Pourquoi il ne faut pas manquer Dallas Buyers Club

Dallas-Buyers-Club-Feature

Voilà une semaine que ce film aux multiples nominations a posé une marque indélébile sur nos écrans. La photographie sombre de Jean-Marc Vallée n’a pourtant pas encore reçu toute la reconnaissance médiatique qu’elle mérite. Dommage.

Les faits sont tirés d’une histoire réelle qui nous renvoie en 1986 dans la banlieue de Dallas. Ron Woodroof, éperons aux bottes et Stetson sur la tête, mène une vie de cowboy transpirant la drogue et les femmes. Ce cocktail de débauches ne lui a jamais posé de problèmes jusqu’à aujourd’hui : il est déclaré séropositif. Il lui reste maintenant 30 jours à (sur)vivre, entre traitements lourds et marginalisation accélérée. Et le (nouveau) paria texan n’est pas au bout de ses surprises. La FDA (Food and Drug Administration) refuse toujours de légaliser certains médicaments pourtant disponibles à l’étranger. Bien décidé à survivre, Woodroof se lance bientôt dans une lutte contre l’industrie pharmaceutique et le corps médical. Sa solution ? Le Dallas Buyers Club.

Une réalisation ordinaire ?

Le Québécois Jean-Marc Vallée (Café de Flore) succombe à la facilité en tentant l’expérience du biopic. L’agencement des séquences reste assez ordinaire et les scènes ne servent parfois qu’à un pamphlet à la gloire du héros. Les raisons de la sous-médiatisation du film sont peut-être à chercher ici. Pas original, pas valable. Certains y verront même un long-métrage aux scénarios « balisés ». Alors, si le côté « rédemption » de l’histoire semble un peu trop évident, Vallée nous offre un film long mais toujours surprenant. Certes, les réactions des culs-terreux conservateurs sont propices à  des moments d’apitoiement… Mais le réalisateur compense à coups d’humour noir et de sons groovy. Soulignons enfin que le spectateur ne se voit pas, pour une fois, mâcher continuellement la trame. La photographie est sombre, la pellicule est fine et la meilleure interprétation de cette année vient sublimer le tout. Rien que ça.

Le phoenix McConaughey

Dallas Buyers Club brille donc surtout du jeu de ses acteurs. Jennifer Garner (en docteur amoureuse) parait inutile face à un Woodroof explosif (Matthew McConaughey) et son coéquipier Rayon (Jared Leto). Ce dernier interprète un transsexuel sans fioritures et éloigne de nous les clichés usuels. De son côté, McConaughey confirme son envol des trois dernières années. Connu pour son image de charmeur (utilisé en abondance dans Magic Mike, l’acteur a fait le pari d’un retour aux sources salvateur. En effet, avec Mud, Killer Joe ou la série hypnotique True Detective, Matthew McConaughey, Texan à la ville,  retourne sur les traces de son Amérique profonde. Étrangement, ce décor lui inspire de meilleurs rôles plus complexes et plus sombres. Ici, l’acteur impressionne par son professionnalisme (il a perdu 21 kilos pour l’occasion) et par sa justesse tant il parvient à nous convaincre. Il joue à merveille l’anti-héros homophobe, grossier mais fragile, et toujours déterminé à s’en sortir. L’engouement du protagoniste suffit à vous porter pendant presque deux heures. Bouleversant, McConaughey renforce l’idée que le dernier Nolan (Interstellar)  devient déjà incontournable.

 

Benjamin Bourguignon

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>