Le match des séries : The Walking Dead vs In The Flesh

La Pige fait s’affronter deux séries de zombies aux styles bien différents, l’américano-américaine The Walking Dead et la petite anglaise In The Flesh. Pour le meilleur.

 

The Walking Dead : Rick et sa clique contre les zombies

 

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État des lieux : The Walking Dead est une série américaine basée sur la « graphic novel » du même nom, créée par Robert Kirkman. Lui et Frank Darabont lancèrent la version télévisée en 2010. Elle compte trois saisons. La quatrième est actuellement en tournage.

L’histoire : Le début de The Walking Dead fait inévitablement penser à celui du film de zombies 28 Days Later, de Danny Boyle. Après avoir été blessé lors d’une intervention, le shérif Rick se réveille dans un hôpital envahi par les zombies. Il s’échappe de peu et découvre un monde qui s’est complètement transformé durant son coma. Il va alors tout faire pour retrouver sa femme et son fils. Lors de son périple, Rick va rencontrer d’autres rescapés. Il les mènera du mieux qu’il peut dans leur lutte quotidienne pour leur survie.

Le casting : Andrew Lincoln joue le shérif Rick Grimes. Si son visage ne vous était pas inconnu avant The Walking Dead, c’est entre autres grâce à sa participation au film Love Actually. Oui, oui, c’était lui l’amoureux aux pancartes ! Depuis 1996, il joue aussi bien au cinéma qu’à la télévision. En Anglais tant qu’en Français. Car ce Britannique est parfaitement bilingue. Vous l’aurez alors peut-être aperçu dans Comme t’y es belle ! ou encore L’arnacoeur, où il donne la réplique à Romain Duris. The Walking Dead lui offre son plus grand rôle à ce jour. Et c’est avec étonnement qu’on voit ce jeune acteur a priori assez lisse, incarner brillamment le tourmenté Rick Grimes.

Norman Reedus joue le « bad boy » au grand cœur Daryl Dixon. Il faut dire qu’il a le physique pour. Un physique remarqué par Lady Gaga, qui lui offre le rôle de Judas dans le clip du même nom. Un physique qui lui a aussi permis d’être mannequin pour Prada. Au point que son personnage fut inventé pour la série uniquement sur base de l’audition réussie de Reedus! Mais un physique dont il ne s’est pas contenté. Sa filmographie est impressionnante : télévision (Charmed, Les Maîtres de l’Horreur), cinéma (Mimic, American Gangster), mais aussi réalisation de court-métrages et de clips, notamment avec sa propre maison de production ‘Bigbaldhead’. Son charisme fait vite de lui l’un des personnages préférés du public de The Walking Dead. Et lui permet d’être à l’affiche du dernier Iron Man.

Scott Wilson joue le patriarche Hershel Greene. Cet acteur dynamique de 71 ans a commencé sa carrière dans les années 60. Il accède à la notoriété dès son deuxième film, l’adaptation du livre De sang froid de Truman Capote. Il enchaîne ensuite les rôles au cinéma (The Great Gatsby, Dead Man Walking…) et à la télévision (il incarne par exemple le père de l’inspecteur Catherine Willows dans Les Experts). Il est intéressant de noter qu’il a souvent donné la réplique à Stacey Keach, le directeur de la prison de Prison Break. Dans The Walking Dead, Wilson personnifie la force tranquille.

 

Points forts :

The Walking Dead est donc l’adaptation d’un Comics. Cela donne à la série une ambiance et des images particulières. Dans la première saison, il n’est pas rare de se retrouver devant une scène issue directement du roman graphique. Cette fidélité à la BD donne également à la série une esthétique remarquable pour la télévision. Certaines prises de vue sont tout simplement grandioses, et l’on se retrouve à regarder The Walking Dead aussi bien pour l’histoire que pour la beauté des images. Par contre, l’histoire n’est pas la même que dans les bouquins, largement édulcorée pour la télévision et prenant des embranchements différents dans le scénario.

L’histoire est un autre point fort de la série. Les scénaristes arrivent à nous captiver tout en restant crédibles. Chaque semaine nous assistons aux efforts de survie des protagonistes de The Walking Dead. Une survie pas seulement mise en danger par les zombies. Car le scénario n’oublie pas les hommes qui essaient de tirer du pouvoir d’une situation apocalyptique. La série permet de souligner les nombreuses faiblesses du genre humain, tout en montrant à travers Rick et son groupe qu’on peut continuer à s’entraider.

Le casting enfin, est plutôt réussi. Il n’est pas parfait, mais à l’image de Lost, il se dégage du groupe d’acteurs une complicité presque palpable. Cela rend les personnages plutôt attachants.

Point faible :

Certains fans ont été déçus par la saison 3 de The Walking Dead. L’affrontement entre Rick et le Gouverneur n’a pas autant passionné que dans le Comics. Et les problèmes psychologiques de Rick auraient tendance à trop ralentir l’action. Le travail des scénaristes reste néanmoins excellent. Ils continuent de montrer au maximum les répercussions qu’une invasion de zombies aurait sur les humains. Mais il est vrai que la troisième saison perd un peu de rythme. Même si les protagonistes sont plus en sécurité en ne bougeant pas, on espère que la saison 4 sera plus dynamique. On espère aussi qu’Andrea (le seul personnage vraiment insupportable) évoluera. Ou ne reviendra simplement pas.

Actualité : Lawrence Gilliard Jr rejoint le casting de la saison 4. Cet acteur de la série célèbre outre-Atlantique The Wire jouera le rôle d’un ancien urgentiste de l’armée. Une aide éventuelle pour Rick et son groupe ?

 

 

 

In The Flesh : Kieren Walker contre les chasseurs de zombies

 

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État des lieux : In The Flesh est une série britannique créée par Dominic Mitchell en 2013. La courte première saison vient d’être diffusée sur la BBC Three.

L’histoire : Kieren Walker est un jeune homme un peu différent des autres. Il est mort. Plus précisément, c’est un zombie. Lorsque la série commence, il est l’heure pour lui de rentrer à la maison. Le gouvernement anglais a en effet trouvé un médicament qui rend aux zombies l’identité qu’ils avaient à leur mort. Sans plus aucune trace de l’agressivité légendaire des zombies. Ils ne reviennent pas à la vie, ils ne mangent pas, ne boivent pas. Mais avec le bon maquillage et des lentilles, ils passent presque inaperçus. Seulement il y a un hic : lors de l’insurrection des morts-vivants, de très nombreuses personnes ont été tuées. Des milices se sont constituées pour lutter. Et leurs membres ne voient pas d’un bon œil le retour de ceux qu’ils considèrent toujours comme des tueurs.

Le casting : Pas de stars ici, mais des acteurs très justes dans leurs interprétations.

Luke Newberry joue Kieren Walker. Ce jeune acteur de 23 ans connaît ici son premier rôle principal. Mais ce n’est pas un inconnu pour autant. Il joue depuis qu’il a 7 ans, aussi bien à la télévision qu’au cinéma, en passant par la radio et le théâtre. Pour ceux qui suivraient les séries conseillées par La Pige, vous l’avez vu dans Lightfields et même dans le Sherlock anglais actuel. Il incarne à merveille ce jeune homme perdu dans un monde hostile qu’il ne pensait jamais revoir.

Steve Evets joue Bill Macy, le co-créateur de la milice anti-zombies. Né en 1960, ce Britannique commence par servir dans la marine marchande. Mais il se tourne vite vers la musique et la comédie. Il est par exemple bassiste pour le groupe post-punk The Fall. Il joue aussi à la télévision et au cinéma. Si son visage vous est familier, c’est parce qu’il a partagé l’affiche de Looking for Eric avec Eric Cantona en 2009. C’était lui qui campait le fan absolu du footballeur. Dans In The Flesh, son rôle difficile lui permet de montrer l’étendue de son talent d’acteur. A en donner des frissons. Pour l’anecdote, il a voulu que son nom de scène soit un palindrome.

Kenneth Cranham joue le vicaire Oddie, l’autre co-créateur de la milice. Sur les écrans depuis 1968, Cranham est le membre le plus célèbre du casting. Il a connu la télévision et le cinéma, est passé par Hellraiser 2, a joué avec Daniel Craig dans Layer Cake. Il a même incarné Pompée dans la série Rome. Ces dernières années, vous avez pu le voir dans le film Walkyrie ou donnant la réplique à Merlin dans la série éponyme. Il incarne ici le vicaire Oddie avec autorité.

Points forts :

La première qualité d’In The Flesh, c’est son originalité. Quand on entend « série de zombies », on s’attend à voir l’invasion des morts-vivants et le chaos qui s’ensuit. Lorsqu’on regarde les premières minutes d’In The Flesh, on est directement intrigué par l’action. Puis on réalise que si le pitch est original, il n’en est pas moins crédible. Que se passerait-il si nous survivions à une attaque de zombies ? Les gouvernements feraient sans doute ce qu’ils pourraient pour que la vie reprenne son cours. Quitte à soigner des zombies. Et l’originalité ne s’arrête pas là. Dans cette histoire particulièrement bien écrite (il faut le reconnaître), les morts-vivants aussi sont différents. Tous les morts ne reviennent pas à la vie, juste ceux décédés en 2009. Ce qui rend totalement obsolète la contagion par morsure. Et qui laisse les protagonistes tellement habitués aux films de zombies, totalement perplexes. Nous aussi d’ailleurs. Ce qui, à l’air des remakes et autres adaptations, est très rafraîchissant.

L’autre qualité d’In The Flesh, c’est sa façon de questionner notre société. Comme souvent avec les thèmes fantastiques, les scénaristes ont un double-discours. Ils nous racontent une histoire pleine de zombies, mais derrière cela il y a un autre message. Ici ? La tolérance pour la différence. En plus d’aborder le pouvoir que s’attribue l’Eglise en temps de crise, In The Flesh est un cri pour le droit à toutes les différences.

Point faible : Le point faible d’In The Flesh est assez évident. La série ne compte que trois épisodes. Elle devrait bientôt en compter plus. Mais lorsqu’on voit une série comme Beauty and the Beast atteindre les 20 épisodes, on ne peut s’empêcher d’être frustrés. L’arc narratif est achevé, mais les producteurs devraient sérieusement penser à donner plus d’épisodes à la saison 2.

Actualité : Pour l’instant l’actualité de la série est assez calme. Elle s’apprête à être diffusée au Canada. La saison 2 n’est pas confirmée, mais la série est encore en production.

 

 

 

Résultat: c’est…(roulement de tambours) Egalité !

Oui, c’est un peu facile. Mais en dehors du sujet des zombies, qu’elles traitent toutes deux en essayant de rester crédibles, les deux séries sont tellement différentes qu’elles en deviennent complémentaires. The Walking Dead et In The Flesh sont deux visions du monde post-apocalyptique. Deux visions de qualité. Il ne faut alors  rater aucune de ces deux séries. Regarder The Walking Dead lorsqu’on a envie d’une bonne dose d’action, et se tourner vers In The Flesh pour réfléchir en frissonnant. Et pourquoi pas, finir en rigolant devant le film Plaga Zombie : Zona Mutante

Mathilde Corberand

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