Du polar et des récits érotiques, voici les découvertes BD du mois de février

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Ce mois de février foisonne de bonnes découvertes BD pour notre chroniqueur. Tour d’horizon.

Torso (Brian Michael Bendis et Marc Andreyko)

« Le premier tueur en série américain » : en voilà un titre qui arrache. Ça tombe bien, la BD plonge son lecteur dans les années 30 à Cleveland, alors qu’un tueur en série arrachait les membres et la tête de ses victimes pour éviter qu’on les identifie et qu’on remonte jusqu’à lui. Simple, mais plutôt efficace, il faut bien l’avouer. Eliot Ness  (vous savez :  le super-flic qui a arrêté Al Capone à Chicago) se charge de l’enquête.

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Basée sur une histoire vraie, cette BD sombre, à la limite du roman graphique, retrace cette enquête. Une enquête en partie fictive car le vrai tueur n’a jamais été arrêté. Néanmoins la BD offre une solution, une explication sur l’identité de ce tueur d’un genre nouveau pour l’époque. Les enquêteurs remonteront loin pour retrouver la trace d’un tueur aux méthodes semblables, un certain… Jack l’éventreur.

Outre le contexte particulier des ces années-là (tadadada), les questions de la pauvreté, de la corruption ou de la police, l’intérêt de la BD réside dans le dessin lui-même. Entièrement en noir et blanc, traitée avec des gros aplats, elle se lit presque comme un story-board. On y découvre des zooms très lent sur les personnages lors des scène graves, des travelings, des fondus où les personnages se dissolvent et réapparaissent. Mais il s’agit aussi d’une pure BD par certains aspects, poussés parfois très loin : des photographies d’époque ont été intégrées dans les dessins, et il faut de temps en temps littéralement retourner la BD pour pouvoir continuer à lire l’histoire, le découpage des cases étant très intelligent.

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Les Cobayes (Benacquista et Barral)

Le pitch de cette BD est simple : deux hommes et une femme ont été retenus pour être les premiers à tester un nouvel antidépresseur. Ils devront rester 21 jours en clinique et recevront une somme confortable. Oui mais. Mais tous ont menti sur leur vie. Tous ont besoin d’argent, et d’autres choses. Et le médicament va avoir des effets secondaires inattendus… en mal comme en bien.

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Ce sujet qui pourrait être pris pour sérieux est traité avec humour mais aussi de manière sensible par ce duo qui n’a plus rien à prouver. L’histoire est réaliste jusqu’à un certain point, et on ne sait si les rebondissements sont farfelus ou augurent simplement le futur de la pharmacologie. Porté par un graphisme en apparence simple, on retrouve dans cette BD des jeux d’ombres particulièrement bien rendus.

Premières fois (10 récits érotiques réservés aux adultes)

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Comme son nom l’indique, cette BD conte dix récits érotiques. Plutôt courts donc, et raconté chacun par un dessinateur différent. C’est la force de ces récits, même si le vrai intérêt se trouve ailleurs: il ne s’agit pas dix fois de la « première fois » des personnages. Ce sont dix premières fois toutes plus différentes les unes des autres : la première masturbation, la première relation homosexuelle, etc.

En noir et blanc, les dix auteurs ont tous représenté à leur manière les corps nus. On a rarement l’occasion de comparer des dessins de ce style, et ça rend ces Premières Fois intéressantes, charnelle, sensuelle, érotique mais toujours sans vulgarité. Le message qu’on en retient : que chaque expérience a été une première fois, et qu’il s’agit toujours de la même tension, que ce soit dans des relations hétérosexuelles ou dans d’autres relations encore moins acceptées (homosexuelle, échangiste, etc.). On en sort grandi, beaucoup plus tolérant après avoir lu cette BD, et ça ne ferait pas de tort à certains pour le moment (Sotchi mon regard) !

Nicolas Pochet

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