Google expose le street-art

Brighton

Impossible de passer à côté du street-art, que ce soit des crayons disséminés dans toute la capitale aux grandes fresques de Bonom. Nous avons toujours aimé exprimer notre créativité, nos grottes de Han pouvant encore le prouver facilement. Plus éphémère, discret, avec ses codes et ses polémiques, le street-art s’expose gratuitement aux curieux. Et même si certains trouvent ça moche et le lie à la criminalité, on ne peut plus nier certains artistes dont les fresques attirent plus la foule que certaines expos dans les musées d’art moderne. L’institut culturel Google a lancé son site « street art project », dont le but est de cartographier cet art, en haute-définition, afin de permettre aux visiteurs d’explorer la planète entière.

En partenariat avec plusieurs associations, comme « le mur », Google montre plus de 5000 œuvres localisées grâce à Google Maps, aussi bien en extérieur comme en intérieur. La découverte des neuf étages de la Tour Paris 13 vaut par exemple le détour, pour apprécier l’art d’une centaine d’artistes de 16 pays différents. Surtout depuis la destruction de l’immeuble en avril. Google joue ainsi également le rôle d’archiviste, en posant les premières pierres d’un projet évolutif. La zone 5 pointz de New York bénéficie du même traitement, mais d’autres endroits mythiques restent absents du projet, comme les squats berlinois ou le village fantôme de Doel. 

Car la Belgique n’est pas encore représentée sur le site, même si l’on peut retrouver certaines fresques de Roa… dans d’autres pays. Le projet de Google utilise le hashtag #streetartproject pour permettre aux internautes de contribuer à l’enrichissement de cette base de données mais il faut passer par… Google + (aussi désert que Doel). Pour les plus curieux, il faudra donc prendre sa voiture ou s’équiper de bonnes chaussures pour découvrir le street-art belge. Ouvrez les yeux, vous vous rendrez compte qu’il nous entoure quotidiennement avec des space invaders en mosaïque, des panneaux détournés ou des murs entiers dédiés à cette expression urbaine (à Louvain-la-Neuve, ou aux Forums de la Plaine).

Les plus téméraires prendront une voiture pour partir en exploration. Le point de départ idéal: le village abandonné de Doel, dédié au street-art. Suite au projet d’expansion du port d’Anvers, le village abritant surtout des travailleurs de la centrale nucléaire toute proche, devait être rasé et délocalisé. Les habitants furent expropriés par l’Etat belge, mais les travaux ne commencèrent jamais… En passant par des zonings industriels, les explorateurs se retrouvent rapidement dans une poche de calme, avec un petit moulin qui masque à peine la tour de refroidissement. Les fresques évoluent, les squats s’organisent mais pas d’inquiétude, sous ces aspects de ville morte, Doel abrite encore quelques irréductibles et… un bistrot. Typiquement belge, pour aborder une forme d’art universelle.

Cédric Dautinger (première photo prise à Brighton, petit village balnéaire anglais très coloré, seconde photo à Doel)

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