Bande dessinée et engagement à l’ULB, vivement le prochain colloque

BD2013-11

Le colloque international sur la bande dessinée et l’engagement méritait bien un bilan. Il est largement positif.

On pouvait avoir un doute. La bande-dessinée, c’est une affaire sérieuse ici en Belgique, et quand on lui accole le mot “colloque”, le réflexe serait à voir dans le neuvième art de la politique partout, tendance humaniste. Ce n’est pas toujours le cas, même en bande dessinée (Franck Miller, l’auteur de 300, est pour tout dire un facho de première). Alors, verdict ?

La bonne idée de ce colloque fut (mais était-ce voulu ?) de ne pas faire intervenir les auteurs de bande-dessinée pour se concentrer sur l’analyse discursive, presque scientifique.  A ce titre, chaque exposé a largement tiré son épingle du jeu. Mention très bien aux premiers intervenants, à qui la lourde tâche revenait d’ouvrir le débat (pas facile, dans cette petite salle surchauffée à l’arrière de la bibliothèque).

Laurent Bozar, de la haute école de la province de Liège, a consacré son exposé à la figure du soldat inconnu, de Jacques Tardi à L’homme de l’année 1917 (Éditions Delcourt) : analyse des planches, scénario, clins d’œil et positions anti-militaristes : il n’était pas aisé de s’attaquer au monstre Tardi et d’en synthétiser l’essence en trois-quarts d’heure montre en main. Ce fut fait, et bien fait.

L’exposé de Sophie Milquet, de l’ULB, n’était pas une mince affaire non plus : il s’agissait d’étudier le traitement de la guerre en Bosnie à travers la bande dessinée. Là aussi, la bonne idée fut de circonscrire l’étude à quelques auteurs, dont certains bien connus du grand public (Enki Bilal, qui avait foulé l’ULB l’année passée) ; sans justement, s’en tenir à des considérations strictement politiques. Scénario en chausse-trappe, ellipses scénaristiques, contexte géo-politique, rien de ce qui fait ordinairement la force de Bilal n’a été éludé. C’était pas gagné.

Par la suite, le colloque s’est un brin refermé sur lui-même, axant ses thématiques sur le nouveau journalisme en bande dessinée. On n’a donc pas échappé à l’incontournable travail de Joe Sacco, et au renouveau du genre à travers les Mooks que sont XXI et consorts… avant de diversifier à nouveau ses thèmes : engagement dans la bande-dessinée jeunesse, réécriture de la guerre, et pour conclure… le paradigme du déchet dans la bande dessinée. Gonflé.

Clément Boileau
Photos Oleg Davydov

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