Homefront : Fucking rednecks

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Scénarisé par Sylvester Stallone et supposé se dérouler dans le sud des Etats-Unis, Homefront tient d’un bout à l’autre la promesse qui nous est faite à la lecture du dossier de presse : une sacré belle putain d’arnaque.

Le hasard a voulu que quelques jours avant d’aller voir Homefront, je sois tombé sur In the electric mist, bon petit polar du sud des states avec pour tête d’affiche Tommy Lee Jones. Aux manettes : le baroudeur frenchie Bertrand Tavernier, plus connu pour ses films en costumes que pour son amour des Etats-Unis. Et pourtant. On a affaire ici à un petit bijou noir, un scénario honorable, de belles images du bayou et sa musique poisseuse, aérienne et désespérée. Il faut dire que cette zone des Etats-Unis, dévastée par l’ouragan Katrina, ses légendes et son passé esclavagiste se prêtent admirablement bien à cette petite chose qu’on appelle communément « le Cinéma ». Aussi, malgré la tête d’affiche de Homefront, j’ai nommé ce bon vieux Jason Statham, j’avais légitimement ce qu’on appelle « de l’espoir ». Et bien j’avais TORT.

On l’oublie souvent en effet, mais Sylvester Stallone a naguère été oscarisé pour le scénario de Rocky. C’était en 1976. Depuis, Sly n’a jamais vraiment raccroché les gants et encore moins pour écrire ce scénario-là, une adaptation du roman éponyme de Chuck Logan. Soit les déboires de Phil Broker, ex-agent de la DEA coulant désormais des jours paisibles avec sa fille dans un petit bled de Louisiane, genre, pas loin de la Nouvelle-Orléans (le nom de la ville n’est jamais prononcé, l’allégorie, tu comprends… non j’déconne, la vérité c’est que les producteurs s’en foutent, en fait.)

« Mais pourquoi venir ici ? » demande l’institutrice du coin à Jason, lequel ne se sépare jamais d’une casquette visant à le faire passer pour un gars du coin (genre, un redneck). Réponse : « Ma fille voulait un poney. »

Pour ma part, j’ai trouvé cette réplique très drôle mais ça n’a pas duré, puisque le plan suivant montre donc Jason et sa fille à dos de canasson au milieu du bayou. Ça faisait cinq minutes que le film avait commencé.

Alors, à quoi bon. A quoi bon résumer l’intrigue (en bref, y’a des méchants rednecks dans le coin, ils en veulent à Jason pour des raisons bidons puisque le vrai sujet du film c’est : « Et si on cassait du redneck ? », sauf que les gars du coin fabriquent justement de la DROGUE dans des laboratoires secrets, mais Jason est trop fort alors les types vont chercher le gars que Jason a foutu en prison quand il était agent de la DEA et lui vendent sa tête, mais Jason est toujours trop fort et fait péter leur labo après leur avoir brisé les dents à tous).

Oui, à quoi bon dire que James Franco n’est définitivement pas crédible en grand méchant dealer (après Spring Breakers, désolé James mais tu ressembleras TOUJOURS à James Dean, connard); à quoi bon dire que même les scènes d’action sont à chier ; que la Louisiane est filmée comme dans un clip de Justin Timberlake, avec vol de hérons passé à la moulinette du ralenti/accéléré/ralenti, ou que le seul personnage fondamentalement inutile (enfin plus que les autres) de cette histoire soit un pauvre blackos auquel les méchants REDNECKS font payer le lourd tribu « du gars gentil qui doit crever pour justifier que tous les autres GENTILS restent en vie » ? Oui, pourquoi ?

Pourquoi FAIRE un TEL film ?

Et bien, peut-être pour placer cette substantifique réplique dudit noir, sacrifié sur l’autel de la médiocrité intellectuelle des producteurs :

« Shit, I’m dying now. Fucking rednecks, ha ? »

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Sortie dans les salles le 25 décembre 2013.

Clément Boileau

2 Comments

  1. Chaf

    21 décembre 2013 at 5:42

    Je l’aime pas des masses mais ya t’il vraiment besoin à traiter ce pauvre Franco de connard ? Après râler sur un film écrit (première nouvelle Sly sait écrire) par Sylvester c’est comme aller au Mc Do et se plaindre que c’est gras ..

  2. l'auteur

    29 décembre 2013 at 8:54

    C’est vrai, j’ai traité ce pauvre connard de Franco de connard. Je plaide coupable. Mais en vrai je l’aime bien (je viens de voir « C’est la fin » et bon, force est de constater que le type prend pas mal sur lui.) Mais je trouve qu’il s’aime un peu trop (et je connais bien les gens qui s’aiment un peu trop, la preuve, je reviens sur mon propre papier bien des semaines après l’avoir publié). Quant au Mac Do, ben ma foi, ça fait du bien de temps en temps. Mais si on me sert un hamburger avec du val-che à la place du steak et des algues à la place de la salade, je me permets de la foutre à la gueule de celui ou celle qui me l’a confectionné. En plus on est sur les internets, du coup Sly et Franco ne l’apprendront sans doute… jamais. Miam-miam.

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