Exsonvaldes, en concert… dans un appartement bruxellois

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Pour la sortie de leur troisième album, intitulé sobrement Lights, le groupe français Exsonvaldes nous avait invité à son concert privé… dans un appartement de Bruxelles. En petit comité, on aura tapé du pied (on s’en fout du voisin), crié sur la reprise de Take on me (on s’en fout du voisin) et bu des bières en parlant fort avec les musiciens (on s’en… il était sans doute de la partie en fait). Nous avons posé quelques questions à Simon, chanteur et guitariste du groupe.

 

Comment se lance l’initiative de jouer dans un appartement? Quelle différence donne cette expérience par rapport à un concert classique?

On le fait assez souvent, en passant par notre page Facebook en demandant simplement de nous envoyer un courriel si vous avez un appartement disponible dans telle ville au moment de notre passage. On a choisi cet appartement parce qu’on a reçu un courriel il y a plusieurs mois, plein d’enthousiasme et avec des photos. Au niveau du type de concert, on aime les deux mais on aborde pas du tout de la même façon un concert dans un appartement que sur une scène. Il y a deux différences fondamentales: la relation avec les gens, on lit sur les visages qui sont à 30 centimètres si tout se passe bien ou pas, et artistiquement parce qu’on ne joue pas avec un micro, ampli, distorsion… Si on veut donner plus d’intensité à un morceau, on ne peut pas juste appuyer sur une pédale d’effet, on doit se dépasser physiquement. Je pense que ça nous apprend à mieux jouer.

C’est votre troisième album depuis votre formation en 2000. Comment décririez-vous votre évolution?

Je crois qu’on essaye de ne jamais refaire la même chose. On cherche des idées supplémentaires à chaque album. Progressivement, ces expériences de concerts acoustiques en appartement a influencé notre travail en studio. On a du coup plus enregistrer en live, on a aussi utilisé plus le synthé, d’autres instruments et d’autres influences. Quand on a commencé, on était très influencé par le rock des années 90, on a essayé d’élargir ça au fur et à mesure en allant voir dans les années 80 tout en voulant rester contemporain, mélanger différentes époques. Une grosse nouveauté de cet album, c’est des chansons en Français et je pense que pour le prochain album, il devrait encore avoir d’autres nouveautés.

Justement, pourquoi varier aussi tardivement vos chansons en passant de l’Anglais au Français?

Au début, on chantait en Anglais un peu au hasard à cause des influences que l’on avait et nos idées nous venaient, que ce soient les mots ou les sonorités, dans cette langue. Puis on a longtemps fait que ça parce que la France nous posait souvent la question, parfois déplacée, du choix de la langue utilisée, comme si on trahissait la culture française. En réaction, on s’est braqué en se disant « jamais en Français, arrêtez de nous faire chier avec ça ».  Sur notre dernier album, on réfléchissait aux nouveautés à apporter et ça c’est imposé avec le recul que l’on avait. Les retours ont été très positifs et on a pris confiance dans notre choix. Pour un artiste, le fait de s’exprimer dans plusieurs langues, c’est une force qui enrichit les propos je pense.

 

 

On a écouté Lights

En effet, il est lumineux le troisième album des Exsonvaldes. Il y a la guitare, ultraprésente et ultraénergique. Il y a les plages electro, qui épicent le tout. Il y a la sympathie de ce groupe, qui chante l’amour sur fond de désenchantement sur le parquet des appartements parisiens ou bruxellois. Rien qui ne révolutionnera la catégorie fourre-tout qu’on appelle aujourd’hui le « pop/rock », c’est vrai, mais de bons morceaux bien arrangés, avec un texte qui tient la route. Et c’est beaucoup à l’heure où l’on semble tout miser sur des Miley Cyrus et autres Rihanna en plastoc. Vous cherchez des artistes à écouter ? C’est ici que ça se passe, pas sur NRJ. Voilà. 

 

Cédric Dautinger et Camille Wernaers

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