Vanishing Waves ou comment dériver sur un océan de fantasmes

Les moments cinéphiles les plus intéressants se profilent parfois dans l’imprévu, une séance passant pour une autre. Si Antiviral du fils Cronenberg nous est passé sous le nez, c’est parce que Vanishing Waves nous a tiré  par les tripes sans nous épargner. Ce voyage onirique lituanien reste l’exception qui confirme la règle, laissant les commentaires vaseux des chauffeurs de salle au vestiaire.

 

BIFFF2013

 

Comme souvent en Sci-Fi, Vanishing Waves se construit dans un futur proche où des scientifiques ont un projet fou qui va révolutionner nos petits mondes d’ignares. Le sujet est d’autant plus surréaliste que l’expérience relève du subconscient : entrer dans les rêves d’un être dans le coma pour tenter de le réveiller !

 

 

C’est donc coiffé d’une perruque d’électrodes que Lukas (Marius Jampolskis) entre dans la tête d’un comateux. Ne connaissant rien de la personne malade, le héros du film voit bientôt plus loin que de simples couleurs et formes pour partager ses moments les plus intimes. Une femme se présente à lui et de là une aventure se construit, entre délires érotiques et psychoses de mort. Un attachement commence entre les deux lurons et Lukas mentira bientôt pour assouvir son plaisir (vice ?) quotidien : y retourner, jours après jours ; la réalité n’a plus d’importance.

Sous des allures de film romantique futuriste, ce long-métrage de Kristina Buožytė se présente plutôt comme une critique de la condition humaine. Quand Lukas s’abandonne à ses pulsions dans un univers irréel, fruit de l’imagination de son hôte, son manque de maîtrise est compréhensible. Mais quand l’expérience a un impact sur sa vie professionnelle et relationnelle, toute la faiblesse de l’esprit humain est remise en cause. Alors, rien de nouveau ici et d’ailleurs le scénario reste loin d’être original (souvenez-vous de The Cell avec Jennifer Lopez) mais la clé du film réside dans l’esthétique, laissant le spectateur béat. Les aficionados du BIFFF aux blagues vaseuses se sont vu couper la chique par un film qui ne prétend ni faire peur, ni faire rire, mais juste vous tenir en éveil. Vous voilà face à un monde tantôt sombre, tantôt psychédélique et toujours en évolution. C’est bien ce qui tient tout votre attention : jusqu’ à quelle profondeur du subconscient Lukas va pouvoir aller ? Comment sera le décor à chacun de ses transferts ? Pourquoi cette femme parait-il s’y tourmenter ? Emballer le tout avec une musique hypnotique et des dialogues énigmatiques et vous voici collé à votre siège, le souffle court, les yeux écarquillés.

 

 

BIFFFboubou

Benjamin Bourguignon

1 Comment

  1. Lauren

    29 mai 2013 at 7:08

    Où peut-on voir le film à Bruxelles ?????

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