Halfweg: entre la vie et la mort

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Le dernier film de Geoffrey Enthoven est une drôle d’affaire. Pendant la première moitié de Halfweg, j’ai cru que le réalisateur belge avait réussi à créer un méchant absolument génial, incarné par Jurgen Delnaet. Oui, pendant 60 minutes,  j’ai cru que le pire cauchemar au monde était de se faire harceler par un homme en slip de bain dans un manoir d’époque Art Nouveau.

Hélas, la suite, trop radine en matière de jump scares, n’a pas réussi à atteindre les sommets précédents. Dommage, parce que tous les ingrédients étaient réunis.  Geoffrey Enthoven, tout frais de son succès avec Hasta la Vista, nous présente un scénario assez audacieux en huis clos: Stef, un architecte divorcé, interprété par Koen de Graeve, emménage seul dans un manoir Art Nouveau au milieu de nulle part. Il s’avère que la demeure est déjà habitée par un autre homme, Theo (Jurgen Delnaet), précédent propriétaire qui veut chasser Stef des lieux. Ah oui, deuxième surprise : Theo est un revenant, un Poltergeist si vous voulez, qui va tourmenter Stef en allumant arbitrairement l’électricité et les robinets de sa maison.

Je n’ai pas peur de l’avouer, Jurgen Delnaet, avec son air hagard et ses apparitions soudaines m’a vraiment foutu les pétoches malgré son look de vacancier. Mais juste au moment où on pensait qu’il allait lever d’un cran pour montrer l’étendue de ses pouvoirs terrifiants, qu’il allait faire sombrer Stef dans la folie la plus totale (en lui montrant sa facture d’électricité ?)… Enthoven en décide autrement. Parce que son film n’est pas un thriller. Halfweg se veut plus subtil. Le film se prolonge vers la résolution du mystère du terrifiant fantôme en slip de bain en mélangeant humour et romance. Une certaine connivence semble se créer entre les deux personnages pour finalement aboutir vers un déversement d’eau tiède assez frustrant.  La seule chose à retenir de cette seconde partie est l’intervention assez touchante d’Evelien Bosmans, qui joue la fille du défunt Theo.

Je dois quand même mentionner l’excellent choix d’Enthoven pour les lieux du tournage : la merveilleuse Villa Carpentier (parmi les plus belles réalisations de Victor Horta), à Renaix en Flandre. Le résultat visuel est vraiment agréable, avec une lumière naturelle assez fascinante, même pendant les scènes de nuit. La Villa a aussi ce côté sombre que Geoffrey Enthoven assume pleinement. La noble demeure, dans son isolement en pleine campagne flamande et dans son silence meurtrier,  suscite l’inquiétude chez le spectateur. Malgré la beauté indéniable des lieux, nous nous sentons constamment épiés dans cet enfer paradisiaque.

Sortie dans nos salles le 26 février 2014.

Yann McDowell

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