Warm Bodies : vis ma vie de zombie

Mercredi 27 mars sort Warm Bodies, teenage movie façon Twilight narrant la rencontre entre un jeune zombie et une humaine tout ce qu’il y a de plus m(o)ignon. Vont-ils s’aimer malgré leurs différences ? Peut-on aimer un corps en décomposition ? Y a-t-il un cœur sous ce monceau de chairs purulentes ? Bref, faut-il aller voir Warm Bodies ? Réponse en cinq points.

 

Warm Bodies final poster BE

 

1) Oh ! Un autre film de zombie ! Oh, un autre film de zombie ? Oh, un autre film de zombie…

Disons-le, faire un film de zombie de nos jours n’a plus de sens. On le sait depuis que George A. Romero a fait de cette créature une efficace parabole anti-ségrégationniste dans La nuit des morts-vivants (1968). Depuis, le caractère subversif du zombie a prospéré, de la dénonciation de la société de consommation (Zombie, 1978) à la critique de la politique américaine (Le territoire des morts, 2005). Aussi, las de faire dans le premier degré, les scénaristes ont logiquement creusé le filon de la comédie zombiesque, souvent avec succès (Bienvenue à Zombieland, Shaun of the Dead). Restait donc… la comédie romantique. C’est chose faite avec Warm Bodies qui… *voir point 2.

2) *… qui s’en sort pas mal du tout

Pourquoi ? Parce-que l’angle d’attaque est le bon, et relève de l’idée suivante : Et si on adoptait, pour une fois, le point de vue du zombie ? C’est le défi que s’est lancé le film, et qu’il parvient à tenir une demi-heure durant. Demi-heure très drôle qui nous informe sur le quotidien pas comme les autres de cette créature pratiquement mythologique. On y apprend entre autre qu’il lui faut :

– Se nourrir sans perdre toute dignité

– S’occuper (se nourrir étant l’occupation principale du zombie)

– Essayer de faire bonne figure quand on croise une fille charmante (et humaine)

3) … jusqu’au moment où arrive la fille en question

Et là, mes petits loups, on n’est pas passé loin de la cata intégrale après (très) un bon début. Je m’explique : va dire à ton acteur de draguer une fille en t’exprimant comme un zombie (« grooooart ») sans passer pour un débile mental ? Du coup, mention spéciale à Nicholas Hoult, jeune et bel acteur qui réussi la prouesse d’inculquer un peu d’humanité à ce malheureux zombie. Mais bon, en même temps il est mannequin, ça aide.

4) Une parabole ? Quelle parabole !?

C’est là la bonne idée du film : en réalité, Warm Bodies n’est pas un film de zombie mais bien une véritable comédie romantique. C’est même tout simplement un remake de Roméo et Juliette (le zombie en question s’appelle d’ailleurs « R » et la fille, bah j’vous laisse deviner…) et y’a même, tenez-vous bien, la fameuse scène du balcon. Bon, c’est gros comme un camion, mais c’est marrant et ça prouve qu’on a affaire à des types qui savent orthographier Shakespeare correctement (enfin, je crois). Donc, on s’attend à un dénouement comme dans Roméo et Juliette et devinez quoi ?

5) Bah non.

Ça se termine bien. Humains et Zombies se réconcilient et décident que bon, finalement, l’un dans l’autre, we can live together. Je ne sais pas si c’est subversif, pour le coup. Mais c’est gonflé, en tous cas. Alors moi, et ben j’approuve.

PS : Ah oui, et John Malkovitch joue dans ce film. Mais tout le monde s’en fiche un peu, en fait.

 

 

Clément Boileau

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