Slow Food Story, un documentaire avec du goût, du talent et du coeur au Festival des libertés

438130363_640

Carlo Petrini. Cet Italien, dont le nom ne vous dit probablement pas grand chose, est le fondateur du mouvement aujourd’hui mondial slow food. Si cela ne vous dit rien non plus, sachez que le slow food est un mouvement dont la devise est : good, clean and fair.

Dans ce mouvement, on estime que la nourriture devrait être bonne à manger. Or, le bon est une affaire de cultures ; il faut donc les respecter. Toutes. La nourriture doit être clean, c’est à dire propre, sans pesticides ni OGM, ni quoi que ce soit de nuisible à la santé humaine . Et enfin fair, parce que la nourriture doit permettre à ceux qui la produisent d’en vivre équitablement.

Le documentaire Slow food Story revient, de manière parfois un peu kitch, sur l’histoire de Carlo Petrini et de ses amis, liés à la gauche radicale (et c’est un compliment) qui se trouvent à la base de ce mouvement.

Extrême-gauche

Homme d’extrême-gauche vivant dans le Nord de l’Italie, il lance dans sa jeunesse une radio pirate, une des premières dans le genre. Après avoir bien évidemment été arrêté pour avoir touché au monopole de l’État sur la radio, Carlo et ses gourmands amis commencent à s’intéresser à la nourriture, qui se voit attaquer par l’industrialisation, l’économie mondiale et le non-respect des classes paysannes. L’arrivée de Mc Donald sur une des plus belles places d’Italie, Place d’Espagne, met le feu aux poudres. « Pourquoi un Esquimau devrait manger comme un Marocain?« , demande-t-il. Contre la restauration rapide, la réflexion critique et le mieux manger.

Au fil des années, les voilà qui créent un restaurant local, un festival gastronomique, une revue gastronomique, ils sont les premiers à lancer des foires aux vins dans le nord de l’Italie, et créent d’ailleurs un guide des vins.

Toujours actif

Toujours actif et jamais en repos, Carlo fait le tour du monde pour défendre les producteurs locaux en Afrique, en Inde, en Amérique Latine. « Si quelqu’un vous dit que ce que vous faites appartient au passé, surtout ne l’écoutez pas« , leur lance-t-il, toujours dans le militantisme.  Il organisera  un rassemblement des producteurs de nourriture du monde entier. Le but ? Tisser des liens, communiquer, être solidaire contre le tout à l’industrie.  Il rencontrera les puissants aussi, et devient ami avec le prince Charles.

La liste n’est pas encore finie, ce curieux personnage en vient aussi à fonder une « université du goût », non pas pour le formater, mais pour apprendre à développer son esprit critique.

Critiques

Le documentaire ne laisse pas de côté les critiques qui lui sont faites. « Dans le mouvement slow food, les femmes ont un rôle de faire-valoir« , explique l’une des premières militantes sur des images de cuisinières au sourire forcé. Carlo serait « prisonnier d’une conception ancienne de la culture et de la nourriture« ,  il serait contre l’évolution. Son mouvement a également été récupéré à droite, la partie protection de la nation et de sa culture nationale notamment.

Slow Food Story fait le pari intéressant de ne pas parler du slow food, mais de l’homme qui l’a créé, des événements de sa vie qui ont influencé ses idées et donc son mouvement, permettant de le comprendre d’autant mieux. A discuter comme un bon plat !

Nicolas Pochet et Camille Wernaers

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>