Smartphone, la génération volée

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Il fût un temps où les téléphones portables étaient admirés pour leur petitesse, leur poids plume et leur autonomie record, symbole d’une technologie en pleine évolution pour le progrès de l’humanité. On y a tous cru, et à raison : le GSM, omniprésent aujourd’hui est un outil formidable qui permet à tous de communiquer de manière rapide, efficace et reste un compagnon bien précieux quand il s’agit de rentrer au milieu de la nuit.

Mais très vite, quelque chose à mal tourné. Si le téléphone portable permet de ne jamais être seul, jamais il ne permet d’être seul… Osez, ne serait-ce qu’une fois ne pas répondre aux mots doux de votre cher(e) et tendre, vous aurez alors une bonne chance de passer un sale quart d’heure, conflit qui ne peut, bien sûr que se résoudre à coup de  » je t’m BB <33″, ou aux appels de votre mère alors que vous vous dandinez sur la scène du Mirano, et risquer de  retrouver vos parents, morts de trouille, qui vous accueille en peignoir, double canon à la main devant la maison. Bon j’exagère. Un peu.

C’est cependant un fait : le téléphone portable est devenu au fil du temps plus qu’un simple gadget, c’est devenu un outil indispensable à notre existence sociale, et au fond, une partie de nous-même. À se demander comment faisaient nos parents…

Humains 2.0

Mais le téléphone portable n’est bien entendu pas le seul élément à avoir considérablement changé notre façon d’exister face aux autres. On se souvient tous de MSN, et des milliers d’heure à nous raconter nos problèmes d’ados, faire de la pub pour notre Skyblog, draguer à coup de « je te (L) tro » ou encore de casser du sucre sur le prof. C’était de bonne guerre, et de toute façon, le professeur en question ne risque pas de le voir au détour d’un wall ou d’un groupe.

Parce que oui, comme si cela ne suffisait pas, il a fallu qu’un geek hipster mauvais-élève-mais-qui-a-quand-même-fait-Harvard révolutionne encore une fois toute la blogosphère, et développe (vole, invente, comme vous voulez) Facebook, le réseau social plus largement visité de la planète. Cette fois, il ne s’agit plus d’innocentes petites pages de conversation, mais bien d’une machine de guerre virtuelle, aspirant sur son passage la moindre miette d’intimité que ses propres utilisateurs s’empressent d’offrir à qui veut les voir, comme des monstres assoiffés de sang, de pouce levés et de reconnaissance sociale.

Au fond, où est le problème ? Il faut reconnaître que l’émergence de la téléphonie mobile et des réseaux sociaux ont considérablement rapproché le monde, ils permettent de rester en contact avec des gens que nous ne verrions normalement plus, sont des outils rapides et dynamiques pour l’organisation de nos soirée et de notre emploi du temps, et moi et moi et moi…Reste que, il faut bien l’admettre, l’informatisation de nos vies sociales a considérablement formaté nos relations aux autres. Dur en effet de faire de nouvelles rencontre sans avoir à l’esprit le vice avec lequel nous nous empresseront de nous décortiquer sur la toile, un subtil mélange de CV, de carnet de santé et de certificat de bonne vie et mœurs. Il est étrange de savoir que nous sommes observés, soupesé par d’autres, non seulement par leurs yeux, mais aussi par leur souris. Difficile de ne pas succomber à la tentation, on n’est jamais trop prudent. Il est étrange que les relations sociales, si humaines, si animalement ancrées en nous, s’effacent dans un brouillard de pixel et s’aplatissent dans des lignes de police taille 12.

Un monstre dans le placard

La technologie faisant son chemin, il eut bien fallu que toute cette pagaille fasse son entrée dans nos poches. C’est alors que notre bon vieux Nokia 3310, notre plus fidèle compagnon s’en alla pour la corbeille et laissa place à son grand frère, plus grand, plus lourd, moins autonome et plus cher (allez comprendre…) : le Smartphone. En passant outre la mauvaise foi, il faut admettre que les possibilités infinies d’utilisation valent bien la peine de boiter un peu.

Le Smartphone se targue de remplacer, à lui seul un étage entier de la Fnac. S’il ne nettoie pas (encore) le linge ou la vaisselle, il peut néanmoins servir de lecteur mp3, de lecteur vidéo, d’agenda, de navigateur web, d’appareil photo, de console de jeu, de coach personnel… Rien que ça. Ah, de téléphone, aussi.

Quelques détails viennent cependant gâcher la fête.  Tout d’abord le prix ; si ses téléphones du futur alourdissent considérablement votre poche, il allège allègrement le portefeuille. Un prix qualifié de normal par beaucoup, étant donné  les fonctionnalités, et le nombre d’appareil qu’il n’est plus nécessaire d’acheter. Et c’est vrai ! À un détail près ; la durée de vie ridiculement courte de ces machines (moins de 2 ans en moyenne), qui oblige systématiquement ses utilisateurs à racheter, encore et encore de nouveaux téléphones…

Les nostalgiques de la belle époque diront que le problème n’est pas la panne, et à raison : le problème est l’absence de réparation, rendue impossible. Impossible pourquoi ? Manque d’intérêt pour les constructeurs ? Vous pousser à en acheter un tout neuf ? Oui, oui, et trois fois oui, mais pas seulement : la miniaturisation des composants, indispensable pour pouvoir faire tenir tant de matériel dans le même téléphone, ainsi que la micro soudure rend très compliquée, voire impossible toute réparation. Pour remédier à cela, il faudrait accepter que votre téléphone fasse la taille de votre boite à tartine…

Des solutions à ce problème sont pourtant en route : le Phoneblock, un smartphone-lego dont toutes les parties sont remplaçables et interchangeable. Une vraie bonne idée, ou un nouveau prétexte pour vendre des composants qui eux aussi, ne tiendrons pas le coup ? A vous de juger. Il reste cependant que si le gaspillage est moindre, cela revient à jeter des composants au lieu de les réparer…

Le Smartphone, un choix intelligent ?

Ensuite, si le Smartphone peut s’avérer très utile dans des situations d’urgence ou d’imprévu, il faut bien admettre qu’on a une fâcheuse tendance à mettre notre propre cerveau en veille, et laisser notre téléphone seul maitre à bord. Les économies de batterie sont certes garanties, il reste que nous somme de moins en moins confrontés à l’imprévu, et que si il était inconcevable de sortir sans GSM, il devient, semble-il difficile de sortir sans une connexion internet dans la poche. La nomophobie, déjà devenue la norme, semble elle aussi, évoluer.

Ne jetons cependant pas (tout) le bébé avec l’eau du bain. Les Smartphone, et la technologie de manière générale, peuvent constituer un vrai pas en avant dans nos vies de tous les jours, à condition de garder en tête qui si c’est lui qui fonctionne, c’est nous qui marchons…

Thibault B.

1 Comment

  1. djoo

    24 novembre 2013 at 9:00

    Ça manque un peu de profondeur tout ca…

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