Da Vinci’s Demons : quand la veine des génies s’essouffle

Une nouvelle série vient de débarquer sur les écrans américains (depuis le 14 avril). Et si elle est nouvelle, son sujet l’est beaucoup moins : Da Vinci’s Demons parle de… Leonard de Vinci. Un nom connu dans le monde entier, des œuvres admirées depuis des siècles… Ce que l’on connaît peu, c’est la vie du génie. Plus particulièrement sa jeunesse. Et c’est avec plaisir que l’on se rend compte que Da Vinci’s Demons parle justement de cette période. Le sujet n’est donc finalement pas si bateau, dommage que la manière de le traiter l’est. Explications.

De Vinci in love ?

 

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Une fois passé un générique particulièrement déconseillé aux épileptiques, les premières images de Da Vinci’s Demons laissent un sentiment de déjà-vu. On est presque étonné de ne pas voir débarquer Joseph Fiennes, tant la série semble issue du film Shakespeare in Love. A commencer par son héros. En 1998, nous sommes tous restés bluffés par la vision d’un jeune et beau Shakespeare, plein d’énergie et d’audace. Un coup de frais passait sur les productions historiques. 15 ans plus tard, la chaîne Starz nous ressert la même chose. Le mignon Tom Riley (bien différent de son rôle dans la série Monroe) joue un de Vinci déchaîné, plein d’humour et à contre-courant de la société qui l’entoure. Si cela paraît convenir à la personnalité d’un génie, cela semble surtout vraiment pompé sur Shakespeare in Love. Mais pas seulement.

House et autres génies

 

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Plusieurs personnages extrêmement intelligents et un peu décalés sont nés dans les années qui ont suivi Shakespeare in Love. Le premier auquel on pense est le Dr House. Ce diagnosticien hors pair a fait le bonheur des téléspectateurs, tantôt en les impressionnant, tantôt en les amusant par son côté misanthrope. Malheureusement pour lui, House n’est pas seul dans sa catégorie. On peut également citer le nouveau Sherlock Holmes anglais (Sherlock), tellement focalisé sur la résolution d’énigmes qu’il ne mémorise que ce qui lui sera utile. C’est ainsi que le système héliocentrique passe à la trappe, et qu’on regarde en souriant le Dr. Watson essayer de lui inculquer le b.a.-ba des manières. Le héros de Psych est également de ces génies hors norme. Il fait le fou, tout en remarquant le moindre petit détail autour de lui. Il existe bien sûr d’autres personnages de ce genre. Mais Grégory House, Sherlock Holmes et Shawn Spencer suffisent à souligner ce qui manque à Da Vinci’s Demons : de la personnalité. Les trois séries dont ils sont les héros ont repris le concept de génie décalé et se le sont approprié. Il est jubilatoire de voir House choquer les bien-pensants. Il est intéressant de voir évoluer Sherlock Holmes en 2010. Et il est hilarant de voir Shawn faire semblant d’être un voyant pour expliquer ses trouvailles. Mais il est vite fatiguant de voir Da Vinci gesticuler.

 

Un espoir à l’horizon ?

 

Da Vinci's Demons 2013

 

Avec Da Vinci’s Demons, il semble que l’on ait trop utilisé le thème du génie excentrique. Par définition, quelqu’un d’excentrique est  « bizarre » et « s’écarte de nos usages». Ceci est loin d’être le cas, tant nous sommes habitués au genre de génie choisi pour la série. Comme nous le disions dans le titre, la veine des génies s’essouffle. Même si la série Hannibal s’en sort encore, les scénaristes devront faire preuve de plus d’imagination à l’avenir. Surtout que Da Vinci’s Demons pèche aussi par le reste : les méchants sont passe-partout, et l’intrique amoureuse est tellement banale que la beauté de Laura Haddock ne suffit pas à la rendre intéressante. Une chose à souligner cependant : la bisexualité omniprésente dans la série. Il est plaisant de voir des personnages accepter sans broncher leurs sexualités respectives. Et de voir traiter de la même façon les différentes scènes de sexe. De quoi inspirer les homophobes qui s’énervent en ce moment en France. Surtout que la chaîne Starz vient déjà de confirmer la commande d’une seconde saison. Reste à espérer que l’ingéniosité de de Vinci touche enfin les scénaristes.

A ne pas rater : l’apparition éclair et inattendue du patriarche de Downtown Abbey, Hugh Bonneville.

La bande-annonce, dont le rythme et la musique montre la « modernité » de la série.

 

Mathilde Corberand

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