Le Majordome revisite l’histoire

Qui n’a jamais eu envie d’être une petite souris pour pouvoir tout observer sans être vu ? C’est un peu l’idée de ce film, sauf que dans le rôle de la petite souris, on retrouve un grand : un majordome afro-américain au service des présidents des États-Unis. Basé sur l’histoire vraie du majordome Cecil Gaines, ce film nous emmène faire le tour de sa vie et des sept présidents qu’il a servis à la Maison Blanche.

 

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Il est là, il peut tout voir, tout entendre. Mais il ne doit pas penser, ne pas réagir face à ce qu’il peut entendre en servant le thé au Président et à ses principaux généraux et ne pas avoir d’opinion, surtout pas politique. Alors Cecil Gaines n’en a pas eu.

Sa vie commence en Virginie, le sud profond des USA, qui pratique encore allègrement la ségrégation. Enfant, il travaille déjà dans les champs de coton. Orphelin, il est emmené dans la demeure d’un maître où il apprend à « servir ». Se doutant bien que s’il reste là il ne fera pas long feu, il prend la route. Et il continue à faire ce qu’il a toujours fait. D’abord en Virginie, puis à Washington, où il sera finalement intégré à la Maison Blanche en tant que majordome.

Et l’Histoire, avec un grand H peut commencer. Au détour de la sienne en effet, on va observer avec un regard différent les évènements marquants de l’histoire des USA. Ce qu’Eisenhower pensait de l’envoi de troupes fédérales pour protéger les premiers noirs admis dans les universités par exemple. La baie des cochons, la mort de Kennedy ou comment Nixon traitait son personnel.

Oubliés les livres d’histoire. En suivant les pas du majordome, nous nous trouvons immergés dans ces événements historiques majeurs, des débuts de la Guerre du Vietnam jusqu’à le fin de la Guerre Froide.

Et l’une des subtilités du film, c’est le contraste flagrant entre le père majordome qui ne peut exprimer d’opinion du fait de son métier, et le fils qui prend très tôt position dans le mouvement anti-ségrégationniste. Un garçon engagé qui manifeste, se fait jeter en prison ou pire, le tout notamment aux côtés d’un Martin Luther King jeune. Les rapports père-fils vont aller de mal en pis, alors que celui-ci passe progressivement de la non-violence, jusqu’à flirter avec le mouvement des Black Panthers.

Si le film est un peu long (2h12), il est extrêmement complet, bien documenté, avec des images d’archives incrustées qui donnent une impression de réel. Il vaut toutefois mieux s’y connaitre un peu en histoire afin d’en profiter, car le film se concentre sur la progressive libération des noirs et est destiné à un public américain, les évènements ne sont donc pas tous véritablement expliqués en long et en large durant le film.

 

 

Le film est servi par une belle brochette d’acteurs, tous plus talentueux les uns que les autres, on retiendra surtout Forest Whitaker dans le rôle principal. On nous souffle d’ailleurs qu’il serait l’ un des favoris pour les Oscars grâce à ce rôle.

Sortie le 11 septembre prochain.

Nicolas Pochet et Camille Wernaers

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