Brussels Summer Festival : la soirée rebelle

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Les festivaliers ont vécu leurs premiers frissons ce vendredi soir, sous un ciel redevenu soudain plus calme. Alors que les files pour les jetons s’allongent, voilà déjà Skip The Use qui fait ses premiers pas sur la scène de la Place des Palais pour un concert survitaminé et difficile à décrire, un coup pop rock, un coup punk, le tout rehaussé d’une touche de reggae. Le chanteur bondissant s’amuse de voir le public enfin à son image. Un public qui danse comme une seule personne, d’abord vers la gauche, puis vers la droite, se lance dans un footing avant de s’asseoir sur le sol et de se mettre à sauter.

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Tous ceux qui voulaient vivre un début de festival calme dans leur coin en ont eu pour leur frais ! Et le groupe français est venu avec plusieurs messages, assénés dans un cri. « Avant on était un groupe de punk, mais on était pas invité chez le Roi !« , lance le chanteur Mat Bastard. « Ça fait plaisir de vous voir tous réunis avec vos sexualités différentes, vos religions différentes, vos couleurs de peau différentes, tous ici ce soir. On a de la chance et les extrémistes n’ont pas la chance d’être ici.« , termine-t-il avant de pointer le sol du doigt. Une phrase qui résonnera encore longtemps sur la place. 

Quelques minutes plus tard, c’était au tour de Patti Smith de se frotter à la Place des Palais, bonnet sur la tête, jeans trop large et guitare collée dans les mains. Les premières notes de Dancing Barefoot et sa voix cassée si caractéristique sonnent le début de l’assaut. Dans la foule, différentes générations se côtoient. Les plus âgés ont l’air d’avoir bouffé une sacrée madeleine de Proust et de le retrouver, leur fameux temps perdu. Yeux fermés, ils balancent toutes les paroles comme si leur vie en dépendait. Ou comme s’il avait trouvé une machine à remonter le temps. Les plus jeunes, cocktails dans une main, cigarette dans l’autre, s’agitent sérieusement sur les riffs de guitare en criant à l’unisson « J’adore cette chanson !« .

C’est ça qu’on aime chez Patti Smith. Cette universalité, cette musique qui transcende, qui vient te chercher au fond des tripes, et qui ne laisse pas le moindre répit. Alors oui, le début du concert est un peu mou sur les bords, mais d’un coup, elle laisse tomber la bonnet et la veste, et on sent que là, ça y est. « Nous sommes en vie et nous sommes libres« , s’écrie-t-elle sous les hourras de la foule. Ain’t it strange, Because The NightPeople have The Power s’enchainent, cette dernière sera l’occasion d’appeler à la désobéissance civile, sous fond de poings levés, jusque tout a bout de la place, là bas au loin. Sur Rock n’ Roll Nigger, chanson dans laquelle le refrain dit : Outside of society, that’s where I want to be, elle lance : « Edward Snowden is a nigger !« 

Elle n’hésite pas à finir son concert à quatre pattes, les yeux et les mains rivés dans le public, après un dernier avertissement : « Ne laissez pas le business, les entreprises ou la monarchie décider pour vous !« .

La fin de soirée, c’était devant le DJ belge Aeroplane, l’occasion de tester son déhanché avant la soirée electro de samedi soir, avant de faire un tour au concert de M. Mais après deux reprises ratées, l’une de Killing in The Name Of de Rage Against The Machine, l’autre de Seven Nation Army des White Stripes, et après un « Je dis aime » dans le genre égocentrique, on a préféré s’en aller sur la pointe des pieds.


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Camille Wernaers

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