Le BIFFF, ça ne termine jamais

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Et voilà. Après des heures et des heures de films, accompagnées de rires, de stupeurs et de tremblements, le BIFFF 2014 a fermé ses portes ce dimanche soir. Entre les deux films de clôture, l’un avec Jake Gyllenhaal, l’autre avec Jackie Chan, il a fallu faire un choix.

Enemy

Et c’est Enemy, de Denis Villeneuve qui nous a convaincu. D’abord parce qu’on s’est dit un truc du genre : « Quoi de mieux qu’un film avec un Jake Gyllenhaal ? Un film avec deux Jake Gyllenhaal » (bah quoi ?). Ensuite parce que le film est une adaptation d’un roman de José Saramago, et oui, c’est un vrai argument !

Il n’empêche qu’on est resté un peu sur notre faim, même si le film a ses qualités. Esthétiques d’abord. Plans larges sur une ville qui en devient déshumanisée. Des vies qui se repètent à l’infini. Et surtout celle d’Adam Bell, un professeur d’histoire à la vie bien rangée, expert en régime totalitariste. C’est toute l’ironie de ce film qui nous plonge avec délectation et mystères à l’intérieur des pulsions humaines qu’on ne peut contrôler, « ce dictateur qui vit à l’intérieur de nous« , comme l’a expliqué Villeneuve.

Car cette vie bien rangée vole en éclat quand Adam découvre son double (titre du roman de Saramago) dans un film ( tiens tiens, lui qui venait d’expliquer à ses élèves la tactique du Pain et des Jeux de la Rome Antique).

D’un côté l’éducation, de l’autre le divertissement, évidemment que c’est deux là ne pourront pas s’entendre et que le tout ne finira pas bien.

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Reste un thriller fantastique complexe, où une grande part est laissée à notre interprétation. Ne vous attendez pas à découvrir pourquoi l’un est le double de l’autre, et c’est peut-être le plus intéressant. Chez Kafka par exemple, peu importe pourquoi un homme devient un cafard ( dans La Métamorphose), ce sont les conséquences de ce changement qui produiront du sens. C’est un peu la même idée que l’on retrouve dans Enemy, qui s’accompagne en plus d’un mystère autour du symbole de l’araignée, présent dans différents plans (et qu’on vous laisse déchiffrer, à vos méninges !).



Aucune autre date de sortie n’est pour l’instant prévue en Belgique.

Palmarès

Si l’équipe de La Pige verserait bien une petite larme après ce dernier film, c’est surtout par un petit somme réparateur qu’elle va commencer cette semaine (et tenter de retrouver un semblant de vie normale!).

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Dur dur la vie en salle presse.

Mais pas avant un petit récapitulatif de bon aloi. A l’heure des bilans, notre équipe vous propose donc son palmarès perso:

L’histoire d’amour la plus bizarre : OVX the Manual

Le film où c’est la femme le héros : Deadly Virtues

Le film qui nous a le plus fait mal aux oreilles : Tombville

Le film danois qui ne donne pas envie de se suicider: Ragnarok

La palme du voisin pas sympa : LFO

Le film auquel on a rien compris (aussi nommé la palme du « HEIN ?« ) : The Profan Exhibit

La fin la plus WTF : Enemy

Pour lire et relire toutes nos critiques, c’est par ici.

Le palmarès officiel du BIFFF 2014

Longs-métrages

Prix du public : Witching and Bitching de Alex de la Iglesia

Prix 7e Parallèle : LFO de Antonio Tublen
Une mention spéciale pour Wrong Cops de Quentin Dupieux

Prix Thriller : Monsoon Shootout de Amit Kumar

Méliès d’Argent : Let us Prey de Brian O’Malley

Corbeau d’Argent : Rigor Mortis de Juno Mak

Corbeau d’Argent : Horror Stories 2 de Min Kyu-dong, Kim Sung-ho, Kim Hui & Jung Bum-shik

Corbeau d’Or : Witching and Bitching de Alex de la Iglesia
Une Mention Spéciale pour Control de Kenneth Bi

On a plus qu’à attendre l’année prochaine et on ne se prive pas de la private joke : « on sera de retour, et vous aussi ! »

Camille Wernaers

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