Fille de pub

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L’autre jour, en allant chercher mon courrier avec les traits tirés, les cheveux en bataille et en saluant la porte d’entrée à la place de mon voisin, je suis tombée sur une enveloppe au look suspect. Elle avait en effet tout l’air d’une lettre officielle.  Alors que mon cœur s’emballait sensiblement, je me suis mise à réfléchir à quelle bêtise j’avais bien encore pu faire pour être rabrouée de la sorte. Avais-je oublié de payer une facture ? Avais-je un peu trop participé à une manifestation ? Pas de logo STIB donc pas d’amende. Dommage car j’avais besoin de refaire la litière des chats (il se trouve que mes chats adorent faire caca sur les amendes de la STIB, une affaire de qualité du papier ou un truc du genre, mais c’est une autre histoire).

En ouvrant le bazar, quelle ne fût pas ma surprise de m’apercevoir qu’il s’agissait en fait… d’une publicité. Qui se donnait toutes les apparences d’une lettre communale, histoire d’être un peu prise au sérieux. De montrer patte blanche. De susurrer à l’oreille des consommateurs que nous sommes tous : « Hey, je sais que tu prends un malin plaisir à me jeter à la poubelle ou à laisser tes chats me faire caca dessus, mais pour une fois lis-moi que je te retourne le cerveau bien comme il faut.« 

Dans le métro bruxellois aussi, on doit désormais supporter des tactiques plutôt agressives de persuasion. Une propagande implacable en vue de faire acheter aux usagers des transports « publics » une nouvelle machine à laver inutile ou un écran plat tellement grand qu’on doute qu’il puisse rentrer par la porte d’entrée. Ou même par la porte-fenêtre. Ces publicités ont abandonné le bon vieux papier il y a quelques semaines pour être projetées sur des écrans ultra-lumineux, aux couleurs chatoyantes. C’est infect mais il faut vivre avec son temps il parait, celui de la génération Y, du multitâches à tout va et des e-mails lus sur mobile. Youpie. Déja qu’il fallait se taper les odeurs étranges, la rame bondée et le fou qui te hurle dessus que « la fin est proche » (ceci dit, je commence de plus en plus à le croire ce gentil monsieur).

J’ai fait cette découverte sur la fin du monde quand j’ai appris que des gens payaient pour passer une nuit entière à bouffer des spots publicitaires dans un cinéma. C’est la fameuse nuit des « publivores », qui posera bientôt ses valises (pleines d’argent) à Bruxelles, le tout sponsorisé par une marque d’alcool. Bien vu, il m’en faudrait au moins une bouteille pour passer la soirée. Ceci dit, c’est dommage: si vous voulez voir des chouettes spots publicitaires, je peux vous proposer un petit tour dans le métro bruxellois, qui vous coûtera bien moins cher, malgré l’aveuglante augmentation des tarifs de la STIB. Et en plus, vous serez en bien meilleure compagnie.

PS: la photo d’illustration est la lettre que j’évoque en début d’article, qui s’avère être une publicité pour un magasin de bricolage un peu bourrin.

Camille Wernaers

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