Fury

Fury-2014

On vous prévient tout de suite: si vous n’aimez pas les films de guerre et les tanks, passez votre chemin (et regardez plutôt Lebanon, qui se passe entièrement dans un char mais est vraiment très intéressant). Par contre si c’est le genre de choses qui attisent votre intérêt, montez à bord! Réalisé par David Ayer, habitué des films musclés (End of watch pour en retenir un), avec des grosses pointures devant la caméra, ce film épique comble un certain vide depuis les films d’Eastwood sur la guerre dans le Pacifique. Comme un plaisir coupable, on replonge donc dans la Seconde Guerre Mondiale, mais avec quelques nouveautés notables.

Avril 1945, l’espérance de vie d’un équipage de tank américain en Europe est de six semaines. Ensemble depuis l’Afrique du Nord, puis la France et la Belgique, l’équipage du Fury, un M4 Sherman, progresse au travers des dernières lignes de défense du Reich, qui compte encore des soldats fanatisés, la milice populaire (des enfants et des vieillards) et de dangereuses armes. Tirée d’une histoire vraie, le film retrace 24 heures de la vie d’un équipage, composé de Brad Pitt (le chef d’équipage, qui gère aussi bien son Allemand que son Italien dans Inglourious Basterds), de Shia LaBeouf (à fond dans son rôle mais parfois trop, il pleure facilement, peut-être à cause du fait qu’il ne s’est pas lavé pendant tout le tournage pour entrer dans son rôle), de Michael Peña (qui rend hommage aux Mexicains enrôlés dans l’armée US), de Jon Bernthal (le meilleur acteur du film, parfait en gros bourrin) et enfin du nouveau venu: Logan Lerman (le dactylographe qui finit par découvrir les horreurs de la guerre, en vrai aperçu dans les Percy mais surtout dans The Patriot).

Misant sur des appuis classiques, on retrouve un filtre de couleurs proche du sépia et de la consultance historique (auprès d’une société de jeux vidéo… wargaming). Mais les détails rendent plutôt crédibles les aventures de ce tank perdu derrière les lignes ennemies. Mention spéciale pour les costumiers (c’est rare de l’indiquer) et à l’ambiance glauque et violente (presque gore) qui représentent parfaitement le chaos de la fin du Nazisme. Le rythme trouve son équilibre justement entre les combats intenses et les scènes où l’équipage se ravitaille et se repose. On regrette l’omniprésence de la religion comme justificatif de la guerre (et surtout des crimes) menée par les Américains. Seul bémol qui ne convaincra pas en Europe, avec l’usage abusif des balles traçantes (mais c’est un détail).

On retiendra surtout deux scènes, l’affrontement contre un véritable Tiger I (une première au cinéma, il ne reste qu’un exemplaire du Panzer en état de fonctionnement dans le monde), véritable monstre. Et la défense désespérée contre 300 Waffen-SS. Le tout magnifié par les musiques de Steven Price (Gravity et Scott Pilgrim).

Sortie dans nos salles ce 22 octobre 2014.

Cédric Dautinger

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>