Edito du lundi : Big Stib is watching you

Chaque lundi, les deux co-rédacteurs en chef analysent et décryptent un fait marquant de la semaine écoulée par un édito et une caricature acerbes. Ne ratez pas cette nouvelle occasion de vous informer. A bientôt !

J’ai deux histoires à vous raconter ce lundi. D’abord, celle de cet usager de la STIB qui, après avoir arraché la puce de sa carte Mobib (parce qu’il s’agissait, selon lui, d’une atteinte à sa vie privée) s’est vu citer au tribunal par la STIB pour lui demander une amende. Aidé par la Ligue des Droits de l’Homme, celui-ci a répondu en utilisant les conventions internationales de protection de la vie privée. Après avoir demandé un délai pour répondre à ses arguments, la STIB s’est désistée. Elle a préféré payer une indemnité: 6 fois le montant qu’elle réclamait au gentil monsieur à la pince facile. La STIB ne peut, ou ne veut, pas répondre à ces arguments, elle ne veut surtout pas que la justice mette son sale nez dans ses affaires. Business as usual.

Un dimanche soir, je rentre chez moi, en tram (je n’ai pas de voiture). Des contrôleurs (je n’ai pas de Mobib). Face à moi, un jeune garçon, qui essaie d’expliquer au contrôleur qu’il avait une carte mais quil a juste oublié de l’oblitérer. Le ton monte. 10 contrôleurs font face au jeune usager. Sûrs qu’ils sont en danger. Tellement en danger que, soudain, un contrôleur s’avance et gifle l’usager. Une bonne gifle hein, sa tête a volé vers l’arrière à toute vitesse. C’était déjà de l’abus de pouvoir et un usage abusif de la force (il est qui, ce kéké, pour pouvoir frapper quelqu’un ? Il a des grosses bobottes et un beau pupull gris avec « contrôleur » écrit dessus alors c’est bon ? ). Le même contrôleur n’avait pas encore fini. Le voilà qui s’avance, fait une clé de bras au connard qui a payé sa carte mais l’a pas oblitérée (terroriste!) et l’écrase contre l’abribus. L’usager ne les avait pas insulté, n’avait pas été violent. Il parlait. « La Stib, facilitez-vous la Ville« .

J’ai énormément de respect pour les chauffeurs qui se lèvent tôt et finissent tard, tout ça pour me permettre d’aller au travail, d’aller au cinéma et de faire mes courses, mais il y a des comportements que je refuse d’accepter.

Et puis bon, quand je critique la carte Mobib, il y en a toujours pour me regarder avec des yeux ronds, genre « encore une tarée« , mais pas quand Edward Snowden, le héros, révèle l’espionnage mis en place par le saint du saint Obama (Yes we can Guantanamo !). Je savais que j’aurais dû m’exiler à Hong-Kong.

 

« Un employeur avait des soupçons par rapport aux trajets à midi de son employé et a demandé à la Stib de pouvoir avoir accès aux trajets qu’il faisait sur le temps de midi ».

« La Stib peut éventuellement avoir intérêt, pour gérer le flux de ses rames, de savoir combien de personnes voyagent à telle heure vers telle direction, mais ils n’ont pas besoin de savoir que c’est vous ou que c’est moi. »

 

Edito33

Camille Wernaers pour l’édito et Cédric Dautinger pour la caricature

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