Edito du Lundi : Du cul, du cul, du cul

Chaque lundi, les deux co-rédacteurs en chef analysent et décryptent un fait marquant de la semaine écoulée par un édito et une caricature acerbes. Ne ratez pas cette nouvelle occasion de vous informer. A bientôt !

 

SEXE

 

Aaah le sexe.S’il y a bien un truc qui fait tourner l’Internet, c’est bien le cul. La baise. Le foutre. La Pige en a fait l’expérience (non pas celle à laquelle vous pensez). Nous pouvons en effet voir quelles sont les recherches Google qui vous font tomber sur le site (c’est déjà moins sexy). Et cette semaine, ça ne volait pas bien haut. C’était même vachement limité à une certaine partie de nos corps. « Olivia sextape ulb« , « sexe ulb« , « olivia sex ulb« , « porno à l’ulb« , que vous avez tapés. Bande de coquins. Toute personne qui gère un site web est habituée à ce genre de requête, une ou deux par semaine, un petit frustré qui fait mumuse derrière son écran. « Etudiante ulb en chaleur« , genre. Miam.

Tant que ça fait du clic en diront d’autres. 

Cette avalanche de recherches liées au cul et à l’ULB, on la doit à une non-information qui a fait le tour du web, et c’était bien le but. « Les dessous de la sextape de l’ULB » titre la DH, un journal connu pour ses infos de première qualité. Comme la viande qu’on vous fait bouffer. Je m’égare. 

En gros, une meuf fait l’amour avec son mec, tout deux inconnus au bataillon, devant une caméra et des milliers d’internautes, eux aussi tous anonymes. Un des internautes enregistre puis fait circuler la sextape de leurs ébats. Nous sommes face à du scoop, de l’inédit. Je n’ai pas vu la vidéo en question mais pas besoin. La DH nous en donne la teneur, parce qu’il faut informer les gens. Comprenez ? « On y découvre notre ingénieure de formation s’adonner on line aux plaisirs de la chair avec son partenaire. Cela, sans le moindre tabou et… en mode dominée pendant près d’une heure !« .  Quoi ? Vous voulez dire qu’elle a couché… avec son petit-copain !

Pas de quoi fouetter un internaute, et pourtant…

Sinon, un angle intéressant aurait été la critique. Ça existe encore en journalisme ? Analyser cette pratique qui consiste à se filmer et de  s’exposer à des inconnus, cet égo-trip de l’image contemporaine, qui consiste même parfois à filmer sa copine à son insu et à lui faire du chantage ensuite, etc. L’amour 2.0, c’est vraiment magique. Mais non non non, rien de tout ça, d’ailleurs la DH a été jusqu’à interviewer la malheureuse. Qui a l’air au final plutôt contente (de son coup). Qui est-elle, pourquoi est-ce que sa sextape est-elle médiatisée ? On n’en saura rien. 

Par contre, la madame en question est diplômée depuis 2011 de l’ULB. La sextape n’a pas été tournée à l’unif. Quel est, donc, le lien entre cette sextape et l’université, si facilement fait par nos médias? Il n’y en pas. A quand : le SDF de l’ULB, diplômé en 1970, il a perdu son emploi de banquier parce qu’il refusait de vendre des montages financiers dangereux comme étant des montages sains.

Lui aussi, il fait les poubelles. Ce n’est pas le monopole de la DH.

 

« Avec le nombre de mots liés au sexe dans cet édito, tu crois qu’on va faire combien de visiteurs en plus ?  »

Camille Wernaers pour l’édito et Cédric Dautinger pour la caricature (empruntée d’une source médicale très sérieuse!)

1 Comment

  1. Le_M_Poireau

    16 avril 2013 at 4:20

    Tu veux dire que le journaliste pourrait analyser les faits plutôt que de constater leur déroulement ? Nan ? Pas à la DH ! :-))

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