Témoignages sur le blocage du CA à l’ULB

comac

Les évènements d’hier, et la violence avec laquelle la police est intervenue, vont forcément bousculer la vie de notre université. Au moins cela a le mérite de stimuler le débat. Or, s’il y a bien quelque chose qui manque aujourd’hui à l’ULB c’est justement du débat. Revenons du coup sur les évènements d’hier.

Certains nous accusent de nous autoproclamer « représentants de l’entière de la communauté étudiante ». C’est faux, nous n’avons aucunement cette prétention. Ce que nous constatons seulement c’est que 90% des étudiants sur le campus sont incapables de parler du contenu de la réforme, et que sans doute une énorme majorité ne sait même pas qu’on est en train d’avaliser la plus grande réforme depuis 50 ans à l’ULB. Voilà le constat qui selon nous justifie notre action. Nous pensons qu’il n’y aura pas de « démocratie » tant qu’il n’y aura pas  d’information et de débats. Les valeurs du libre-examen dont notre université aime tant se revendiquer doivent s’exprimer dans des actes.

Par ailleurs, la centaine d’étudiants dont on parle pour le blocage sont certes une « poignée » (dixit les autorités), mais pour y avoir moi-même participé je peux vous dire que c’est toujours plus que le nombre d’étudiants qui ont participé aux « consultations » convoquées par les autorités. Ces consultations organisées aux mois de Mai et Septembre (principalement avant la rentrée – c’est-à-dire les meilleurs moments pour qu’il y ait le moins de monde possible), qui étaient annoncées royalement par … un e-mail. Je pense que les autorités devraient donc surtout s’inquiéter du fait que c’est une très très petite minorité de la communauté étudiante (et universitaire) qui a en fait pris part au débat sur cette réforme fondamentale de notre université.

Je sais qu’on tente actuellement de nous faire passer pour des « extrémistes » (voir communiqué des autorités), mais je vous laisse juger sur base de ce qui est demandé ci-dessus si nous sommes tellement « extrêmes ».  Rappelons aussi que les extrémistes que nous sommes ont bloqué le vote d’une réforme sur laquelle tant le BEA que les syndicats se sont officiellement positionnés contre.  Certes pour des motifs qui sont souvent différents et divergents, mais qui prouvent qu’on est donc très loin de la « large majorité qui soutiendrait la réforme » selon les autorités[1]. Et précisons encore qu’une pétition qui appelle à un large débat sur le campus s’est lancée il y a une semaine et a déjà récoltée plus de 2.000 signatures…

Ce que les autorités qualifient aujourd’hui d’extrémisme, c’est le fait qu’une partie des étudiants ne se sont pas laissé faire et ont décidé de défendre leurs convictions, leurs valeurs et leur idéal démocratique de manière conséquente. Et je le revendique : ce n’est pas bloquer le processus démocratique mais au contraire c’est lui donner vie. Je sais que dans notre université nous vivons des temps où le refus de la contestation n’a sans doute d’égal que la glorification de celle du passé, mais il faut être de tout de même solidement borgne pour ne pas voir qu’on ne peut pas sans cesse défendre les valeurs de Mai 68, le libre-examen, le refus de se soumettre à un dogme d’un côté et de l’autre refuser de dialoguer avec toute forme d’action qui sorte du cadre institutionnel. Où sont passés les valeurs d’insoumissions de notre université ?  Que signifie encore le « L » de notre nom ?

Nous demandons donc le débat. Voilà le mot d’ordre de notre blocage : « nous refusons de vous laisser décider dans votre coin en secret d’une réforme d’une importance fondamentale pour l’université ». Reportons la décision et osons le débat dans notre université.

Par contre, je condamne catégoriquement l’attitude d’hier des autorités. D’abord le choix de prendre la fuite avant même la rencontre avec les étudiants[2]. Mais surtout, le choix de faire appel à la police contre les étudiants. La police n’a pas hésité à faire usage de la violence de manière disproportionnée (matraques et morsures de chiens – plusieurs vidéos circulant sur le net en témoignent) et face à cela les autorités sont restées totalement passives. C’est tout simplement inacceptable. Et encore plus inacceptable est la communication de nos autorités (« Nous condamnons les violences qui ont empêché la tenue d’un débat démocratique auquel les étudiants administrateurs eux-mêmes désiraient prendre part ») qui sous-entend que la violence est venue des étudiants qui manifestaient. Rien n’est moins faux, tous les témoins peuvent l’attester et les autorités perdent tout crédit en prétendant cela

Les désaccords peuvent (et doivent) exister, mais on ne peut pas ainsi jouer avec la vérité et se mettre du côté de ceux qui ont utilisés la matraque comme seule réponse à la contestation étudiante.

L’université est aujourd’hui à un moment important de son histoire et il faut que la communauté dans son entier se saisisse de ce débat. J’espère vraiment que cela sera le cas dans les jours qui viennent.

Charlie Le Paige, diplômé à l’ULB, responsable de Comac (mouvement de jeunes du PTB)

[1] D’abord et avant tout parce qu’une large majorité de gens ne savent rien de la réforme…

[2] Précisons que les administrateurs dont on sait qu’ils sont critiques sur la réforme n’ont été prévenus du changement que 5 min avant (!) et avec pour consigne d’être là à 16h alors que le CA devait avoir lieu à 16h30.

 

J’ai pris part à deux séances de « consultation » : de consultation, ça n’avait que le nom. il s’agissait en fait de séances d’exposé, où M. Eraly décrivait une réforme en commençant par des hypothèses qu’il se refusait de discuter (par exemple, « on ne peut pas décider à 60″), enchaînant avec des considérations d’un poujadisme incroyable (on manque « d’hommes (sic.) qui prennent des responsabilités »).

Lors des deux séances où je suis allé, on pouvait « poser des questions », mais en réalité on ne pouvait pas donner d’avis, et ceux qui ont tenté d’en exprimer un se sont fait immédiatement incendier par les autorités présentes (Eraly vociférant)… Il me semble que dans votre argumentaire, c’est un point que vous pourriez souligner, ainsi que sur le fait que lors des consultations, des questions très légitimes ont été soulevées (par exemple : ne risque-t-on pas de multiplier les mauvais choix de pilotage en instaurant des GT « ad hoc », les expériences récentes semblant montrer que ce « mode de gouvernance » est relativement inadapté à la structure ulbiste – e.g. les choix posés par le groupe d’experts smiley), mais que ces questions n’ont jamais trouvé de réponses. Le « plan initial » n’a pas été amendé d’une virgule suite aux « séances d’information »…

Enfin, le mode de consultation sur les amendements aux statuts était lui aussi grotesque : tous les avis étaient « disponibles pour lecture au greffe »… quels administrateurs ont pris le temps de s’y rendre ? Et peut-on légitimement considérer qu’un délai de 22 jours en septembre (en pleine période d’inscriptions et de début des cours !) est suffisant pour prendre connaissance et donner un avis pertinent sur un document aussi technique que celui soumis à consultation ? (par ailleurs, la dernière séance d’info se tenait le dernier jour où il était possible de faire part des commentaires).

Un travailleur anonyme de l’ULB

7 Comments

  1. Maxime

    15 octobre 2013 at 1:23

    Je trouve ca fort dommage de presenter directement ces deux temoignages fort orientes sans presenter les faits ni donner la parole aux autres personnes concernees…

  2. LaPige.be

    15 octobre 2013 at 1:37

    Effectivement mais l’avis officiel se trouve très facilement. On essaye d’y voir plus clair mais l’agitation d’hier n’aide pas pour le moment. Nous continuerons de vous tenir informés si de nouveaux éléments nous parviennent.

  3. Nicolas Boucher

    15 octobre 2013 at 3:16

    Hier, une centaine d’étudiants de l’ULB pour les uns et une poignée pour les autres ont bloqué la tenue du CA sous prétexte que le réforme de l’ULB ferait disparaître le sens du « L » de notre institution. Mais qui sont ces gens qui fustigent la démocratie ? Qui représenteez-vous ? Aucune idée, certainement pas moi.

    Lorsque vous osez vous exprimer sur la pige en ces termes : «90% des étudiants sur le campus sont incapables de parler du contenu de la réforme » je me demandent d’où vous sortez. Sur mon groupe FB un autre de ces défenseurs de la Démocratie parle que « tous les membres de la communauté universitaire (étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs) pourront s’exprimer » je vous réponds que cela a déjà été le cas.

    Incapable ? Cela veut dire que je suis certainement trop con, trop bête, trop débile que pour pouvoir me forger ma propre opinion sur ce qui se passe au sein de mon alma mater. Ou alors que je fais partie de l’élite de l’élite du pays, car je me considère dans les 10 %. Cela veut également dire que notre Université est probablement mauvaise, si elle ne sait pas former ses étudiants à penser par eux-même.

    Lorsque vous vous plaignez que les courriels sont tombés en juin et septembre pour que les étudiants ne puissent pas répondre, je me demande si vous avez décidé de partir faire un stage de désinformation en Corée du Nord pendant trois mois vu que vous n’aviez pas accès à internet. En quatre mois, nous n’avons pas entendu parler de vous et vous vous présentez comme les nouveaux Robin des Bois qui, vous, avez heureusement tout compris et que vous vous battez pour les pauvres (d’esprit) que nous sommes.

    Ceux qui me représentent, ce sont les étudiants administrateurs qui, eux, ont été élu par la communauté étudiante. Je me suis déplacé pour voter pour des étudiants qui se battent pour notre cause avec des valeurs de concertation, de dialogue et de représentativité propre à ma vision personnelle de la Démocratie.

    Par contre, à vous, ce groupe de défenseur du « L » de notre Université, je pose une question : « Où étiez-vous lorsque les étudiants se sont fait spoliés par quelques illuminés du B.D.S. ? » Vous qui êtes au courant de tout, vous savez donc que depuis que ce cercle a été créé et accepté par nos autorités, l’accès au statut de « cercle politique », la mise à disposition des salles ou encore la tenue de débat sur notre campus a été très limité, dans certains cas, même interdit. Par exemple, le Parti Pirate ne peut pas être reconnu. Cela évidemment, vous l’avez passé sous silence.

    Vous parlez de 1968, je réponds que nous sommes en 2013. Vos méthodes sont violentes, ringardes et indignes des défenseurs de dialogue. Au même titre que pour le Burka Bla-Bla, il est temps que le droit au débat et les valeurs défendues par tous les libres penseurs que nous sommes s’élèvent. Il faut que le chahut traditionnel se mue en un dialogue contradictoire et respecté par toutes les parties et ne soit pas pris en otage par quelques gueulards en soif de médiatisation.

    Mais par dessus-tout, il est plus que temps que les prêcheurs de bonnes paroles de tous bords se souviennent que la légitimité ne s’obtient que par les urnes et que s’ils représentent quelqu’un, c’est uniquement eux-mêmes. Vous ne représentez personne d’autre que vous même, certainement pas l’ensemble des étudiants et encore moins moi-même.

    Ayez le courage de vos opinions et de vos actes, car vous êtes seuls.

    Nicolas Boucher, BAC3 Sciences Po.

  4. Selim

    15 octobre 2013 at 10:09

    Nicolas, ton intervention est un sommet rhétorique!
    Tu m’excuseras la forme, je n’ai pas le temps d’une étude approfondie, juste quelques remarques éclairantes sur les procédés du discours dont tu abuses, petit canaillou! (ceci en est un, par exemple, et tu l’utilises aussi.)

    Nicolas Boucher

    15 octobre 2013 at 3:16

    « Hier, une centaine d’étudiants de l’ULB pour les uns et une poignée pour les autres ont bloqué la tenue du CA sous prétexte que le réforme de l’ULB ferait disparaître le sens du « L » de notre institution. Mais qui sont ces gens qui fustigent la démocratie ? Qui représenteez-vous ? Aucune idée, certainement pas moi. »

    Ici, la sommation à la légitimité, et représentative de surcroit. L’aveu de faiblesse du « certainement pas moi » permet de prendre la position de hauteur chère au politologue que vous êtes. Ceci n’est pas (encore) une insulte.

    « Lorsque vous osez vous exprimer sur la pige en ces termes : «90% des étudiants sur le campus sont incapables de parler du contenu de la réforme » je me demandent d’où vous sortez. Sur mon groupe FB un autre de ces défenseurs de la Démocratie parle que « tous les membres de la communauté universitaire (étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs) pourront s’exprimer » je vous réponds que cela a déjà été le cas. »

    « Lorsque vous osez… » Splendide. « Alors les trouffions, vous avez un avis? ben les avis, c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un! » eussiez vous pu dire également.
    Et tout le monde s’est tellement exprimé qu’on voit encore des traces des féroces débats et que les urnes de consultation n’ont pas encore été toutes démontées. Bien sûr.

    « Incapable ? Cela veut dire que je suis certainement trop con, trop bête, trop débile que pour pouvoir me forger ma propre opinion sur ce qui se passe au sein de mon alma mater. Ou alors que je fais partie de l’élite de l’élite du pays, car je me considère dans les 10 %. Cela veut également dire que notre Université est probablement mauvaise, si elle ne sait pas former ses étudiants à penser par eux-même. »

    Oublieriez vous, cher, votre formation de politologue? C’est pourtant elle qui vous permet de maîtriser les ténants et aboutissants de ce texte, autrement plus obscure pour un licencié en pharmacie, par exemple.
    Je ne résiste pas à répondre à la question cachée: oui, l’ulb craint des douilles, comme dirait une amie.

    « Lorsque vous vous plaignez que les courriels sont tombés en juin et septembre pour que les étudiants ne puissent pas répondre, je me demande si vous avez décidé de partir faire un stage de désinformation en Corée du Nord pendant trois mois vu que vous n’aviez pas accès à internet. En quatre mois, nous n’avons pas entendu parler de vous et vous vous présentez comme les nouveaux Robin des Bois qui, vous, avez heureusement tout compris et que vous vous battez pour les pauvres (d’esprit) que nous sommes. »

    Je ne reviens pas sur la condamnation du messianisme de l’extreme gauche, c’est sans doute sa plus grande tare (quand il se mêle de statistiques à 3 sous et de concensus à l’opinion publique (qui n’existe évidemment pas, et surtout du bon esprit colon classique)
    Reste deux évidences quand même, la question valait sans doute plus que deux mails, et ceux ci tombant aux alentours de vacances scolaires (et oui, bcp d’étudiant se débranchent de l’ulb pendant les vacances, et même pas mal le font pour travailler pour préparer l’année qui suit, parce que ça coute cher, en plus, ces conneries d’études).
    Reste encore qu’en autant de mois, et même si ces étudiants étaient restés actifs, vous n’eussiez eu l’occasion de les entendre, je vous suppose comme d’autre, en vacances.
    Reste enfin le procédé infâmant déjà introduit à la première strophe de votre prose: ils ne sont pas légitimes, ils volent votre voix. Peut être pourrions nous également dire qu’ils se mobilisent pour eux-mêmes, n’étant pas satisfaits des méthodes et des finalités. Mais vous ne leur en ferez pas crédit.
    C’est quand même étrange, non? de reprocher à des personnes de se mobiliser à notre place en les présentant comme incapables de se battre pour eux mêmes.

    « Ceux qui me représentent, ce sont les étudiants administrateurs qui, eux, ont été élu par la communauté étudiante. Je me suis déplacé pour voter pour des étudiants qui se battent pour notre cause avec des valeurs de concertation, de dialogue et de représentativité propre à ma vision personnelle de la Démocratie. »

    Mais tant mieux pour vous, mon cher ami, que vous vous satisfassiez d’élections bidons, sans campagnes visibles, et peinant à atteindre un quorum régulièrement revu à la baisse. Il y a respect des institutions, et rigidité cadavérique, ne confondons pas.

    « Par contre, à vous, ce groupe de défenseur du « L » de notre Université, je pose une question : « Où étiez-vous lorsque les étudiants se sont fait spoliés par quelques illuminés du B.D.S. ? » Vous qui êtes au courant de tout, vous savez donc que depuis que ce cercle a été créé et accepté par nos autorités, l’accès au statut de « cercle politique », la mise à disposition des salles ou encore la tenue de débat sur notre campus a été très limité, dans certains cas, même interdit. Par exemple, le Parti Pirate ne peut pas être reconnu. Cela évidemment, vous l’avez passé sous silence. »

    AAAaaaalors là, vous vous surpassez. On commence par réduire la portée de la fronde menée à une dérisoire défense de signifiant d’un pauvre L (majuscule quand même encore), puis on pose la question qui tue. Le BDS, des illuminés (qui font quand même une campagne internationale qui marche assez bien, soutenue dans de nombreuses universités à travers le monde, et même appuyée par un docteur honoris causa de votre alma mater, mais bon…) responsables de la vague de représsion. C’est un peu fort, non? Alors les autorités de l’ULB refusent tellement qu’on puisse aborder la question des politiques israeliennes sur leur campus, que c’est de la faute de ceux qui veulent en parler?? Et vous vous prétendez libre exaministe avec des arguments d’autorités pareils????
    L’interdiction des débats politiques à l’ULB, Monsieur le politologue remonte déjà à 2006, quand les statuts de la commission culturelle ont été transformés. Les extraordinaires courriel des autorités d’alors répondant aux occupants du Chavane auraient pu, si vous y étiez déjà, vous mettre la puce à l’oreille. Tient, des opposants politiques maculent les murs de caca, disaient ils alors (sic).
    Le parti pirate n’est pas reconnu? Mais savez vous quelque chose des finalités de la recherche en nanotec de votre université? de ses positions sur l’ingénierie génétiques et les brevets sur le vivant?

    « Vous parlez de 1968, je réponds que nous sommes en 2013. Vos méthodes sont violentes, ringardes et indignes des défenseurs de dialogue. Au même titre que pour le Burka Bla-Bla, il est temps que le droit au débat et les valeurs défendues par tous les libres penseurs que nous sommes s’élèvent. Il faut que le chahut traditionnel se mue en un dialogue contradictoire et respecté par toutes les parties et ne soit pas pris en otage par quelques gueulards en soif de médiatisation. »

    La réference à 68 est pourtant, et pour UNE FOIS, nécéssaire. Les statuts réformés ont été adoptés en 68 par l’équipe dirigeante précédente (en substance), après une longue occupation/grève, qui n’a pas vu de flics sur le campus, mais bien autour, avec des guerres facultaires légendaires (le coup des ingénieurs devrait vous faire baver d’envie). En inférer que les manifestants vivent la fleurs au fusil, la MST au futal et l’idéal à la place du cerveau est un classique de la propagande réactionnairè. Réactualisez vous, que diable! Nous sommes en 2013, plus en 2002!!
    En plus, tirer un parallèle avec la burqa pride est au mieux ridicule (ce n’est pas du tout le même sujet, les mêmes enjeux, ni même les mêmes personnes), au pire malhonnête. Rappelons que le chahut couta son poste à un assistant, qui fut de plus vilipendé dans les médias, menacé dans son intégrité, et ruiné par des frais d’avocat. Bravo la tradition de liberté de parole et de respect de la contradiction, ce n’était qu’un chahut, et d’une fumiste imposture, telle que C. Fourest se revêle.

    « Mais par dessus-tout, il est plus que temps que les prêcheurs de bonnes paroles de tous bords se souviennent que la légitimité ne s’obtient que par les urnes et que s’ils représentent quelqu’un, c’est uniquement eux-mêmes. Vous ne représentez personne d’autre que vous même, certainement pas l’ensemble des étudiants et encore moins moi-même. »

    Allez, et cela dit, consentirez vous à arrêter de leur prêter mille maux? Parce qu’en fait, votre égotisme vous laisse peut être entrevoir que la politique, c’est aussi considérer l’ensemble des petits « moi je » dans des tout, cohérents ou en recherche de cohérence.
    Mais bon, je suis pas politologue, moi.

    « Ayez le courage de vos opinions et de vos actes, car vous êtes seuls. »

    Pour le coup, c’est plutôt toi qui est tout seul, mon pote.

    « Nicolas Boucher, BAC3 Sciences Po. »

    Selim Blieck, fatigué.

  5. Corentin

    16 octobre 2013 at 2:27

    Parenthèse:
    Si les autorités de l’ULB limitent la liberté d’expression sur le campus, je ne vois pas pourquoi il faut mettre ça sur le dos du BDS.

    Le cercle a été reconnu (entre autres) par les mêmes étudiants administrateurs dont tu sembles satisfait qu’ils te représentent.

    Le fait est que ce que le BDS a à dire en dérange plus d’un. Mais à quoi bon le débat si c’est pour n’avoir que des discussions consensuelles?

    Par ailleurs, si tu n’arrives à organiser des événements sur le campus, il existe une méthode testée et approuvée: aller trouver les cercles reconnus et demander leur soutien comme prête-noms.

    Tu écris: « Par exemple, le Parti Pirate ne peut pas être reconnu. Cela évidemment, vous l’avez passé sous silence. » là, ça me semble de la parano. Je ne vois pas bien en quoi La Pige a « intérêt » à passer ça sous silence.

    Personnellement je n’étais simplement pas au courant. La meilleure solution est probablement de réunir les cercles existants et les cercles en quête de reconnaissance pour agir ensemble et exiger une reconnaissance ou la possibilité pour tout étudiant de réserver des locaux. Attention, je crains que le débat ne suffira pas mais qu’il faudra créer un rapport de force. Oui je sais, c’est ringard, violent, tout ça, mais il semble que ce soit comme ça que ça marche.

  6. Charlie Le Paige

    16 octobre 2013 at 9:33

    Nicolas Boucher, merci pour cette tranche de mauvaise foi.

    Il faut effectivement être solidement de mauvaise foi pour interpréter ma phrase sur les étudiants dans le sens qu’ils seraient « trop bête ». Tout dans mon texte explique qu’il y a surtout eu un manque d’information et une volonté délibérée de ne PAS impliquer les étudiants.

    Votre mauvaise foi vous fait commencer par un argument que j’ai moi-même démenti en premier : non je ne prétends pas représenter tous les étudiants. Et certainement pas vous.

    Votre mauvais foi vous fait omettre ou oublié (je ne sais où vous étiez en vacance à ce moment là?) que depuis le début de la phase publique de la réforme nous avons contesté de nombreux points et mener le débat, c’est ce qui a finalement contribuer à aboutir à ce que le BEA vote contre la réforme. Pour le reste, je trouve tjs extrêmement dommage ceux qui considèrent qu’aujourd’hui, « un courriel c’est la démocratie ». Mais chacun est libre d’avoir sa propre conception de la démocratie.

    Par ailleurs, votre mauvaise foi ne rivalise qu’avec la pauvreté de votre raisonnement (surtout pour un étudiant en science politique). Prenons votre raisonnement : si la démocratie se limite à la représentation et que votre étudiant administrateur vous représente, alors désolé de vous dire que vous êtes opposés à la réforme et pour le blocage. C’est en effet la position que tiens au sein de BEA Sarah Schmit, étudiante administratrice de la fac de sciences sociales et politiques, élue avec plus de 60% des voix (et il y avait 5 listes) malgré qu’elle soit aussi membre de Comac (« ce groupe qui va faire des stages en Corée du Nord » (sic)). Heureusement pour vous la démocratie ne se limite pas à la représentation et vous avez encore le droit de vous exprimer et d’agir selon vos convictions, même si elles ne sont pas celles de votre représentant. De manière plus générale, je pense que la représentation est un facteur de la démocratie mais ne lui est certainement pas suffisant. Dans l’histoire de nombreux exemples le montre, par exemple par celui du vote sur le référendum en France en 2005 où 90% des élus appuyaient le « oui », mais où après un large débat, 55% de la population a choisi le « non »…

    Je ne sais pas quel est votre délire sur BDS (j’étais représentant à la Cocu jusque juin et je n’ai jamais entendu parler de ça), mais vous seriez bien audacieux (et c**) de prétendre qu’un blocage de la reconnaissance des cercles politiques seraient la faute à ceux qui ont défendu BDS. C’est justement tout le contraire. Et ce droit qui était refusé à BDS pour des raisons politiques ne peut pas être enlevé à d’autres, peu importe leur couleur politique (excepté évidemment les organisations fascistes). Mais le combat pour BDS allait de ce sens. Pour dire l’inverse il faut, soit manquer beaucoup d’infos, soit être un sioniste pur et dur…

    Enfin, vous parlez de débat contradictoire mais en fait vous voulez justement l’éteindre. Nous ne sommes manifestement pas d’accord. La principale différence entre vous et moi, c’est que vous gémissez pour que « les gueulards » se taisent, moi je me bat pour qu’on puisse avoir plus de débats, de vrais débats. Alors, même si vous préféreriez que je me taise, je vous donne rendez-vous j’espère bientôt sur le campus pour en débattre!

  7. Boucher Nicolas

    18 octobre 2013 at 3:14

    Sur le site suivant, ils m’ont posé une question intéressante : pourquoi je suis pour la réforme?

    http://diffractions.info/2013-10-16-lettre-ouverte-aux-etudiants-administrateurs/#comment-1498

    Voici donc ma réponse :

    “Si je comprends bien, le fond consiste pour vous à un virage néo-libéraliste de l’université argumenté par le terme de « gouvernance » ou » la diminution de la représentation (en nombre et pas en proportion), le directeur général extérieur et le renforcement de l’exécutif », désolé de ne pas l’avoir clairement perçu lors de ma première lecture.

    Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à la lecture de ce document, car j’y puise mes raisons d’être pro-réforme. : http://www.ulb.ac.be/ulb/greffe/documents/docs/RAPPORT-DEFINITIF-JUIN-2013.pdf

    Je ne vais qu’énumérer les trois principaux. Dans toute la lecture de ce rapport, je n’ai rien trouvé à redire : c’est intelligent, efficace et, surtout, reste dans un esprit ULBiste.

    Premièrement : Les missions mêmes de notre Université n’ont pas été touchées. C’est à dire que les buts et les fondements de l’Alma Mater sont respectées.
    Deuxièmement: Je suis d’accord avec le fait qu’un trop grand CA nuit à l’efficacité et qu’il était temps de scinder entre un conseil d’administration et un conseil académique. Ce dernier, » Conseil académique (CoA), présidé par le recteur, devient l’organe responsable de la définition et de l’exécution de la politique académique de l’institution, telle que définie selon la mission de l’Université ».
    Troisièmement : il y a bien respect des minorités avec la création d’une « sonnette d’alarme » lorsque au moins 1/3 (oui, seulement 1/3) d’un des conseil n’est pas d’accord.

    Il reste également un autre principe qui m’anime : celui de la confiance. Je suis fondamentalement convaincu qu’il faut constamment être vigilent au niveau des autorités et ne jamais se soumettre, mais cela ne veut pas dire qu’il faut absolument les diaboliser.

    Quant au courant néo-libéraliste et le manque de financement des chercheurs, il ne faut pas remettre cela sur notre Université, mais sur un problème politique. Je vous rejoins entièrement sur le point que c’est une honte que nous nous retrouvons dans une société qui devient intellectuellement élitiste et veux « gommer » les avancements obtenus pour l’accès aux études. Dans ce débat, à aucun moment, je n’ai trouvé un chemin voulant aller dans ce sens.

    Enfin, il était normal qu’une réforme des statuts se soit mise en place : 68, c’était il y a 45 ans.

    Lorsque je lis votre lettre ouverte ou lorsque j’écoute les « bloqueurs », je n’ai jamais eu l’impression que ce rapport ait été lu, critiqué ou simplement mentionné. Cela a été une reprise politique à quelques semaines des élections universitaires pour démonter le BEA. Attention à ce jeu dangereux, car c’est le seul organe reconnu par l’Université au sein du C.A. Ce qui ne veut pas dire que le BEA soit blanc comme neige, au contraire. La récolte des signatures, les informations, les combats auraient dû être menés par eux. De toutes façons, leur « incompétence » s’était déjà manifestée dans le dossier Respublicae. (cela vaut la peine d’y jeter un oeil).

    Comme je l’avais écrit dans mon pamphlet, je suis heureux de faire partie des 10% des étudiants qui suivaient le projet. J’ai également fait partie de tables rondes pour l’amélioration de l’UV. Et c’est pour cela que je n’ai pas compris pourquoi les étudiants ont été aussi virulents face à la réforme, car l’ULB travaille de façon transparente et démocratique.

    Pour moi, le combat mené par ces associations et les bloqueurs n’ont mis en avant que la manipulation et la désinformation basée sur des questions idéologiques et non factuelles. Ces mouvements doivent également passer dans le XXIe siècle et trouver des méthodes modernes et intellectuellement honnêtes pour pouvoir faire passer leur message.

    Nicolas”

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