« Catacombs of the Black Vatican », dans l’ombre du Label Noir

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Black Label Society (ou BLS pour les intimes), c’est typiquement le genre de groupe qui n’a jamais vraiment décollé en terme de popularité. Presque incompréhensible pour un groupe qui a pour leader un certain Zakk Wylde, qui ne fût pas moins que le guitariste d’Ozzy Osbourne, succédant ainsi à Randy Rhoads, une autre de ses légendes explosées en plein vol. Zakk Wylde est ce qu’on peut appeler un Guitar Hero, adulé comme un demi-Dieu par beaucoup. Après avoir été remercié par le prince des ténèbres, Zakk Wylde vola de ses propres ailes et fonda Black Label Society, qui a son actif plus d’une dizaine d’albums. Dès ses débuts, il marqua les esprits par un métal bien gras, aux relents de mauvais whisky et de caoutchouc brulé. S’ils n’ont jamais vraiment pu atteindre une très grande popularité, ils ont pu acquérir un public fidèle aux quatre coins de la planète.

D’outre-tombes

C’est donc avec un nouvel album qu’ils nous reviennent. Sobrement intitulé « Catacombs of the Black Vatican », il vient rassurer les fans, qui n’avaient eu droit qu’à des lives et des albums unplugged depuis plus de quatre ans, alors que le guitariste Nick Katanese rend le tablier. Zakk avait d’ailleurs laissé entendre qu’il pensait ranger sa Les Paul et ses amplis pour revenir à son amour de toujours; la musique Country. On a frôlé la catastrophe.

On écrase notre clope et c’est plein d’espoir que nous nous lançons avec Fields of Unforgiveness. Pas de doute, c’est bien leur son, reconnaissable à des kilomètres. Tout y est; la voix rauque et imbibée du grand Wylde, des lignes de guitare bien lourdes coulent comme du bitume fumant, alors que quelques pitch harmonics, botte secrète de Zakk, se font déjà entendre dans un solo qui vient terminer l’échauffement. En route !

Le vent dans les cheveux

Nous passons la vitesse supérieure avec My Dying Time. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils envoient du bois ! Une guitare rythmique des plus efficaces nous en fait prendre plein les oreilles, avant de nous livrer un véritable mur de guitare. C’est avec la tête qui balance que nous nous réjouissons d’entendre le quatuor bien de retour avec toujours la même recette. Le chant n’a pas perdu de sa superbe, pourtant bien malmenée. Il faut dire qu’il a de quoi, à en voir le personnage, qui ne se prive à nouveau d’un solo ravageur.

Dans Believe, un son plus bluesy nous caresse les tympans. Pas d’inquiétude cependant, la distorsion est au rendez-vous. Ils nous offrent un morceau harmoniquement un poil plus osé, ce qui n’est pas un mal dans un groupe d’une telle redondance… Première surprise avec Angel of Mercy, qui laisse place à de belles guitares acoustiques. Le chant fait alors patte blanche, sans perdre de sa consistance. On en serait presque ému. Quelques arpèges ouvrent ensuite la portes à quelques notes de violoncelle (si, si), avant d’être rapidement immergée dans un océan de notes de guitare lead, et fais louper l’occasion d’un morceau plus original. Tant pis !

Embûches

Si la route semblait se dégager, nous venons nous prendre les roues dans Heart of Darkness. Du gros black Label pur jus une fois de plus, ou de gros palm muting nous mettent de la poussière pleins les yeux pour notre plus grand plaisir. Un morceau brutal, rapide et musclé. On adore. Avec Beyond the Down, c’est les calandres pleines de vase que nous nous retrouvons : Délicieusement sludge, il ouvre la route a des refrains plus aérés, toujours survitaminés. La même, donc ?

Si la route ne nous laissa pas sans cicatrice, le morceau Scars devraient sans doute nous soulager. Quelques accords de guitare folk viennent à nous nouveau nous enlacer, et laisse, ô surprise, place à quelques lignes de guitare claire. Si on pouvait croire à un problème technique, ce morceau nous prouve qu’il n’est nul besoin de gros son pour que le label noir arrive à nous convaincre.

On remet la gomme avec Damn the Flood, ou un riff bien groove n’est pas sans rappeler un certain Black Sabbath… Ils nous offrent un morceau bien équilibré, et c’est toute Wah-Wah dehors qu’ils nous en remettent une bonne couche. I’ve Gone Away, sortie d’outre-tombe, ne déroge pas à la règle, et garde le cap sans faillir tout en calmant le jeu.

Attendus au tournant

Nous posons le pied avec Empty Promises. Où une ligne presque inquiétante laisse présager du grabuge. Vaine promesse; ce morceau, se laissant descendre comme un whisky-coca ne surprendra pas les amateurs du genre, sans pour autant décevoir. On range définitivement les bécanes au garage avec Shades of Gray, ou des arpèges des plus mélancoliques nous rappellent laborieusement ce bel été sur les routes.

Sans être mauvais, l’album que nous propose Black Label Society manque de convaincre, et peine à se faire une place dans une discographie qui contient quelques chefs d’œuvres (The Blessed Hellride, Mafia,…). Le grand Zakk, s’il reste fidèle à lui-même semble s’être pris à son propre jeu.

Malgré tout, cet album contient de bons morceaux et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe est toujours capable d’envoyer du bois. Et c’est peu dire ! Tout n’est donc pas perdu, et on peut attendre du groupe une tornade de décibels et de bière dans cette tournée européenne qui s’annonce, tournée qui fera d’ailleurs escale au Graspop Metal Meeting le 29 juin prochain, ou Zakk Wylde règne en maître. Le rendez-vous est pris.

Thibault B.

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