Festival des libertés : « Ça, c’est désobéir »

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« Tiens voilà, ça c’est désobéir« .  S’il faudrait ne retenir qu’une seule phrase du Festival des Libertés, qui a agité nos soirées de mi-octobre, c’est peut-être celle-là. Et pour remettre dans le contexte qui nous a marqué : elle sort de la bouche d’un des organisateurs, alors qu’il s’occupait à désorganiser l’espace « débat », en envoyant valdinguer chaises et autres coussins.

C’est qu’en participant au festival, on a alterné entre ambiance de subversion et humour noir, à l’image des clowns activistes qui s’invitent dans les manifs pour faire passer des messages plus que sérieux et qu’un représentant français était venu introduire ce samedi, dernier jour du festival, lors du « Forum des désobéissants ».

Réflexion et émotions en seront les mots-clés, comme lors de la diffusion du documentaire Les Insoumises, qui présentait le combat de femmes dans différentes parties du globe. Un combat pour la survie.  Ces Insoumises tenaient un discours courageux et qui a résonné très fort, tant il était impossible pour le spectateur de rester indifférent face aux situations décrites. Des histoires de viols, de prostitutions forcées, de violences conjugales, d’excision et d’avortement des fœtus filles qui d’un coup prenaient corps avec une très grande acuité. On n’aura pas été les seuls à sortir un mouchoir et à ressortir avec la rage au ventre.

C’est avec cette même rage qu’on aura regardé le documentaire Ukraine is not a brothel,  consacré au mouvement Femen, mais loin, très loin, du discours médiatique glorifiant habituel. On a pu constater l’influence de Victor, qui se décrit lui-même comme  » un patriarche dans un mouvement contre le patriarcat », mais qui n’y voit aucune contradiction car « Marx était un bourgeois dans un mouvement anti-bourgeoisie« . L’histoire ne dit pas si Marx hurlait sur ses militants à la manière d’un Victor tyrannique, la moindre action, le moindre slogan devant être est soigneusement décidé et approuvé par l’homme qui constitue visiblement la tête pensante du mouvement.

Dernier moment fort : la venue d’Edward Snowden, présent par vidéoconférence pour un petit cours de coup de poing sur la table. Son visage serein projeté sur un écran géant nous restera encore longtemps à l’esprit.

 Camille Wernaers

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