Chained, quand « la fille de » fait aussi bien que l’autre

La fille de David Lynch (Twin Peaks, Mulholland Drive) est venue nous donner une leçon de cinéma ce lundi au BIFFF, lors de la présentation en avant-première belge de Chained. Le film évoque la relation bizarroïde qui s’établit entre un tueur en série et son assistant.

 

BIFFF2013

  

Bob (Vincent d’Onofrio) est un tueur en série. Il utilise son métier de taximan pour trouver des femmes qu’il ramène chez lui. Un endroit d’où elles ne sortiront plus jamais. Un jour, il fait monter dans son taxi un petit garçon, Tim, et sa mère. Bob, qui n’est pas homme à changer ses habitudes, tue la mère, mais garde le jeune garçon prisonnier. Désormais, il s’appellera « Lapin », et devra faire tout ce qu’il lui demande. « Lapin » est attaché au mur, et ne peut manger que les restes du tueur. Il grandit comme cela, dans une maison, où de longs silences et les cris déchirants de femmes agressées s’alternent. Jusqu’au jour où Bob décide qu’il est temps que Lapin se mette à tuer lui aussi. Plus on est de fous, plus on rit. Non ?

 

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Jennifer Chamber Lynch a le talent de son papounet. Elle nous plonge au cœur de ce ménage étrange avec une grande aisance. On s’attacherait presque à Vincent d’Onofrio qui joue un tueur des plus crédible, à vous convaincre de ne plus jamais prendre de taxi de votre vie, du moins si vous la souhaitez longue. Complètement inhumain dans son rapport aux femmes, il montre une incapacité vache à tout simplement aimer normalement. S’il s’intéresse à Tim/Lapin, c’est pour tenter de lui apprendre à devenir comme lui. Se projeter dans son enfant, on retrouve ça plutôt souvent du côté des parents (fin de la parenthèse analyse psychologique).

« Il faut devenir violent si tu veux t’en sortir dans le monde d’aujourd’hui« , voilà le principal message qu’il essaie de faire passer à son « fils ». La relation père-fils, avec toutes ses complexités, est ainsi disséquée devant nos yeux. Car si le film évoque un tueur en série, c’est surtout le prétexte pour nous faire prendre conscience de la difficulté d’être père.

Le film transpire un humour noir, notamment lors de dialogues surréalistes. Nous faire franchement rire devant de telles images, chapeau bas !

 

BIFFFboubou

Camille Wernaers

1 Comment

  1. Stoodge

    10 avril 2013 at 6:47

    Excellente critique d’un film qui semble bien horrifiant !

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