JANE: la rentrée à l’ULB vue par les autres

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Ce jeudi 12 septembre 2013, c’est… la ré-ouverture de notre Jefke adorée. Mais pas seulement! C’est également la traditionnelle JANE à l’ULB, pour « journée d’accueil des nouveaux étudiants ». Des jeunes plein d’espoir que l’on peut observer avec cynisme et surtout avec un rire noir (comme les deux vieux du Muppet Show) en se disant « vous ne savez pas encore ce qu’est l’administration de l’université » ou un « tu veux m’acheter mes livres et syllabi à moitié prix » en sachant que les professeurs vont les changer cette année. Mais en coulisse, d’autres préparent aussi leur rentrée et La Pige est partie à leur rencontre!

Un professeur qui nous déclare « la pratique du libre-examen nécessite beaucoup de courage » :

Le 2 octobre 1979, trois ans avant sa mort, Lucia De Brouckère (Bruxelles 1904 – id. 1982) prononçait en tant que professeur honoraire à l’ULB un discours brillant d’accueil aux nouveaux étudiants. Elle commençait par définir le libre-examen, principe fondateur de l’ULB, comme impliquant « le non-conformisme et la critique des valeurs reçues mêmes si elles émanent de l’Université ».

Elle terminait son allocution par ces mots. Ce sont eux que je voudrais mettre en évidence à destination des étudiants actuels entrant à l’université.

« Pour pratiquer le libre-examen, pour se mettre en opposition avec une autorité, pour adopter un point de vue impopulaire dans son milieu, il faut beaucoup de courage. La pratique du libre-examen est difficile. Elle ne correspond à aucune aspiration spontanée des hommes. Ceux-ci sont en général tout prêts à abandonner leur liberté aux pieds d’une idole divine ou humaine qui les débarrasse des responsabilités inhérentes à tout choix personnel. Cette attitude passive, faite de renoncement, de sacralisation des hiérarchies est particulièrement répandue en période de crise comme celle que nous vivons actuellement. Celle-ci est due à l’inadaptation de nos institutions économiques et sociales conçues à l’époque de la machine à vapeur, aux conditions de vie résultant du développement des moteurs à explosion, des centrales électriques, nucléaires ou traditionnelles, de l’informatique…

Les problèmes posés par cette inadéquation sont effroyablement complexes et Monsieur Tout le Monde baisse les bras, abandonnant le pouvoir de décisions aux spécialistes, aux techniciens qui deviennent rapidement des technocrates.

 (…)

Etudiants, Etudiantes, ne restez pas indifférents devant les menaces qui pèsent sur vous tous, mais plus particulièrement sur ceux qui vivront au XXIe siècle. Ne restez pas insensibles devant la répression dont la liberté de conscience est constamment l’objet. Exigez des pouvoirs des mesures concrètes pour assurer la libération de tous les hommes et de toutes les femmes afin qu’ils deviennent créateurs de leur société au lieu d’en être le produit. »

Trente-quatre ans après avoir été prononcés, ces mots résonnent de manière étrangement moderne et contemporaine.

Un jeune assistant anonyme:

La rentrée en tant qu’assistant, c’est la même que quand on était étudiant. En pire.

Déjà, fin août, on voit que l’administration rentre de vacances: ben oui, on a enfin la réponse au mail qu’on a envoyé fin juin! Mais bonne chance pour le retrouver, parmi les 17 « Messages à la Communauté » totalement inutiles que l’on reçoit en double, voire en triple (apparemment, je suis toujours dans la liste des étudiants) et évidemment les quelques mails que l’on reçoit grâce au magnifique bouton « Répondre à tous » que certaines personnes du département ne semblent toujours pas maîtriser. Il y a aussi les invitations à diverses réunions qui ne servent à rien (mais ça, ça n’est pas réservé à l’ULB, chaque patron/manager adore faire perdre du temps à ses employés dans de nombreuses réunions aussi inutiles que diverses), les cours à préparer, les questions des étudiants à anticiper, etc.

Mais outre ces détails, c’est « back to the grindstone » et, au fond, on est quand même content de rentrer – ne fût-ce que pour aller traîner dans la pelouse au soleil, sur ce bon vieux campus qu’on a du mal à quitter.

Propos recueillis par Cédric Dautinger

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