Ouverture du Festival Millenium: Ash & Money

ash&money

Le mois d’avril se lance enfin, pour le plus grand plaisir des cinéphiles qui pourront apprécier l’activité bouillonnante de Bruxelles dans le domaine. Mais s’il est facile de répondre à la question: « citez des réalisateurs de films connus », peu pourrait faire de même avec des réalisateurs de documentaires. Et pourtant, ce genre de réalisation apporte une vision sur notre monde et permet d’informer, de toucher et d’influencer le public pour qu’il passe de la passivité à l’activité (au moins intellectuelle). Les différents organisateurs du festival Millenium ont insisté sur ce point lors de la soirée d’ouverture, ce 3 avril. Avec quelques blagues sur l’ex-URSS. Quoi de mieux pour lancer le documentaire estonien Ash & Money?

Réalisé en trois ans par Tiit Ojasoo, il s’agit du premier documentaire de cet homme de théâtre. Un théâtre (le NO99) et sa troupe qui vont créer une initiative très particulière lors des élections estoniennes, en créant un mouvement pseudo-politique: « Unified Estonia ». En utilisant toutes les techniques de propagande (de communication, pardon), la troupe va pointer du doigt les politiciens corrompus et leurs partis populistes, mais aussi des voisins effrayants comme Russie Unie. Avec humour, mais surtout avec énormément de réflexion sur la politique et les campagnes électorales. Au point de faire croire au pays entier que le mouvement existe réellement, au point de manipuler facilement les journalistes et les ministres. Au point de remplir une salle de concert gigantesque lors d’une conférence de parti surréaliste. Mais Estonie Unie existe-il? Comme expérience sociale ou comme vrai message politique?

Cette interrogation demeure tout le long des trois années de campagne mais également tout le long du documentaire. Le faux-super-parti Estonie Unie montre à quel point il est facile d’attirer des votes et de manipuler les masses. Via des techniques que l’on retrouve presque quotidiennement en Belgique… Quel a été l’impact de l’action du théâtre NO99? Une remise en question de la société estonienne, de certains politiciens qui croient encore au changement et à la démocratie, et surtout une disparition des voix populistes rendues ridicules. Un magnifique exemple à suivre chez nous, donc.

Au final, sans que personne ne s’en soit douté, Estonie Unie a surtout pointé du doigt les errances des électeurs. Avec un renvoi assez cinglant sur la salle du Bozar, qui résonne de rires et d’applaudissements nourris, alors que Bart de Wever et Paul Magnette s’affrontaient à Tour et Taxis.

Cédric Dautinger

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