Rencontre avec Ser Davos Mervault (Liam Cunningham)

davos

Ce nom devrait vous évoquer le contrebandier puis capitaine Davos, dans les livres A Song of Ice and Fire. Ou la publicité belge pour les sauces (NDLR: « Davos, Lemmens à table! » comme nous criait une certaine Caracole, pensant sans doute à une sauce à l’oignon). Combinons les deux, télévision et histoire fantastique, pour rencontrer Liam Cunningham, acteur irlandais qui incarne le personnage dans la série (la plus téléchargée illégalement). Surtout que le chevalier visite notre capitale dans le cadre de son dernier film, Let us prey, projeté au BIFFF. Avec un début de carrière d’électricien, Cunningham tenta rapidement sa chance au théâtre pour assouvir sa passion. Avec succès si l’on regarde son impressionnante filmographie mêlant films engagés (Le vent se lève, Hunger…), les films épiques ou une série de films fantastiques.

Comment sélectionnez-vous et parvenez-vous à obtenir les rôles qui vous intéressent?

Je connais Brian O’Malley depuis longtemps, nous avons tourné ensemble il y a une dizaine d’années sur un projet qui n’est finalement pas sorti mais il a continué à plancher sur des films d’horreur. Il est revenu vers moi pour Let us prey et j’ai accepté. Pour Game of Thrones, ce fut un peu pareil, l’équipe m’a recontacté un peu plus tard en me disant qu’ils avaient un personnage qui me correspondait. Très standard donc pour un acteur!

Avez-vous une préférence pour le type de films dans lesquels vous jouez?

J’ai joué dans des grosses productions mais aussi dans beaucoup de plus petits films où j’avais des rôles secondaires de bons ou de méchants. Je joue en ce moment dans Game of Thrones et dans trois autres films, mes personnages sont tous très différents les uns des autres. J’incarne Davos, un homme honorable et humble, alors que je suis diabolique dans Let us prey. J’ai tourné avec l’acteur belge Jérémy Renier en Afrique du Sud, pour un film (en post-production à Bruxelles en ce moment) plus intimiste sur le thème de l’Apartheid. Je joue aussi un père alcoolique dans un drame tiré d’une histoire vraie. L’essentiel, c’est de raconter une bonne histoire, peu importe le genre de film.

Parmi tous ces personnages justement, lequel vous ressemble le plus?

Tous! En réalité, il faut retourner la question pour y répondre. J’aborde la préparation de chaque rôle en me demandant comment j’agirai si j’étais à la place du personnage. Ce qui est parfois plus difficile, comme lorsque l’on doit se mettre dans la peau d’un psychopathe. Quelles seraient les motivations d’un personnage? Ce qui ressortirait de lui en situation extrême? Le personnage ne se rapproche pas de vous, vous vous rapprochez de lui.

Quelle est votre relation avec le cinéma fantastique et les festivals comme le BIFFF?

C’est génial de voir et rencontrer un public qui s’y connaît à fond dans ce cinéma. Surtout qu’on rencontre ici des professionnels du monde entier, j’ai discuté avec un réalisateur japonais hier, et que tout le monde travaille pour faire réfléchir, ressentir et rire.

Vous avez travaillé avec des réalisateurs comme Michael Winterbottom (Jude), Ken Loach (Le vent se lève), Steven Spielberg (Cheval de guerre) ou Steve Mc Queen (Hunger). Comment se passe le travail avec ces réalisateurs de talent?

Ils ont tous une personnalité différente. Michael est extraordinaire, il était éditeur avant et c’était avant qu’il soit connu, dans les années 90. Avec Ken, j’ai reçu le script après avoir tourné le film, il nous laisse énormément improviser en nous disant juste « allez-y, action ». Il ne regarde pas non plus l’action, il détourne la tête de la caméra et il écoute les acteurs jouer. Il agit un peu comme un anarchiste, en regroupant des gens devant sa caméra et en regardant ensuite ce qu’il se passe. Pour Steve, il faut avoir travaillé à fond son rôle avant de jouer devant lui. On ne peut pas faire semblant de bosser avec lui, c’est un vétéran du cinéma qui travaillait déjà quand j’étais adolescent. Spielberg sait exactement ce qu’il veut et c’est une très bonne méthode de travail. Il faut être au top pour remplir ses exigences et parfois recommencer plusieurs fois mais cette précision paie. C’était un grand moment, sauvez le cheval!

Cunningham

Cédric Dautinger

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