés ensemble au cours de ces quatre dernières années.

Ce fut un honneur pour moi de collaborer avec vous et je suis confiant dans la capacité de la Communauté universitaire à dépasser cette situation, à évoluer et à progresser.

Alain Delchambre

Cédric Dautinger

13 Comments

  1. Kin

    1 octobre 2014 at 10:13

    Lamentable, c’est ce même corps académique qui après se permet de juger les étudiants … Comme quoi il ferait mieux de préparer ses textes lui-même, mais bon, comme tous les « dirigeants », malgré un diplôme, quel qu’il soit, ce dernier n’est en général guère utile.
    Cependant je me demande ce que celui qui a « rédigé » ce texte avait en tête, pensait-il vraiment s’en sortir de la sorte à l’époque où la majorité des discours politiques sont disponibles sur internet ?
    Entre ces deux personnages je me demande surtout lequel est le plus stupide et comment ces deux énergumènes en sont arrivés à occuper ces postes.

  2. Amidetous

    2 octobre 2014 at 10:21

    Article court mais précis. En effet, une sanction plus forte semble indiquée mais nous connaissons tous le système de justice à deux vitesses qui sévit dans nos contrées…

  3. Alexandre

    2 octobre 2014 at 11:22

    Le titre de l’article est erroné.
    Le président n’a pas « plagié son discours » mais il a plagié le discours de Chirac.
    Cordialement ;-)

  4. Sam

    2 octobre 2014 at 12:12

    « Si un étudiant dans une situation similaire aurait simplement été banni de l’ULB, il n’y aura aucune réelle sanction dans le cas présent. »
    s’il aurait, vraiment? M. Grévisse se retourne dans sa tombe :-)

  5. LaPige.be

    2 octobre 2014 at 12:22

    Corrigé, au nom de Monsieur Gergely!

  6. Alain

    2 octobre 2014 at 3:45

    Les « élites » se délitent …

  7. Ben

    3 octobre 2014 at 6:15

    Sam, il n’y avait aucune faute dans cette phrase.

  8. Walter

    3 octobre 2014 at 5:21

    Peut-être faudrait-il encore préciser que ce « collaborateur », chargé d’écrire les discours académiques, avait toutes les qualifications nécessaires puisqu’il est…kiné! Normal quand on est le protégé du président.

  9. Jules B

    5 octobre 2014 at 11:27

    Merci de mettre au jour les côtés obscurs de certaines personnes qui plus est devraient donner l’exemple des choses à ne pas faire.
    Ce monsieur,le plagiaire, n’est pas à son coup d’essai dans le domaine du pillage mais pas intellectuel à ce moment là .
    Demandez lui comment il trouvait son argent de poche il y a 3 ans et les années précédentes ?! LES protections dont il bénéficie sont efficaces.
    Il n’y a pas de justice pour des gens comme ceux là, il faut que cela continue à se savoir, à se diffuser.

  10. Curieux

    7 octobre 2014 at 9:24

    Une question demeure: qui s’en est rendu compte et comment?

  11. E

    7 octobre 2014 at 2:01

    Hélas cette affaire ne surprend pas l’ancien étudiant de l’ULB que je suis. De la première candidature au post-graduat on est témoin de comportements plus que légers de la part de personages importants de la hiérarchie universitaire, et ce de manière proportionnelle au grade atteint. La rigueur est quelque chose à exiger des autres, mais pas toujours de soi. Quant aux sanctions, il me semble qu’elles reflètent souvent le rapport amis/ennemis du sanctionné. Celui ou celle qui au cours des années s’est mis du monde à dos ne sera pas soutenu et sera congédié. Celui ou celle qui s’est assuré un solide réseau amical recevra le plus souvent une sanction symbolique.

    M. Delchambre s’excuse de manière pathétique, ridicule. Sa démission était inévitable, elle n’est nullement héroïque, pas plus que ne l’est s’arrêter au feu rouge, même si on est commissaire de police. Son communiqué n’est finalement qu’une auto-félicitations, peut-être devrions-nous le remercier d’avoir tant contribuer au rayonnement de l’université?

    Que doit penser le public? Que le président ne prend même pas le temps d’écrire ses propres discours? Qu’il choisit un nègre incapable d’imaginer qu’on puisse remarquer le copier-coller d’un discours de Chirac? Que l’ULB a pu choisir un tel zozo comme président du CA?

    Il est temps d’insister sur un comportement rigoureux et éthique au sein de l’université, surtout aux niveaux les plus élevés. D’examiner librement les ballivernes qu’on nous fait avaler. En attendant Delchambre est une pauvre tache sur notre réputation à tous.

  12. Kash

    7 octobre 2014 at 9:16

    Ridicule… C’est bien l’ULB ça : interdire une chose et s’empresser de la faire. C’est vraiment l’Université de l’hypocrisie.

  13. Love

    16 octobre 2014 at 3:15

    Je trouve tout cela bien désolant… Je suis triste que Delchambre ai démissionné pour un fait aussi anecdotique comparé à tout ce qu’il a fait pendant 4 ans!
    Je suis étonné de l’emballement médiatique qui a entouré ce non-évenement. C’est clair que certains préféraient que Delchambre et son équipe disparaissent… Certains (et notamment les syndicats) préféraient l’époque Vanherwegheme et Buccela. Tout se réglait en secret. Au moins avec Delchambre, tout était transparent.
    Comme membre du personnel, Delchambre avait réussi à créé un climat bcq plus serein et simple. Lui et son équipe étaient vraiment apprécié par bcq de membres du personnel et par les étudiants.
    En relisant tout cela, je ne peux pas m’empêcher de croire que tout cela soit un règlement de compte! Ceux qui ont fait cela devraient avoir honte !!!!

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