Tom Cruise est mort, vive Tom Cruise !

badass-trailer-for-edge-of-tomorrow

Sur une idée déjà éprouvée, Edge of Tomorrow apporte un peu de fraîcheur dans l’univers des blockbusters bling bling mais ne s’affranchit pas des codes hollywoodiens.

Sur une terre en proie à une guerre sans merci contre des extraterrestres tenaces (la race des Mimics), le Major Bill Cage (Tom Cruise) est accusé de désertion. En guise de pénitence, l’ex-officier se retrouve propulser dans l’inconnu du champ de bataille, sans équipement ni talent. Sans surprises, quelques minutes suffisent à éradiquer ce soldat d’un jour. Cage se réveille pourtant, bien vivant, au début de la journée qui l’a mené à sa perte. Au gré de ses résurrections successives, le héros apprend de ses erreurs et, sous l’impulsion d’une plus haut gradée (Emily Blunt), il deviendra bientôt la seule réponse au salut de l’humanité.

Adepte d’action (La mémoire dans la peau) et de science-fiction (le très moyen Jumper), Doug Liman conjugue ici les deux styles à travers cette adaptation du roman graphique All you need is kill. Dans un premier temps, le film n’est pas sans rappeler Un jour sans fin, trame humoristique qui voyait Bill Muray revivre sans cesse son « jour de la marmotte ». Plus récemment, Source Code suivait les traces d’un Jake Gyllenhaal capable de revivre les 8 dernières minutes de la vie d’un autre. Le scénario ne semble donc pas sortir de l’ordinaire à ceci près que le film rivalise d’astuces pour ne pas lasser le spectateur.

Ainsi, l’équilibrage entre scènes épileptiques et plan séquence se révèle bien réglé. Alors même que la maigre intrigue s’éclipse après la première demi-heure, le script arrive toujours à surprendre à quelques moments clés.  Avec quelques (lourdes) touches d’humour de situation (les résurrections les rendent inévitables), une atmosphère parfois sombre rappelant de meilleurs super-héros,  le divertissement deviendrait presque crédible. Cependant, les scènes calibrées pour une explosion d’effets spéciaux (mais décidemment pas pour la 3D…) surabondent, laissant la psychologie des personnages ou parfois la cohérence du script au vestiaire. Pourtant, Tom Cruise tente d’être convaincant dans l’évolution de son personnage. Jouant d’abord un maladroit (ou jouant maladroitement ?), le scientologue superstar revient vite à ses habitudes de gros dur au visage stoïque. Caricatural mais suffisant. Emily Blunt, quant à elle, n’assure son rôle que par sa plastique impeccable, adaptée à sa posture de guerrière indomptable (vous avez dit clichés?)

Au final, ce long-métrage n’apporte pas le coup de pouce attendu par Tom Cruise, artistiquement mort depuis quelques années (et la pilule Oblivion a toujours du mal à passer). Edge of Tomorrow remplit les codes d’un blockbuster classique. Plus frais que d’ordinaire, ce divertissement pur jus se distingue au bout du compte par son scénario et son esthétique originale. Les décors sont diversifiés et les appels à l’univers d’origine restent sympathiques. L’épée d’Emily Blunt symbolise d’ailleurs l’imaginaire des animés japonais (et un peu Final Fantasy). C’est aussi le signe d’un emprunt parfois trop facile à l’œuvre de Ryosuke Takeuchi (dont les ressemblances sont évoquées ici).

En cette période morose de blocus, Edge of Tomorrow assure son rôle relaxant, tout en captant régulièrement l’attention du spectateur. Certains seront heureux de voir Tom Cruise mourir et mourir encore. D’autres pourront espérer un meilleur avenir pour la science-fiction.

 Benjamin Bourguignon

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>