Premier Salon du célibataire à Bruxelles : la solitude vous va si bien

Rear view of a couple sitting on beach

Ça nous est tous déjà arrivé. Cette phrase, prononcée comme une sentence par un oncle bourré ou une mamie gâteau : « Tu as trouvé quelqu’un? » Alors que le rouge nous montait aux joues, on s’est dit qu’il allait peut-être falloir commencer par chercher.

Comme toute norme dans cette société, où nous ne sommes libres qu’en apparence, celle du couple est peut-être l’une des plus insidieuses. Parce qu’elle frappe là où ça fait mal : en plein coeur. Au lieu de nous apprendre que nous pouvons parfaitement être des gens équilibrés sans devoir forcément nous épanouir dans un couple, on nous rabâche les oreilles à longueur de journée sur la recherche du partenaire parfait. Le cinéma en a fait un thème récurrent, au même titre que bien des romans et des morceaux de musique.

Cette pression se voit aujourd’hui complètée par un nouveau (et énième) « salon », du genre salon du chocolat, qui s’installait à Tour et Taxis ce week-end : Céliba, le Salon du célibataire en goguette. Qui n’en demandait pas tant. Car si l’on comprend très bien ce qu’on nous vend au Salon du chocolat, il est plus difficile de comprendre ce que celui-ci nous propose. Evidemment, coaching et speed dating se partagent l’affiche, au même titre que le relooking au cas où vous n’auriez pas bien compris que l’important dans tout ça : c’est l’apparence. Des massages et du vin sont également au rendez-vous, histoire de se mettre en appétit. Ce que l’on ne nous dit pas, c’est que c’est aussi un certain modèle que l’on vend. Et que des gens sont prêts à payer le prix fort pour enfin être heureux. Comme si le couple règlait tous les problèmes du monde, depuis la faim en Afrique jusqu’au risque de tsunami en Indonésie (parfois, soyons clair : ce n’est que le début des emmerdes).

En effet, on est pas ici dans le philantropisme. Aidez son prochain, oui peut-être, mais surtout jouer sur une pression que l’on sait forte pour se faire un peu d’argent en passant. Ça ne mange pas de pain.

Et si le Salon du chocolat essaie de vous faire bouffer une quantité énorme de chocolat en un temps record, celui du célibataire n’a peut-être pas si envie que ça de vous faire rencontrer votre âme sœur. Vous pensez bien : le célibataire n’en serait plus un !

C’est peut-être oublier qu’il existe un Salon du mariage. Et un autre du divorce. Et voilà comment la boucle est bouclée.

Camille Wernaers

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