Ridley Scott se perd avec son conseiller

cartel

The counselor, Cartel en Français (car c’est sans doute trop difficile de comprendre ce mot qui signifie conseiller), est le dernier-né de Ridley Scott. Gladiator, The East, La chute du faucon noir, Hannibal font partie de ses bons films. D’autres appartiennent à la légende (non, pas Tom Cruise) du cinéma, comme Blade Runner ou Alien. On oubliera certaines autres réalisations plus récentes et assez bancales. Alors quand le scénariste McCarthy décide de s’attaquer à un scénario sur les cartels de la drogue qui sévissent entre le Mexique et les USA, on tend l’oreille. On l’avoue, le synopsis donne envie: « La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales. » Et on ouvre les yeux quand on aperçoit le casting, très alléchant, avec Javier Bardem, Michael Fassbender, Penélope Cruz, Brad Pitt ou encore Cameron Diaz (littéralement en cougar). Il y a même Bruno Ganz, ainsi que des acteurs de Game of Thrones et Breaking Bad! Pourtant, au final, on s’ennuie ferme devant le film qui dure deux longues heures. Pourquoi?

Commençons par les qualités du film, qui en possède. Scott ne filme pas comme un amateur et il faut l’avouer, le film et ses images sont belles et agréables. C’est plus sur le fond que le film échoue à nous séduire. Le nihilisme et les discussions interminables sur la mort, la morale, les conséquences de nos actes, tombent à plat sans jamais vraiment intéresser. Presque comme si le film voulait singer, sans y arriver, les dialogues géniaux de Tarantino. Un comble puisque la presque totalité du film se consacre à ces échanges verbaux, loin de joutes endiablées. Le tout lourdement saupoudré de sexe et de morbide. Les méchants aiment les snuff et Cameron Diaz fait l’amour à une voiture (et pas de la façon que vous imaginez). On ne se prend pas d’affection pour les personnages qui tombent tous trop facilement dans leurs travers, on suit vaguement le semblant d’intrigue brouillonne et on se demande où tout ça va nous mener. Nulle part.

Il semblerait que les Cartels soient donc capables d’assassiner à distance vu que nous avons failli mourir d’ennui face à ce film creux qui méritait pourtant tellement mieux de la part de son réalisateur. Pour citer le magouilleur du film, incarné par Bardem, « j’étais juste pétrifié » devant ce film.

Sortie dans nos salles le 13 novembre 2013.

Cédric Dautinger

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