Interview: être étudiant à l’ULB et sportif professionnel

naga

Faire des études à l’ULB et avoir une carrière professionnelle dans un sport, c’est possible. Car notre université ne se limite pas à proposer des infrastructures et des cours de sport aux étudiants! La preuve: plusieurs sportifs de haut-niveau, et étudiants à l’ULB, s’affichent en grand dans le hall des sports du campus du Solbosch ou en petit dans la brochure 2013 d’Esprit Sports. Nous avons rencontré l’un de ces sportifs: l’haltérophile Djihed Naga, qui nous explique son parcours personnel et en quoi l’ULB aide les jeunes sportifs de haut-niveau.

Peux-tu te présenter ton parcours dans les études et dans le sport?

J’ai 25 ans et je suis d’origine tunisienne comme mon nom peut l’indiquer. Je viens juste d’être diplômé après cinq années à la faculté de Solvay, où j’ai d’ailleurs présenté mon mémoire sur le marketing du sport. Au niveau sportif, j’ai commencé très tôt avec du judo et de la gymnastique puis de l’athlétisme, dès 13 ans. J’ai fais dix années en athlétisme avant d’arriver vers 18-19 ans à avoir un très bon niveau national en Belgique au saut en longueur où je sautais sept mètres. Dans la préparation physique, on devait faire une fois par semaine de l’haltérophilie. On a découvert que j’avais un talent dans cette discipline, qui est l’explosion et que j’arrivais à soulever bien plus que mon propre poids. Le coach a repéré ce que je faisais et m’a dit que je pouvais atteindre le niveau international si je poursuivais dans cette voie. Je me suis lancé il y a quatre ou cinq ans et après une année, je partais déjà en Chine avec l’ULB pour les Jeux Olympiques universitaires (NDLR: on vous en reparlera). Après, je suis devenu sportif de haut niveau, je suis parti en Israël et je suis devenu champion de Belgique dans ma catégorie. Maintenant que mes études sont finies, je vais essayer de me consacrer à 100% au sport et espérer aller aux JO de 2016.

Pourquoi as-tu fait des études universitaires plutôt que de te focaliser uniquement sur le sport?

Je pense qu’en Belgique, sauf si tu fais du football ou du tennis, l’avenir est incertain pour les sportifs à cause du manque d’aides financières. Une blessure peut vite arriver et la carrière sportive s’arrêter du jour au lendemain. Pour ne pas me retrouver sans rien, j’ai voulu investir dans mes études en gardant le sport plutôt comme un hobby.

Quelles sont les différences entre pratiquer ton sport à l’école et à l’université?

Le problème avec l’école secondaire, c’est l’horaire fixe. Après un entraînement dur le soir, c’est difficile de se lever pour aller en cours à 8h. A l’université, on peut s’adapter librement en fonction des entraînements et des compétitions. On peut manquer certains cours en s’arrangeant pour trouver des notes plus tard. Mais le problème, ce sont les sessions d’examens où j’arrêtais complètement le sport pendant les blocus pour me concentrer uniquement sur les études. Ma performance sportive se détériorait évidemment un petit peu après les sessions. La préparation de la saison se retrouve diminuée pendant deux mois sur l’année. Je trouve quand même qu’avec les études à l’université, on a le temps de s’investir dans des associations ou dans un sport assez facilement. Le sport de base permet de dégager le stress, c’est aussi bon pour la tête mais à haut-niveau, c’est plus compliqué à cause des deux mois de préparation que l’on perd.

Peux-tu décrire ton expérience aux Universiades (les JO universitaires)?

Partir en Chine avec l’ULB a été ma première expérience internationale comme sportif. C’était comme un rêve qui devenait réalité! Je m’étais préparé au maximum et j’étais le seul représentant en haltérophilie pour la Belgique. L’expérience sur place est énorme parce que tu partages la même passion avec des étudiants du monde entier. On vit la même émotion.

Que fait l’ULB pour aider les jeunes sportifs comme toi?

Je n’ai pas eu d’aménagements spécifiques pour les cours mais on a le droit de demander un report de date pour les cours et examens obligatoires en cas de compétitions ou de stages sportifs. On a aussi accès aux infrastructures sportives de l’ULB et aux conseils du service des sports. Ces aides ne sont sans doute pas assez mises en avant alors qu’il suffit aux jeunes sportifs de venir aux services sport de l’université pour avoir un encadrement professionnel. Ce genre d’aides peut faire la différence puisque la Belgique ne finance absolument pas les jeunes sportifs, sauf ceux des sports connus et populaires. J’ai vu la différence avec l’Allemagne, où les étudiants qui sont aussi sportifs de haut-niveau touchent de l’argent chaque mois.

Photo de couverture de Benoit Chattaway.
Cédric Dautinger

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