Rencontre avec Phorin: « S’il n’y en avait qu’un, ce serait Brel »

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Du haut de ses 19 ans, Christophe, alias Phorin, se lance dans la musique, marchant sur les traces de ses idoles de la chanson française. Ses textes, à la fois poétiques, décadents et souvent drôles se laissent porter par une musique simple, habillement distillée par sa guitare qui ne semble jamais le quitter. C’est sur la terrasse du Madelon, un bar de la périphérie où le temps semble s’être arrêté quelque part dans le vieux Bruxelles d’antan que La Pige a rencontré l’artiste, qui s’apprête à sortir son premier album.

Présente-toi en quelques mots…

Je suis Phorin, c’est mon nom d’artiste, pas mon vrai nom… c’est un nom que j’ai choisi, ou plutôt que je n’ai pas choisi ! C’était un surnom qu’on me donnait; comme je m’appelle Christophe, ma grand-mère me surnommait  Cristoforino, puis mon cousin et mon frère ont commencé à m’appeler Forino, Forin… Comme j’étais le petit dernier dans la famille, c’était le petit Forin… Quand j’ai commencé la chanson, je me suis dit que ce serait classe si j’avais un nom d’artiste, alors j’ai choisi Phorin. J’aime bien, parce que ça me donne un petit côté ridicule. Enfin pas ridicule, mais les gens se disent «  tiens c’est bizarre comme nom d’artiste », c’est un peu comme Bourvil, Bénabar, des trucs comme ça… j’aime bien ce côté un peu…

Un peu art de rue ?

Ouais c’est ça, ça fait « populaire ».

Depuis combien de temps joues-tu de la musique ? Quand t’es venu le virus de la composition ?

A vrai dire, les premières expériences musicales… La musique c’est un peu un truc que j’ai toujours tenté… quand j’étais petit, il y avait un piano, j’essayais des trucs dessus. Les premières créations musicales, ce sont mes chansons, et cela fait deux ans, deux ans et demi.

Tu joues principalement de la chanson française. Quels sont les artistes qui t’ont inspiré ?

Il y a des artistes qui me font vivre, c’est Brel, Brassens pour des raisons différentes. Maintenant que je fais des chansons, j’essaie de me cultiver sur tout ce qui existe. Du coup j’ai découvert Léo Ferré, que je connaissais mais que j’essaie d’approfondir, Il y a aussi Damien Saez, que je connaissais depuis longtemps et qui fait partie de mes chanteurs préférés… mais sinon il y a tout un tas de chanteurs que j’aime bien; des groupes comme les Cowboys Fringants aussi, Bénabar que j’ai cité tout à l’heure, j’ai aussi écouté les chansons de Bourvil. J’essaie d’écouter un peu Yves Montand, Charles Trenet que j’ai découvert récemment. Je n’ai pas d’apriori, je découvre des chanteurs anciens, mais aussi des chanteurs d’aujourd’hui. Celui qui m’a toujours bercé, c’est Brel. S’il n’y en avait qu’un, ce serait Brel.

Tu fais des chansons depuis plus de deux ans maintenant, parle nous un peu de ton parcours, des événements qui t’on marqués.

Je dirais que l’idée de faire des chansons m’est venue quand mon cousin Pierre a fait une chanson en 2007 avec son copain Pierre (NDLR: musiciens du groupe Gable O’ Matic) : c’était la naissance de la chanson les Mathématiques. Je me rappelle que quand ils l’avaient faite, j’avais 12 ans,  j’avais été fasciné par cette chanson ! Elle m’était rentrée droit dans le cœur, et c’est en l’écoutant que je me suis dit que c’était possible de faire des chansons. Je le connaissais bien, j’avais toujours eu de l’admiration pour lui, donc le fait de le voir faire des chansons, je me suis dit que tout le monde pouvait en faire. Ça a un peu stagné, mais vers 17 ans j’ai écrit La Vie Saine. Lors de l’écriture de la chanson, la chanson les Mathématique m’était revenue, j’étais en vacance en Italie avec mon cousin, et il m’a dit que je devrais écrire mes propres chansons, au lieu d’interpréter celles des autres (Brassens, …). Il m’a dit «  Tiens, pourquoi tu ne ferais pas tes propres chansons ? Si tu veux, je te lègue les Mathématiques, tu en fais ce que tu veux ; tu peux la réinterpréter, reprendre les accords et la mélodie ». Mais il ne m’a pas donné les accords ! Du coup je les ai cherchés, et j’ai trouvé ceux de la Vie Saine !  Cette chanson ça a été un peu comme le bouchon d’une bouteille de champagne. Ensuite, il y a plein d’autres chansons qui sont sorties, et ça continue depuis deux ans et demi.

Beaucoup de gens t’ont remarqué dans Belgium’s Got Talent l’année passée. Dans quel état d’esprit t’es-tu lancé dans ce concours, à quoi tu t’attendais ?

Ça, c’était une grande étape. Je me suis lancé dedans complètement par hasard ! J’étais avec un pote sur Skype, et il m’a demandé pourquoi je ne participerais pas au concours. A cette époque-là, j’avais écrit quelques chansons, une dizaine je crois, que j’avais mise sur internet. Du coup, j’avais déjà la réputation de faire des chansons chez mes amis. A priori, ce n’est pas le genre d’émission… Enfin, j’avais des préjugés sur cette émission, je me disais que c’était une émission commerciale etc. un peu comme tout le monde quoi ! Donc je me suis dit « pourquoi pas ». Je me suis inscrit, et c’est trois mois plus tard, alors que j’avais complètement oublié qu’ils m’ont appelé pour me dire que j’étais pris. Du coup, je n’ai pas dit non ! Je me suis ramené au casting avant de me retrouver dans l’émission. C’était une expérience très importante, parce que j’ai découvert ce qui il y avait derrière une émission de ce genre là, ce qui est toujours très intéressant et puis ça m’a crédibilisé dans mon cercle d’amis. Ça m’a surtout permis d’enregistrer mon premier disque qui va sortir.

Ça t’a ouvert beaucoup de portes ?

La porte principale que ça m’a ouvert, c’est le disque ! J’ai aussi découvert une chanteuse, Cendrine Ketels, qui était dans l’émission et qui est aussi arrivée en demie finale… Donc ouais, le disque c’est un peu le résultat de Belgium’s Got Talent.

En écoutant ta musique on se rend compte qu’elle est parfois mélancolique, voir triste, désabusée. Qu’est ce qui t’inspire quand tu écris des textes, dans quel état d’esprit es-tu quand tu écris ?

Je ne contrôle pas trop, ça vient vraiment à mon insu ! Comme si quelque chose me traversait tout d’un coup. Je pense que c’est un mécanisme qui existe pour beaucoup d’artistes ; il y a quelque chose qui me marque, qui me traverse, et sur base d’un noyau dur (une mélodie, quelques paroles…) je construis ma chanson. C’est comme si j’avais emmagasiné un tas de choses en vivant tout simplement, ce qui me permet de faire comme une sorte de moyenne, une moyenne de ses états d’esprit là… comme une synthèse.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album ? Comment est-ce que cela s’est mis en place ?

Il y a eu un très beau soutien. J’ai reçu le prix, et la personne qui m’a remis le prix…

De Belgium’s Got Talent ?

Non, non, il n’a rien à voir avec Belgium’s Got Talent ! Mais disons qu’il m’a donné le prix en disant «  comme tu n’as pas été en finale, je te donne le prix pour enregistrer un album ». C’était un peu une sorte de compensation. Bon, je pense que si j’avais été en finale il me l’aurait donné aussi, mais… en fait c’est le père d’un ami, qui est échevin de la vie associative de Woluwe-Saint-Lambert, Eric Bott. Il m’a dit de faire un budget, de lui dire ce que j’avais besoin pour faire le disque, le prix du studio, les musiciens… On a aussi collaboré avec une peintre qui a fait la couverture de l’album… tout ça c’est via ce budget-là. En fait, cette année je me suis inscrit en première année de solfège pour adultes pour mieux savoir ce que je fais et la prof a découvert et apprécié mes chansons. Elle m’a dit que si j’avais des chansons à enregistrer, elle connaissait le studio de Suarez qui fait ça très bien et qui ne demande pas trop cher. Moi j’ai dit oui tout de suite ! C’est toujours bien de collaborer avec d’autres artistes. Ils ne sont pas rentrés dans la création de l’album, mais j’ai quand même visité les studios etc. Début mars, on a été dans le studio avec tous les musiciens pendant trois jours; quatre morceaux studios au total avec six musiciens. C’est mon cousin Pierre qui a fait les arrangements et orchestré tous les musiciens.

Qui joue de la contrebasse d’ailleurs ?

Oui, c’est pas du tout son instrument, mais il fait ça pour pouvoir m’accompagner sur scène. Lui il s’y connait à fond en musique, et il m’aide beaucoup. Son instrument, c’est plutôt la guitare, il maîtrise très bien le piano aussi. Comme il est en composition au conservatoire, c’est un aide précieuse.

Tu réalises aussi des clips pour tes chansons, notamment pour l’Amoureux et la Vie Saine. Est-ce que l’image est une partie importante de ton univers, ou c’est plus pour le fun ?

Le cinéma, c’est un truc que je faisais avant la chanson : je faisais des courts-métrages, et avant de faire des chansons, je voulais être réalisateur. Du coup j’ai acquis une certaine expérience ; je sais utiliser un programme de montage, comment réaliser un film. Ça, je l’utilise pour faire mes clips. La réalisation c’est ma deuxième passion, et combiner les deux, c’est le cocktail magique pour moi ! J’aime beaucoup réaliser des clips, ça demande une belle organisation. Là j’en ai fait deux, un par an. 

Du coup, tu supervises beaucoup les choses ? Tu travailles plutôt seul, ou d’autres gens collaborent dans ce projet ?

Non, j’ai fait le story-board pour les deux clips. Pour la Vie Saine, il y a un pote qui m’a aidé pour faire le clip; on a cherché des idées ensemble, mais sur place la réalisation et tout c’est moi qui ai organisé ça, donc oui c’est principalement moi qui les réalise.

Tu nous parlais de ton album qui sort bientôt, quand pourra-t-on le découvrir ? Quelle est l’actualité chez Phorin ?

L’album sort le 2 Mai, et on va pouvoir l’acheter pendant les concerts et le télécharger sur internet. Je vais voir si je sais mettre mon album sur Amazon, voir aussi sur Itunes. Les chansons seront majoritairement gratuites. Il vaut mieux essayer de propager ça le plus possible, plutôt que de directement faire payer les gens ! Pour ce qui est des concerts, il y a le 2 mai, et sans doute au Madelon, mais ça je dois encore en parler au barman

Phorin sera en concert le 2 mai à la salle «  La Rotonde » de Woluwé-Saint-Lambert. Pour plus d’infos, rendez-vous sur la Fan Page.

Thibault B.

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