Hobby: chevalier

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La Pige a rencontré, derrière quelques bières, un étudiant en Histoire médiévale à l’ULB. Mais le chimacien « Thor », comme le surnomme ses amis, n’aime pas s’en tenir qu’à la théorie et n’hésite pas à sortir son armure et ses armes le week-end. Nous lui avons posé quelques questions sur son occupation chevaleresque.

Quand et pourquoi as-tu commencé ce passe-temps particulier?
J’ai toujours aimé jouer avec un bâton et j’ai toujours été fasciné par les films où les acteurs manient excellemment épée, bouclier, sabre etc. Le déclic s’est produit quand j’ai regardé le Roi Arthur avec une colocataire, qui m’a alors dit qu’elle aimerait aussi savoir manier les armes. Là, j’ai cherché sur le web des endroits où on pouvait apprendre. Je suis alors arrivé dans la seule école belge d’escrime médiévale, Lumière et Éclair, basée à Bruxelles et Liège. Et de fil en aiguille, ils m’ont proposé de venir en campement médiéval. Le second jour, on m’a dit: dès le premier combat, tu sauras si t’es accroc ou si tu n’aimes pas. Je sais maintenant que je suis plutôt accroc. J’ai commencé les cours d’escrime médiévale en  décembre 2007, et les tournois à partir de 2009, au sein de la Fédération belge d’Escrime Médiévale.
Quelle est l’image de cette activité auprès du grand-public?
Quand j’ai commencé, il n’y avait vraiment pas beaucoup de gens qui connaissaient cette activité. Mais de plus en plus, dans les fêtes médiévales, on entend que les gens comprennent que ce n’est pas du spectacle. Au premier abord, les gens on tendance à dire que c’est du chiqué, mais souvent ils changent d’avis en voyant les combattants tomber, en entendant les chocs sur l’armure, en voyant parfois des abandons. Je crois que la pratique de ce sport (j’insiste là-dessus) est assez répandue et connait plusieurs variantes. Ce que je pratique, c’est le combat à la touche. A chaque touche comptée, le combat s’interrompt, puis est relancé. Au niveau européen et mondial, il existe de très grands tournois de Full Contact Medieval (tous les coups sont permis pendant 1’30 » environ, et quatre arbitre comptabilisent les touches), ainsi que de Béhourd/Bohurt (Battle of the Nations, visible sur Youtube, grand tournoi international de full contact médiéval avec du 1vs1, 5vs5, et plus encore). En Belgique, c’est principalement dans la région de Liège que les entraînement ont lieu pour ces deux derniers types de combat, beaucoup plus physiques (Belgium Medieval Bohurt).
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Et quelle est votre vision de cette activité?
Personnellement, je vois ce hobby d’abord comme un sport, pour me défouler. Défouler ne veut cependant pas dire exploser l’armure de l’autre. Le fait de savoir maîtriser ses coups pour qu’ils soient assez forts pour être entendus mais assez retenus pour éviter de grosses blessures à l’adversaire, c’est une dépense énergétique énorme. A coté de ça, je fais partie de la confrérie des Trois Tours, qui a pour but de reconstituer un campement fin XIV début XVème. Ça demande également un investissement financier important. Mais passer un weekend ensoleillé ou pas dans un campement médiéval, ça fait évacuer le stress et les soucis pendant un moment. Ça permet de déconnecter un peu de la modernité, de revenir à certaine valeurs comme simplement ne pas passer sa journée devant un PC, partager un repas sans télévision, dormir en tente, passer des soirées au coin du feu en dégustant de l’Hypocras (vin médiéval épicé).
Quels conseils suivre pour se renseigner sur cette activité lorsque l’on est débutant?
Le mieux pour approcher ce milieu, c’est d’aller à un campement et demander au gens. Ils ne mordent pas. Nous, nous serons présents à Rheinardstein, Rebecq, Bouillon, Remouchamps, Herstal, Sautin et Forest dans les trois prochains mois, dans le cadre de fêtes médiévales. Le conseil en or: ne pas se précipiter pour acheter l’armure et demander conseil aux plus anciens. Parce que l’arnaque existe aussi dans ce milieu. Et un mauvais heaume, ça peut très vite faire un oeil en moins.
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Une anecdote particulière à partager à nos lecteurs?
Je pourrais t’en dire mille! Des tambours au bord de la lice, à l’adversaire qui glisse et tombe à genoux devant toi, offrant ainsi sa tête. Les plus marquantes sont les fois où j’ai décapsulé (comme on dit) mon adversaire. La première fois, avec une bâtarde, le casque mal fixé saute et je revenait pour lui frapper la tête. J’ai compris à ce moment là l’importance de pouvoir arrêter son coup en cas de danger. La seconde fois, mon adversaire avait un magnifique casque magyar et en lui donnant un coup de bardiche, son casque s’est relevé et son nez s’est coincé dans la maille. Dans le même temps, j’ai cassé le bout de la pointe de son casque. C’étaient des moment où, dans mon casque, je me suis dit « Oh put***! »
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Cédric Dautinger

1 Comment

  1. Levaux pierre

    16 juillet 2014 at 8:11

    la page facebook renseignée pour l’équipe national belge de full contact est érronée (enfin plus utilisée a l’heure actuelle)

    le nouveau site: http://imcf-belgique.be

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