« Tombville » : c’est l’histoire d’un Belge qui…

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Ce n’est pas tous les jours que nous est donné à voir un long métrage d’horreur belge. C’est pourtant ce qui est arrivé aux intrépides reporters de La Pige en ce vendredi saint presque entièrement consacré à notre production audio-visuelle nationale au BIFFF. Après avoir affronté avec bravoure une conférence sur le système du tax shelter (qui vise à encourager la production de films belges), nous voilà donc partis en direction du film complètement barré du réalisateur belge (vous l’aurez compris) Nikolas List. Qui en a profité pour donner à la salle sa recette pour réaliser un long-métrage avec un si petit budget. « Ce n’est pas compliqué, vous tournez dans le noir et mettez les acteurs hors champ« , a-t-il lancé à une salle hilare.

En fait, il ne rigolait pas.

Après un premier avertissement nous signalant gentiment que ce film demande un haut niveau sonore, nous sommes plongés dans l’histoire de David, un jeune homme qui se retrouve à Tombville, un village paumé où règne l’obscurité. Mais très vite, le spectateur se rend compte que c’est surtout l’esprit de David qui est très sombre.

Il y a un peu d’ Identity dans le parcours de David, film où l’on était plongés dans l’esprit d’un schizophrène qui tue une à une ses personnalités. Le film dérange pas mal et est parvient à créer le malaise dans le public du BIFFF qu’on a déjà connu moins farouche. Il faut dire qu’entre scène de torture, de viols et de violences en tout genre, les spectateurs ne sont pas épargnés. Heureusement qu’un gros « C’est dégueulasse« , a jailli du public juste à temps pour détendre l’atmosphère.

L’atmosphère, parlons-en: l’ambiance sonore du film, à la limite du supportable, alternait entre vrombissements caractéristique du passage d’un train en arrière-fond au son des ongles sur un tableau, en passant par des violons joués par un manchot et les cris d’un cochon qu’on égorge. Le tout à un niveau parfois vraiment trop fort. Si on comprend la nécessité d’amplifier le sentiment de malaise du public par l’atmosphère musicale, est-il nécessaire de rendre ledit public sourd ? Poser la question, c’est y répondre.

On en est ressorti avec des acouphènes et un sacré mal de tête. Mais vivants.

Camille Wernaers

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