Crazy Joe, pas fou fou

C’est l’histoire de Joe. Joe, c’est Jason Statham avec des cheveux longs, sans-abri alcoolo et drogué, bref, au fond du trou. Avant, Joe était soldat dans l’armée britannique. Là-bas, il a peu pété les plombs et depuis, il est dérangé : il voit des colibris (en anglais « Humming Birds », le titre original du film), métaphore de son mal-être consécutif à un stress post-traumatique. Un jour, des malfrats lui tombent dessus et kidnappent son amie clocharde. Ils apprendront à leurs dépends ce que signifie le nom : « Statham ». Mais avant ça, Jason doit se raser les cheveux. Chose faite au bout de dix minutes. Puis il tombe amoureux d’une nonne polonaise. Et il est embauché comme homme de main par la mafia chinoise. Bon.

 

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Juste avant la projection, j’apprends qu’on doit ce film au pitch improbable aux scénaristes des Promesses de l’ombre, petit bijou noir de David Cronenberg sorti il y a six ans. Je suppose que c’est le temps qu’à dû prendre le « scénariste » pour écrire Crazy Joe. J’ai tort. En fait, par « scénariste des promesses de l’ombre », la production voulait dire : « le stagiaire qui a suggéré l’une ou l’autre chose mineure sur ce film », ce qui les autorise légalement à le considérer comme son principal scénariste. Et hop, promo. Bien joué, j’ai failli y croire…

Crazy Joe n’est pas complètement nul. Notamment cette idée (très actuelle, en pleine affaire Snowden) que nous sommes tous surveillés (Humming Birds désigne aussi les drones américains capables d’abattre des cibles à plusieurs kilomètres de distance), que Statham/Joe est persuadé de voir dans le ciel, le traquant continuellement. C’est malheureusement le seul intérêt du film. Pour le reste, disons que c’est du cliché en barre : Il y a de la vengeance envers de vilains proxénètes, une histoire d’amour complètement improbable avec une nonne qui donne à manger aux clochards, des Chinois forcément mafieux et de pauvres répliques entendues mille fois. A ce titre, l’une des dernières du film vaut son pesant de cacahuètes. Jason Statham y tient en joue le meurtrier de sa copine clocharde au sommet d’un immeuble de la city. Voici en exclusivité le script original écrit par « le scénariste des promesses de l’ombre » :

— Mais d’où venez-vous ?

— De la rue.

— La rue ?

— Ah, tu ne sais pas à quoi elle ressemble, la rue. Et bien tu vas la voir de près ! »

Note : Joe balance le gars par dessus la rambarde, tire un coup de feu en l’air, attrape une bouteille de vodka qu’il siffle tout en continuant de tirer en l’air. Plan aérien. Fin.

 

Sortie dans nos salles: le mercredi 10 juillet 2013.

Clément Boileau

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